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Une autre infirmière démissionne et dénonce les conditions de travail

Une femme sourit à la caméra, dans un bureau.

L'infirmière Noémie Gibson a choisi de quitter le système de santé public, à bout de souffle dans les conditions de travail actuelles.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Jean-Marc Belzile

Une autre infirmière quitte son emploi en dénonçant les conditions de travail dans les hôpitaux de la région. Noémie Gibson, de Rouyn-Noranda, a récemment remis sa démission au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue.

Infirmière à Rouyn-Noranda depuis trois ans, elle affirme que la qualité des soins est actuellement compromise par la pénurie de main-d'œuvre.

Selon elle, les heures supplémentaires obligatoires et la surcharge de travail ont fait en sorte que la situation était devenue insoutenable.

Elle assure qu'elle devait parfois s'occuper de plus de 80 patients dans un quart de travail.

On a une personne qui a des tristesses, qui a des moments d'anxiété et qui a besoin de soutien. Ce que j'ai envie de faire, c'est de ne pas me sentir coupable parce que j'ai pris 15 minutes avec mon patient qui pleure dans sa chambre et si on le prend, on se met en retard, mais si on repart à la maison sans avoir pris le temps de le rassurer, on repart avec le fardeau qu'on n'a pas fait notre job, témoigne-t-elle.

Elle craint que d'autres infirmières choisissent de faire comme elle et que le service aux patients soit de plus en plus touché.

Il y en a beaucoup qui veulent partir. On se motive ensemble, on se dit qu'on fait ça pour le patient, il faut qu'on reste, qu'on s'entraide, qu'on continue, mais un moment donné, on est à bout de souffle, on est tannée de toujours se battre seule. On a l'impression que peu importe ce qu'on fait, on n'est pas entendue, et je pense que ça devrait être une priorité, le bien-être de nos patients. On a un grand sentiment de ne pas faire tout ce qu'on pourrait faire, c'est excessivement lourd et de jour en jour, on dirait que ça fait juste empirer, raconte-t-elle.

Noémie Gibson affirme tout de même se sentir coupable de démissionner.

J'ai l'impression de les abandonner dans un navire qui est en train de couler, je le vois que mes collègues sont fatigués, ils sont épuisés, mais j'ai besoin de le faire pour ma santé mentale, explique-t-elle.

Elle n'est pas la première infirmière à quitter son poste pour ces raisons.

Le pavillon d'un centre de santé et de services sociaux.

Le CISSS-AT, pavillon Gabrielle Laramée

Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

La directrice des ressources humaines au CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue, Isabelle Benoit, assure que de retenir la main-d'œuvre est justement l'une des priorités de l'organisation.

Tout le monde travaille très très fort, on peut être fatigué effectivement, c'est certain qu'on encourage les gens à utiliser le programme d'aide aux employés s'ils en ont besoin, les gestionnaires sont là pour les écouter. Le réseau de la santé est en renouvellement depuis trois ans, donc on a beaucoup de choses à mettre en place, donc oui on sent que des gens sont fatigués et on essaie de mettre des actions en place pour changer les choses, assure-t-elle.

Le CISSS-AT vient d'ailleurs de s'entendre avec les quatre syndicats avec l'objectif d'améliorer les conditions de travail.

Noémie Gibson continuera quant à elle sa carrière d'infirmière, mais elle compte se tenir bien loin des hôpitaux publics.

Abitibi–Témiscamingue

Établissement de santé