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Coups de feu à Dieppe : la GRC diffuse les informations au compte-gouttes

Une voiture de patrouille de la GRC sur un tapis de neige.
La GRC a assuré un périmètre de sécurité plus de 24 heures après les événements. Photo: Radio-Canada / Guillaume Aubut
Jean-Philippe Hughes

Le flou persiste autour de l'incident survenu aux abords de l'aéroport de Dieppe, samedi après-midi. La police confirme avoir tiré sur une jeune femme, mais l'incertitude règne à savoir si la suspecte a bel et bien ouvert le feu.

Les informations sont diffusées au compte-gouttes depuis samedi. Après 48 heures, le fil des événements de l'altercation sur le boulevard Adélard-Savoie à Dieppe demeure nébuleux.

La Néo-Écossaise de 25 ans a agi de façon menaçante à l’arrivée des policiers et elle était en possession d’une arme, se contente de répéter la GRC depuis dimanche, sans donner de précisions sur la nature de cette arme.

La veille, son communiqué de presse parlait de l' arrestation d'une femme ayant fait feu sur des premiers intervenants.

C’étaient les informations qu’on avait samedi et maintenant, on est où on est avec l’enquête, se justifie la porte-parole de la GRC, Jullie Rogers-Marsh.

On n’a pas changé la version.

Jullie Rogers-Marsh, porte-parole de la GRC
Portrait de Jullie Rogers-Marsh devant un papier-peint avec le logo de la GRC du Nouveau-Brunswick à l'arrière-plan.La caporale Jullie-Rogers-Marsh, porte-parole de la GRC Photo : Radio-Canada / CBC

La GRC refuse désormais de préciser si la jeune femme détenait une arme à feu.

Chose certaine, un membre de la GRC a quant à lui fait feu sur la femme, confirme la GRC.

Jullie Rogers-Marsh n’était toujours pas en mesure de confirmer si la femme se trouvait en état d’arrestation lundi soir, 48 heures après les événements. Aucun chef d’accusation n’a toutefois été déposé pour l’instant.

On n’a pas une semaine, 24 heures, 48 heures pour informer le public avec les informations, justifie Mme Rogers-Marsh. On fait notre enquête en premier, puis quand on est dans une situation qu’on peut aviser le public, on fait ça à temps. 

La suspecte est toujours hospitalisée, mais la GRC refuse de préciser son état de santé.

L’Équipe d'intervention en cas d'incident grave de la Nouvelle-Écosse (SiRT) mène une enquête indépendante sur les actions des policiers de la GRC au cours de cet incident.

La SiRT n’a toujours pas commenté l’intervention policière.

48 heures d’attente

L’ouverture de l’enquête indépendante de la SiRT pourrait expliquer le mutisme de la GRC, croit la criminologue à l’Université de Moncton, Marie-Andrée Pelland.

Ils ne pouvaient pas répondre aux questions, parce qu’un de leurs policiers est sous enquête, observe Mme Pelland. Elle estime que l’heure est aux réponses.

Est-ce que l’intervention était légitime ? Est-ce que ça respectait la loi sur la police ? Est-ce que ça a assuré notre sécurité ?

Marie-Andrée Pelland, criminologue

Mme Pelland soutient que le manque de transparence nuit à la confiance du public envers les forces policières.

Ça place les citoyens dans une situation d’insécurité, conclut la criminologue.

Un bandeau de police jaune avec l'indication « barrage de police pasage interdit ».Le périmètre de sécurité entourant le lieu de l'accident, dimanche après-midi. Photo : Radio-Canada / Guillaume Aubut

La phrase l’enquête est en cours est fréquemment utilisée par les forces policières dans de telles circonstances, explique le professeur de criminologie à l’Université St-Thomas, Jean Sauvageau.

Tant qu’une enquête est en cours, ça devient une explication assez classique du fait qu’on ne rende pas d’information publique, qu’on ne commente pas, croit-il.

M. Sauvageau rappelle que la SiRT se dit sous-financée et qu’il ne faudrait pas se surprendre que l’enquête prenne un certain temps.

Avec les informations de Margaud Castadère-Ayçoberry, Alix Villeneuve et Michèle Brideau

Nouveau-Brunswick

Justice