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Voyages humanitaires : la prudence s'impose, dit une experte

Entrevue avec Michèle Asselin, directrice générale de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale
Radio-Canada

Les voyages humanitaires ne sont pas sans danger et les nombreux bénévoles tentés par cette expérience doivent faire preuve de prudence, disent les experts de la coopération internationale. La disparition depuis plusieurs semaines de la Québécoise Édith Blais au Burkina Faso pourrait décourager les futurs candidats pour cet exercice de solidarité.

En entrevue au Téléjournal, Michèle Asselin, directrice générale de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), insiste sur la prudence et livre quelques conseils pour un voyage sécuritaire.

Q – Quels sont les pièges à éviter?

R – Il faut savoir avec qui on veut partir et qui organise ce projet. Est-ce un organisme reconnu au Québec? Il y a des organismes qui œuvrent en coopération internationale depuis 50 ans […] avec des partenaires sur le terrain qui respectent les collectivités locales, ou des institutions dans le cadre de stages universitaires ou dans les cégeps.

Q – Devient-on un travailleur humanitaire du jour au lendemain?

R – Pas du tout… On ne s’improvise pas travailleur humanitaire. C’est un travail spécialisé qui demande énormément de compétences, mais on peut aider de différentes façons.

L’AQOCI coordonne avec le ministère des Relations internationales depuis 23 ans un programme de stages qui s’appelle Québec sans frontières, qui a permis à 8000 jeunes de s’initier. Ce qui marque ces projets, c’est l’accompagnement pendant plusieurs semaines avant le départ, pendant le stage, où les jeunes sont accompagnés sur le terrain avec des partenaires qui ont énormément d’expérience, ainsi qu'au retour.

Oui, il y a des possibilités de vivre cette aventure de la solidarité internationale, mais dans un contexte d’accompagnement. Nous avons une grande responsabilité d’évaluer les risques et malheureusement, au Burkina Faso, nous ne réalisons plus de stages du programme Québec sans frontières.

Q – Qu’en est-il du phénomène du tourisme humanitaire?

R – Il faut être vraiment très prudent et se poser des questions : pourquoi, dans quel contexte, quelles sont les valeurs promues par ces projets qu’on nous propose? Il y a même des agences privées qui ont développé [des voyages et séjours] étant donné qu’il y a un marché à conquérir. Et nous sommes assez critiques de ces projets-là, ça nous inquiète. Comment pouvez-vous réaliser un projet de solidarité en deux semaines? […] Comment prend-on en compte la gestion des risques? Tout cela est très important.

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