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Procès Oland : un nouveau témoignage met un enquêteur dans l'embarras

Le sergent Greg Oram lors de son arrivée au palais de justice de Saint-Jean.
Le sergent Greg Oram lors de son arrivée au palais de justice de Saint-Jean. Photo: Radio-Canada
Catherine Allard

Un nouveau témoignage au procès de Dennis Oland pour meurtre a permis d'en apprendre davantage sur les agissements de l'enquêteur Glen McCloskey dans les heures qui ont suivi la découverte du corps de Richard Oland. Le policier Greg Oram a notamment dévoilé qu'il a vu l'enquêteur s'asseoir sur un bureau, à quelques pieds du corps.

Le policier Greg Oram a pris place à la barre des témoins, mardi après-midi, au procès de Dennis Oland. Ce dernier est accusé du meurtre de son père, le multimillionnaire bien connu Richard Oland, en juillet 2011.

Il s’agit de la première fois que Greg Oram témoigne dans cette affaire. Il n’avait pas été appelé lors du premier procès de Dennis Oland, en 2015, sans explication, dit-il.

Greg Oram a raconté qu’il s’est rendu dans le bureau de Richard Oland quelques heures après la découverte du corps. Il était accompagné de l’enquêteur Glen McCloskey, qui était à la tête de la Division des enquêtes criminelles au sein de la Force policière de Saint-Jean au moment du meurtre.

Ces événements se sont déroulés alors que l’analyse médico-légale de la scène du crime - comme la collecte d’ADN - n’était pas terminée, et en l’absence du sergent légiste, responsable de cette partie de l’enquête.

Le corps de Richard Oland, étendu dans son bureau. Le corps de Richard Oland a été découvert le matin du 7 juillet 2011. Photo : Radio-Canada

Greg Oram a raconté que les deux hommes se sont déplacés près de la victime, des deux côtés du corps. Il précise cependant qu’il n’a pas marché par-dessus le corps ou touché quoi que ce soit.

Le policier se souvient également d’avoir vu Glen McCloskey s’asseoir sur une table ou un bureau et de l’avoir entendu faire un commentaire concernant un possible suicide, en parlant de Richard Oland.

Greg Oram a indiqué les endroits où il s'est rendu dans le bureau de Richard Oland. Le témoin a tracé les lignes en cour, lors de son témoignage. Le corps de la victime est représenté dans le coin inférieur gauche.Greg Oram a indiqué les endroits où il s'est rendu dans le bureau de Richard Oland. Le témoin a tracé les lignes en cour, lors de son témoignage. Le corps de la victime est représenté dans le coin inférieur gauche. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Il estime que les deux hommes ont passé une quinzaine de minutes dans le bureau, sans porter de vêtements protecteurs, comme des gants.

Lors du contre-interrogatoire mené par l’avocat de la défense Michael Lacy, Greg Oram a expliqué que la préservation d’une scène de crime est un élément important de l’enquête et qu’il est essentiel de ne pas contaminer ou déplacer des preuves potentielles.

La victime, Richard OlandLa victime, Richard Oland Photo : Voile Canada

Ce n’est pas le procès de la police, rappelle le juge

Le juge Terrence Morrison a tenu à rappeler aux avocats que ce procès n’est pas celui de la Force policière de Saint-Jean.

Mon rôle n'est pas de faire une enquête sur les agissements de la police. Ce procès ne va pas se transformer en une enquête judiciaire.

Terrence Morrison, juge au procès de Dennis Oland

Les avocats de Dennis Oland ne cachent pas qu’ils fondent leur défense sur les erreurs commises par la police au cours de l’enquête.

L'ancien responsable de l'Unité des crimes majeurs témoigne

En matinée, le sergent David Brooker, qui dirigeait l'Unité des crimes majeurs de la Force policière de Saint-Jean au moment du meurtre, a témoigné. Son témoignage s’est également concentré sur les agissements de Glen McCloskey.

Glen McCloskey au micro.Glen McCloskey lors de la conférence de presse à Saint-Jean, le 27 décembre 2018. Photo : Radio-Canada

La défense s’est longuement intéressée à une boite de preuves, qui s’est retrouvée sur le bureau de l’enquêteur Glen McCloskey. David Brooker a affirmé qu’il n’y a aucune raison, à sa connaissance, qui justifie que l’enquêteur ait eu les preuves en sa possession. Un autre policier a aussi témoigné en ce sens lundi, affirmant qu’il s’agissait d’un comportement inhabituel.

Glen McCloskey a été la cible d’allégations-chocs lors du premier procès de Dennis Oland en 2015, alors qu’un policier l’a accusé de lui avoir demandé de mentir lors de son témoignage. McCloskey dément ces allégations, mais la défense mise en partie là-dessus pour remettre en question la crédibilité de l’enquêteur. Ce dernier doit témoigner lors de ce procès, possiblement dès cette semaine.

L'ancien responsable de l'Unité des crimes majeurs de la Force policière de Saint-Jean, David Brooker, témoigne au procès de Dennis Oland. La photo a été prise le 8 janvier 2019.L'ancien responsable de l'Unité des crimes majeurs de la Force policière de Saint-Jean, David Brooker, témoigne au procès de Dennis Oland. Photo : Radio-Canada

Lors de son témoignage, David Brooker a expliqué que les policiers ont d’abord cru que la victime avait subi une crise cardiaque ou s’était suicidée, ce qui a influencé la manière dont la scène a été gérée. Il a reconnu candidement qu’il n’aurait pas dû s'approcher du corps de Richard Oland, peu importe les circonstances.

À ce moment-là, je ne savais pas s'il s'agissait d'un meurtre ou d'autre chose, mais peu importe, je n'aurais pas dû me trouver à cet endroit.

David Brooker, ancien responsable de l'Unité des crimes majeurs

Dennis Oland suspect dès les premiers instants

Le sergent David Brooker a donné plus de détails à la cour concernant certaines décisions prises lors de l’enquête. L’enquêteur a notamment décidé rapidement de mener une surveillance de l’accusé, dès le soir du 7 juillet 2011, une douzaine d’heures après la découverte du corps. Cette décision a été prise avant même la fin de l’interrogatoire de Dennis Oland par la police.

La défense a souvent reproché à la police d'avoir fait de Dennis Oland le seul et unique suspect dans cette affaire dès le début de l'enquête, ignorant ainsi d'autres pistes potentielles.

Dennis Oland devant le palais de justice de Saint-Jean, le 8 janvier 2019.Dennis Oland devant le palais de justice de Saint-Jean, où se déroule son deuxième procès pour le meurtre non prémédité de son père, Richard Oland. Photo : Radio-Canada

Alan Gold a également démontré, au fil de nombreuses questions, qu'aucun élément compromettant n'avait été retrouvé lors des recherches menées dans les environs du quai Renforth. Il s'agit de l'un des endroits où Dennis Oland dit s'être rendu après avoir quitté le bureau de son père le soir du meurtre.

Le nouveau procès de Dennis Oland a commencé en novembre 2018 et doit durer quatre mois. Dennis Oland a déjà été reconnu coupable du meurtre de Richard Oland à la suite d’un premier procès en 2015. Ce verdict a cependant été annulé en 2016.

Il est libre en attendant l’issue du deuxième procès.

Nouveau-Brunswick

Procès et poursuites