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Après les Golden Globes, la course aux Oscars est ouverte 

Un guitariste joue sur scène pendant qu'un chanteur, torse nu, tend son micro vers lui en penchant sa tête en arrière.

Rami Malek dans le film Bohemian Rhaspody

Photo : TM & 2018 Twentieth Century Fox Film Corporation

Radio-Canada

À peine le tapis rouge de la cérémonie des Golden Globes – laquelle lance la saison des récompenses à Hollywood – était-il rangé que l'Académie des Oscars ouvrait lundi les votes pour ses nominations, attendues le 22 janvier prochain. On prend les mêmes et on recommence? Rien n'est moins sûr, avertissent les experts.

Bohemian Rhapsody, Le Livre de Green, Roma, Une étoile est née (A Star Is Born), Vice, Black Panther, BlacKkKlansman... La plupart des lauréats (et même des nommés) aux Golden Globes, décernés dimanche dernier, seront vraisemblablement en lice pour les Oscars, qui seront remis le 24 février prochain.

Jim Beach, le gérant de longue date du groupe Queen, Roger Taylor et Brian May, respectivement batteur et guitariste du groupe, l'acteur Rami Malek, le producteur Graham King et le comédien Mike Myers, dans la salle de presse des Golden Globes.

Jim Beach, le gérant de longue date du groupe Queen, Roger Taylor et Brian May, respectivement batteur et guitariste du groupe, l'acteur Rami Malek, le producteur Graham King et le comédien Mike Myers ont célébré les victoires du film Bohemian Rhapsody aux Golden Globes.

Photo : Reuters / Mario Anzuoni

« On peut raisonnablement penser que bon nombre d'électeurs des Oscars ont encore une pile de DVD qui les attend sur leur table basse. Et même s'ils ont probablement déjà regardé leurs favoris, une victoire aux Golden Globes [...] peut les inciter à jeter un œil sur un outsider avant de remplir leur bulletin de vote », estime Alissa Wilkinson, critique pour le site d'informations Vox.

Ce serait par exemple le cas de Bohemian Rhapsody, ce film biographique portant sur la vie du chanteur de Queen – un succès populaire qui a obtenu le Golden Globe du meilleur film dramatique, catégorie phare de la compétition –, ou du Livre de Green, primé côté comédie.

Les deux hommes sont devant une voiture bleue.

Mahershala Ali et Viggo Mortensen dans une scène du film «Le livre de Green»

Photo : Universal Pictures

« Il n'y a pas meilleur argument promotionnel pour des films [comme ceux-là] qui sont déjà à l'affiche depuis de nombreuses semaines », confirme Paul Dergarabedian, analyste pour la société spécialisée Comscore.

Indicatif, mais pas prédictif

Mais les critiques et les statistiques sont unanimes : les Golden Globes ne constitueront jamais un outil de prédiction fiable pour les récompenses cinématographiques les plus convoitées du monde.

« Les Globes peuvent souvent servir d'indicateurs pour les favoris aux Oscars, mais ce serait idiot de parier gros sur une correspondance parfaite pour les vainqueurs », met en garde M. Dergarabedian. « Ils ne sont tout simplement pas faits pour ça », renchérit Walter Hickey, expert en journalisme de données culturel pour le site Insider.

Selon ses chiffres, le film lauréat de l'Oscar du meilleur film n'a été primé par les Golden Globes qu'une fois sur deux en moyenne au cours des dernières décennies.

Les statistiques sont meilleures pour les acteurs et les actrices, sans pour autant être particulièrement significatives. D'autant que, contrairement aux Oscars, les Golden Globes récompensent deux catégories, soit les films dramatiques et les comédies.

Le reste « se résume à des "peut-être" », et il faudra attendre la cérémonie de remise des précieuses statuettes pour connaître « l'issue de cette course hautement imprévisible », insiste Sasha Stone, fondatrice du site AwardsDaily, qui scrute les récompenses hollywoodiennes depuis près de 20 ans.

Le grand gagnant des Golden Globes en 2018 était Trois affiches tout près d'Ebbing, Missouri (Three Billboards), devant La forme de l'eau, qui a par contre remporté l'Oscar du meilleur film.

Une femme devant des panneaux publicitaires rouges sur une route

Frances McDormand dans Trois Affiches tout près d'Ebbing, Missouri

Photo : Fox Searchlight

En 2016, le jury des Golden Globes avait préféré Le revenant (The Revenant) à Spotlight : édition spéciale (Spotlight), finalement primé aux Oscars, relève Sasha Stone.

Des votants au profil différent

Pour les spécialistes, c'est principalement parce que le jury des Globes n'est pas composé de professionnels du cinéma : il s'agit d'une petite centaine de membres de l'Association de la presse étrangère de Hollywood (HFPA), qui ont de facto une vision différente de la profession. Et ils seraient aussi plus sensibles aux faveurs des studios, accusent leurs détracteurs.

Aux Oscars, ils seront cette année 7902 personnes à pouvoir voter dans 24 catégories. Toutes sont issues de l'industrie du cinéma.

La plupart d'entre elles votent au sein de leur propre corps de métier (les réalisateurs pour le meilleur réalisateur, les costumiers pour les meilleurs costumes, etc.) au suffrage majoritaire.

Ce n'est par contre pas le cas pour la catégorie du meilleur film, qui est régie depuis 2009 par un étrange et complexe mode de scrutin préférentiel à plusieurs tours auxquels tous les collègues participent.

Chaque juré doit classer par ordre de préférence les films en lice (de 5 à 10), mais ce n'est pas l'œuvre qui recueille le plus grand nombre de premières positions qui gagne, à moins d'obtenir d'emblée la majorité absolue. À chaque tour, on élimine le dernier et on réattribue les voix qui lui étaient allouées aux films restants.

Le problème – ou la vertu – de ce système, c'est que bien souvent, le film gagnant est celui qui arrive en deuxième ou en troisième position sur le plus grand nombre de bulletins, et non pas en tête.

« L'idée de ce scrutin alternatif était de refléter les vœux du plus grand nombre de votants. Autrement, on risquait de finir avec un film que 25 % des gens adoraient, mais que les autres ne pouvaient pas supporter », a expliqué Ric Robertson, responsable de l'Académie des Oscars lors de la réforme de 2009, au Los Angeles Times.

Toujours pas de présentateur

L'Académie des Oscars peine à trouver un remplaçant à Kevin Hart pour animer la prochaine cérémonie des Oscars. L'humoriste américain, qui s'est désisté après la polémique suscitée par certains de ses tweets jugés homophobes, a déclaré vendredi qu'il ne reviendrait pas sur sa décision.

Lundi soir, l'humoriste Chris Rock, qui a déjà présenté les Oscars à deux reprises (en 2005 et en 2016), a indiqué qu'il ne souhaitait pas renouveler l'expérience.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Variety

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