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  • Une émission qui donne le ton : L'Heure du concert

    Trois ballerines derrière des rideaux vaporeux dansent les bras levés.
    L'Heure du concert encourageait les talents canadiens. C'est ainsi que l'émission a présenté en 1954 le ballet Apollon Musagète d'Igor Stravinsky avec les danseurs du Ballet de Vancouver. Photo: Radio-Canada / Henri Paul
    Radio-Canada

    Il y a 65 ans, le 14 janvier 1954, Radio-Canada lance une émission culturelle qui a laissé sa marque dans l'histoire télévisuelle canadienne : L'Heure du concert.

    Une émission d’envergure

    La première émission de L’Heure du concert propose des pages musicales des compositeurs Camille Saint-Saëns, Hector Berlioz et Léo Delibes, entre autres.

    Le ton est donné.

    Présentée 207 fois jusqu’au 31 mars 1966, L’Heure du concert offrira aux téléspectateurs une exploration du monde de la musique classique.

    La musique orchestrale, mais aussi le ballet et l’opéra, sera en vedette les dimanches soir à la télévision publique canadienne.

    Durant son existence, l’émission engage le nombre impressionnant de 13 957 artistes, dont 533 viennent de l’étranger. L’Heure du concert présente les meilleurs talents canadiens et internationaux.

    L'Heure du concert, 5 mars 1964

    Dans la très longue liste des noms, retenons celui du pianiste Claudio Arrau — dont nous présentons un bref extrait de sa prestation du 5 mars 1964 — le guitariste Andrés Segovia et le chorégraphe George Balanchine.

    Sous la baguette de Pierre Mercure

    Le musicien Pierre Mercure et réalisateur de télévision est le grand orchestrateur de L’Heure du concert.

    Un des piliers de L'Heure du concert est l’Orchestre symphonique de Radio-Canada.

    Créée en 1952, la formation qui a compté jusqu’à 80 musiciens, a interprété des dizaines de concerts dans le cadre de cette émission.

    Photo en noir et blanc qui montre dans un studio de télévision, le chef
d'orchestre Pierre Mercure dirigeant les
musiciens qui sont devant lui.Pierre Mercure réalise de 1954 à 1966 L'Heure du concert. Photo : Radio-Canada / Henri Paul

    Pierre Mercure proposera par ailleurs, en partie ou en version intégrale, plusieurs chefs-d’œuvre de l’opéra qui avaient rarement été montés au Canada.

    L’éventail des œuvres proposées est vaste et s’étend de l'oeuvre du compositeur Jean-Philippe Rameau Les fêtes d’Hébé à Cosi fan tutte de Wolfgang Amadeus Mozart en passant par Le barbier de Séville de Giochino Rossini.

    L’Heure du concert accorde une place privilégiée aux arts contemporains qui font ainsi une entrée remarquée à la télévision canadienne.

    La musique et la danse, mais aussi la peinture, la sculpture et la poésie du vingtième siècle y sont à l’honneur.

    Des œuvres comme Le sacre du printemps du compositeur russe Igor Stravinsky et des artistes d’avant-garde comme le compositeur et chef d’orchestre français Pierre Boulez sont ainsi présentés au public canadien.

    Pierre Mercure utilise par ailleurs L’Heure du concert pour faire valoir les talents canadiens.

    Un total de 13 424 artistes du pays ont été vus durant l’existence de cette émission.

    Un des premiers épisodes a mis en vedette le pianiste torontois Glenn Gould. Des émissions spéciales rendront hommage par ailleurs aux compositeurs Claude Champagne et Roger Matton.

    Quelques productions ont affiché aussi des distributions entièrement canadiennes.

    L'Heure du concert, 27 décembre 1956

    C’est le cas par exemple du ballet L’enfant et les sortilèges du compositeur Maurice Ravel.

    Une reconnaissance internationale

    La production L’enfant et les sortilèges se démarque pour une autre raison.

    L’épisode, diffusé le 27 décembre 1956, fait preuve de prouesse technique. Le son et l’image y sont réalisés à la fois en direct et en simultané. Frédéric Back et Robert Prévost illustrent et réalisent les animations qui sont également une nouveauté à l’époque.

    Ces nouveautés techniques de L’enfant et les sortilèges impressionneront fortement les participants du congrès international de la musique qui se tient en 1957 à Salzbourg, en Autriche.

    Cet épisode n’est pas le seul à être reconnu sur la scène internationale.

    En 1965, le réalisateur Pierre Morin et son équipe reçoivent un Emmy Award de l’Académie nationale américaine de télévision pour les arts et les sciences pour leur production de l’opéra Le barbier de Séville.

    Le prix souligne la valeur exceptionnelle d’une émission produite à l’extérieur des États-Unis.

    Une équipe du tonnerre à Radio-Canada

    Appuyé par le conseiller artistique Gabriel Charpentier, Pierre Mercure est aussi entouré de techniciens sonores, de décorateurs et de costumiers qui tous excellent dans leurs métiers.

    Ces artisans placent au cœur de cette émission l’imagination, la fantaisie et l’audace.

    Dessin de Frédéric Bach recréant les maisons près du parvis de la cathédrale Notre-Dame de ParisDessin de Frédéric Back datant de 1953 et qui illustre le Vieux-Paris avec la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris au centre. Photo : Radio-Canada

    Pour vous donner une idée de l'ampleur des réalisations de ces derniers, voyons un exemple parmi tant d'autres : un dessin préparatoire de Frédéric Back des décors pour l'opéra Faust d'Hector Berlioz recréant le Paris médiéval.

    La fin d'une époque

    Le 29 janvier 1966, Pierre Mercure meurt dans un accident d’automobile alors qu’il voyage en France.

    Dans les mois qui suivent sa mort, L’Heure du concert subit plusieurs modifications. Le 18 septembre 1966, elle est intégrée à la série Les Beaux dimanches.

    L’Heure du concert contribuera à l’éducation et à l’appréciation de la musique classique par de nombreux Canadiens.

    L’émission a aussi donné lieu à plusieurs grands moments de télévision et a favorisé l’épanouissement d’une multitude d’artistes canadiens dans plusieurs champs des arts confondus.

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