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Gilets jaunes : le premier ministre français annonce une loi contre les « casseurs »

Le premier ministre français Édouard Philippe lors de son allocution télévisée.

Le premier ministre français Édouard Philippe annonce à la télévision de nouvelles mesures en lien avec les manifestations des gilets jaunes.

Photo : Reuters / POOL New

Reuters

Le gouvernement français est favorable à l'adoption d'une nouvelle loi pour sanctionner les participants à des manifestations non déclarées, a annoncé lundi soir Édouard Philippe en réponse aux violences qui ont une nouvelle fois émaillé les défilés des gilets jaunes, samedi dernier.

« Il faut préserver la liberté de manifester en France et il faut sanctionner ceux qui veulent enfreindre ce droit à manifester », a dit le premier ministre sur TF1.

C'est la raison pour laquelle le gouvernement est favorable à ce que notre loi soit complétée, à ce qu'une loi nouvelle soit adoptée, qui permettra de sanctionner ceux qui ne respectent pas cette obligation de déclaration, ceux qui participeraient à des manifestations qui ne sont pas déclarées.

Édouard Philippe, premier ministre français

« Ceux qui arrivent aux manifestations cagoulés, aujourd'hui c'est une contravention, demain ça doit être un délit », a-t-il ajouté, appelant aussi à « faire en sorte que la responsabilité civile des casseurs soit très sérieusement engagée de façon à ce que ce soit les casseurs et pas les contribuables qui payent pour les dommages qui sont causés ».

Édouard Philippe a laissé entendre que le dispositif de fichiers mis en place pour empêcher les hooligans d'assister aux matchs de football, qui a « bien fonctionné », pourrait être étendu à d'autres manifestations, comme le réclament plusieurs syndicats de policiers.

La nouvelle loi pourra être discutée à l'Assemblée nationale « dès le début du mois février », a précisé le chef du gouvernement.

« Ils n'auront pas le dernier mot »

La journée de manifestations de samedi, la huitième depuis mi-novembre, a été marquée par l'intrusion, à l'aide d'un engin de chantier, dans les bureaux occupés par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux à Paris, mais aussi dans la mairie de Rennes et dans le tribunal de grande instance de Perpignan, notamment.

Cette « extrême violence venue attaquer la République » a été dénoncée sur Twitter samedi soir par le président Emmanuel Macron qui a appelé chacun à « se ressaisir pour faire advenir le débat et le dialogue ».

Au-delà de la réponse législative, quelque 80 000 membres des forces de l'ordre seront déployés samedi prochain sur le territoire national (contre 56 000 samedi dernier), dont 5000 à Paris, afin d'éviter de nouveaux débordements et procéder à des interpellations, a dit Édouard Philippe sur TF1.

Au total, selon le premier ministre, « il y a eu plus de 1000 condamnations et environ 5600 gardes à vue depuis le début du mouvement », qui réclame notamment plus de pouvoir d'achat et de démocratie participative.

« Ce n'est pas ceux qui remettent en cause les institutions qui auront le dernier mot », a prévenu Édouard Philippe, précisant avoir demandé au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, de procéder à une « actualisation du schéma national d'ordre public ».

Ceux qui profitent de ces manifestations pour casser, pour caillasser, changent de pratiques, donc nous, on doit changer de méthode du coup, ça veut dire qu'il faut investir dans du nouveau matériel, qu'il faut être plus mobile.

Édouard Philippe, premier ministre français

Les annonces du premier ministre ont été accueillies avec scepticisme dans les rangs de l'opposition.

Le leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a usé de l'ironie sur Twitter. « Édouard Philippe autorise les manifestants à ne plus manifester, sinon ils seront fichés. Le roi des Shadoks est à Matignon », a-t-il écrit. Le député LFI, Éric Coquerel, a déploré sur BFM TV une réponse uniquement « répressive » au mouvement des gilets jaunes.

Le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a quant à lui estimé que les annonces étaient « sans efficacité immédiate ». « C’est tout de suite qu’il faut rétablir l’ordre. Il y a plus d’un mois, Les Républicains ont proposé l’état d’urgence. Pourquoi ne pas nous écouter, au risque de voir, samedi après samedi, la situation dégénérer? », a-t-il écrit sur Twitter.

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