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Gene Zwozdesky : la francophonie albertaine perd « un grand ami »

Un portrait de Gene Zwozdesky.
Gene Zwozdesky a eu une carrière politique bien remplie: il a été député, ministre provincial et président de l'Assemblée législative de l'Alberta. Photo: Radio-Canada
Nafi Alibert

Chaleureux. Souriant. Engagé. Les hommages se succèdent, mais les mots restent les mêmes quand les personnalités francophones de l'Alberta se rappellent de Gene Zwozdesky. « Un homme de principe et de confiance », tour à tour politicien, enseignant et artiste, qui a tiré sa révérence dimanche, emporté par un cancer à l'âge de 70 ans.

« On a perdu un homme vraiment extraordinaire dans la politique albertaine et canadienne », a partagé Léo Piquette, ancien député albertain.

Sa voix tremblotante s’emplit soudainement de rire quand il parle de Gene Zwozdesky, un collègue de longue date, mais surtout un ami qu’il côtoie alors qu’ils sont tous deux enseignants dans les années 70.

« Il voyait que j’étais fier de ma francophonie. Lui était fier de sa culture ukrainienne : nous avions les même désirs de nous voir valorisés dans cette province qui avait beaucoup nié dans le passé les minorités », poursuit-il.

Élu pour la première fois en 1993, M. Zwozdesky a été à la tête de plusieurs ministères au sein du gouvernement albertain, notamment aux ministères de la Santé, des Relations avec les Autochtones, de l’Éducation et du Développement communautaire.

Ce n'était pas seulement du parlage, c’était de l’action politique.

Léo Piquette

« Il a vraiment aidé la fondation et l'agrandissement des écoles françaises, parce qu’avant ça, on mourrait avec le manque de financement pour les petites écoles », le remercie M. Piquette.

Multiculturalisme

Originaire d’Ukraine, Gene Zwozdesky « avait à coeur les valeurs canadiennes, principalement la dualité linguistique », explique Denis Tardif, ancien directeur-général du Secrétariat francophone de l’Alberta.

On était alliés dans la même cause, la cause de garder nos cultures et nos langues.

Léo Piquette

Il voulait « donner le pouvoir aux minorités, [pour qu’elles soient fières] de ce qu’elles sont, mais dans le contexte [d'être] des Canadiens forts », résume Léo Piquette.

Et c’est une des raisons pour lesquelles, M. Zwozdesky parlait lui-même plusieurs langues, dont le français.

Il s’amusait à raconter qu’il l’avait appris en lisant les informations inscrites sur les boîtes de céréales, se souvient quant à lui Jean Johnson, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne.

« C’était un bon allié pour la francophonie », réitère-t-il à son tour.

En parallèle de ses carrières en éducation et en politique, M. Zwozdesky était aussi musicien. Il a accompagné la troupe de danse ukrainienne, les Shumka Dancers d’Edmonton, avant d’en devenir le directeur musical.

« Gene avait la joie de vivre, il aimait beaucoup la culture et les arts », décrit Denis Ducharme. L’ancien politicien, qui a aussi été a la tête du Secrétariat francophone, gardera de M. Zwozdesky le souvenir d’ « un Albertain qui aimait faire une différence pour tout le peuple de notre province. »

Alberta

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