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Loterie du cannabis : fébrilité chez les entrepreneurs d'Ottawa

Un contenant de cannabis versé sur une table en bois.
La compétition pour l'ouverture de magasins de cannabis s'annonce féroce à Ottawa. Photo: iStock
Radio-Canada

Des entrepreneurs de la région d'Ottawa sont fébriles, lundi, à l'ouverture de la période de déclaration d'intérêt pour l'ouverture de magasins de cannabis en Ontario. Certains parlent même d'une « ruée vers l'or vert ».

C’est une journée très excitante pour les entrepreneurs comme Rebecca Truman, propriétaire de Lifted Spirits. Elle fait partie des personnes qui espèrent vendre du cannabis dans un magasin physique. Ce matin, j’ai exprimé mon intérêt et j’espère bien qu’on aura un permis, confie-t-elle.

L'octroi des 25 permis d'exploitation de magasins en Ontario se fera par un tirage au sort dont les résultats seront connus au plus tard samedi. Seulement cinq magasins sont prévus pour l’Est de l'Ontario.

Mme Truman a déjà signé un bail, mais même si elle n’a pas de permis, elle ouvrira un magasin d’accessoires, question de faire connaître sa marque en attendant de pouvoir vendre du cannabis.

Même son de cloche pour Ming Saad, qui tente elle aussi d’obtenir un permis. Ça va être triste si notre nom ne sort pas. J’essaie de ne pas trop élever mes attentes, dit-elle. Sans en préciser le lieu exact, elle affirme que le magasin qu’elle souhaite ouvrir serait dans le secteur du centre-ville d’Ottawa.

Par ailleurs, Mme Truman avoue que les changements apportés par les progressistes-conservateurs ont refroidi ses ardeurs. Quand les règles du jeu ont changé, en décembre, on a été surpris, donc on a dû s’ajuster, explique-t-elle.

Elle était dévastée lorsque la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) a changé la réglementation. On s’est regardés et on s’est demandé : "Qu’est-ce qu’on va faire?", avant de décider d’aller de l’avant tout de même.

Rebecca Truman répond aux questions d'une journaliste dans la salle de nouvelles d'ICI Ottawa-Gatineau.Rebecca Truman espère que son nom sortira du chapeau lors du tirage de vendredi. Photo : Radio-Canada

Compétition féroce

La compétition pour l'ouverture de magasins s'annonce féroce. La CAJO s'attend à recevoir beaucoup de demandes. Sans vouloir chiffrer ses estimations en détail, la commission rappelle que 3000 personnes ont pris part à une séance d'information en ligne qu'elle a organisée vendredi dernier à ce sujet.

L’avocat spécialisé en cannabis Jack Lloyd croit qu'il y aura beaucoup de demandes dans la région d'Ottawa, puisqu'il y a un gros marché. Pour preuve, il cite les nombreux magasins illégaux qui étaient ouverts avant la légalisation, en plus de la proximité avec le marché québécois.

Selon lui, il y a un très grand marché à Ottawa et le nombre de gens intéressés à s'engager dans cette industrie y est également élevé.

Critères stricts

Les gagnants feront face à certaines conditions strictes. Par exemple, les commerces devront se situer dans une région urbaine d’au moins 50 000 personnes.

Nous espérons que ce sera un processus équitable et que tous auront une chance d’obtenir leur ticket doré.

Rebecca Truman, entrepreneure

Pour nous, dans l'est ontarien, ça veut dire qu’on doit être dans la région d’Ottawa, Kawartha Lakes, Kingston, Belleville, ou Peterborough, dit Mme Truman. À ces villes s’ajoute Barrie, affirme le chef des communications de la CAJO, Philippe Ferruya.

Les exploitants dont les portes ne seront pas ouvertes le 1er avril s’exposent à une amende de 12 500 $. Si le magasin n’est pas ouvert le 15 avril, une autre amende de 12 500 $ sera transmise aux propriétaires.

Finalement, si le commerce n’est pas ouvert à la fin du mois d'avril, les autorités enverront une troisième amende, cette fois de 25 000 $, indique l’avocat Jack Lloyd.

Avec les informations de Roxane Léouzon

Ottawa-Gatineau

Commerce