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Dans les coulisses de l'écriture

Les poètes Laurence Veilleux, Marie-Josée Charest, Denise Desautels, France Cayouette, Louise Dupré et Sara Dignard

Les poètes Laurence Veilleux, Marie-Josée Charest et Denise Desautels

Photo : Mathieu Gosselin/Sébastien Poirier/Radio-Canada

Julie Tremblay

D'où écrivent les poètes que vous lisez? Que pensent-elles de l'écriture? Dans le recueil Ce qui existe entre nous, 22 poètes, jeunes et moins jeunes, ont été invitées à dialoguer pour parler de ce qui les pousse à écrire et de leur « territoire de création ».

C'est en tombant sur un livre où l'écrivaine Madeleine Gagnon raconte sa rencontre avec Marguerite Duras que Sara Dignard – qui a dirigé l'ouvrage – a eu l'idée de Ce qui existe entre nous. Selon la poète, les échanges qui se font entre les écrivaines au sujet de leur art méritent d'être offerts au public.

C'est tellement riche cette matière-là! Le public, les lecteurs n'ont pas accès à nos relations, à ce qu'on échange, aux pensées qu'on a sur notre travail, sur la poésie, c'est un peu con, estime la poète.

Une partie des 22 auteures québécoises qui ont participé au recueil collectif, dont la directrice de l'ouvrage, Sara Dignard, et Louise Dupré (à gauche).

Une partie des 22 auteures québécoises qui ont participé au recueil collectif, dont la directrice de l'ouvrage, Sara Dignard, et Louise Dupré (à gauche).

Photo : Marelle Photo

Pour créer Ce qui existe entre nous, Sara Dignard a formé des équipes entre de jeunes poètes et d'autres plus aguerries : Élise Turcotte et Laurence Veilleux, Denise Desautels et Tania Langlais, Louise Cotnoir et Marie-Josée Charest, notamment. Les écrivaines ont été invitées à se rencontrer, à correspondre, puis à écrire ensemble, sans contrainte, sinon de ne pas trop s'éloigner de leurs démarches respectives.

Une rencontre c'est sauvage, et si on lui met des barrières tout de suite, souvent ce qui doit se passer n'a pas lieu.

Sara Dignard, poète et directrice du collectif « Ce qui existe entre nous »

Ainsi, pour former les textes de Ce qui existe entre nous, les phrases et les vers des unes et des autres se sont imbriqués, agencés, et parfois, même, sont entrés en symbiose.

Les mots se tordent et se fabriquent/ à l'avenue des croisements écrivent de concert Diane Régimbald et Geneviève Gosselin-G., dont les mots se marient si bien qu'on ignore laquelle dans l'équipe les a véritablement écrits.

Nous écrivons ensemble, à huit mains : petites filles brunes tapies dans les grandes ressuscitées, puis remisées dans la mémoire tels des bijoux dans un coffret.

Extrait de « Ce qui existe entre nous », écrit par Ouanessa Younsi

Le territoire de l'écriture

Pour écrire ce recueil, les 22 auteures sont donc devenues, en quelque sorte, des sœurs d'écriture appelées à dévoiler les lieux de leur création, et ceux qui les inspirent.

Dans mon cas, c'est tellement lié aux lieux, l'écriture, que je me suis demandé si c'était la même chose pour les autres et si oui, comment ça s'articulait dans leur démarche, dans leur géographie, dit Sara Dignard.

Sara Dignard devant un phare

Les lieux sont au cœur de la démarche poétique de Sara Dignard, qui a dirigé le collectif.

Photo : Nicolas Longpré

Les auteures ont ainsi parcouru deslieux vacants des sentiers/ où [la] pensée s'agrandit et leurs mots ont traîn[é] au-dessus du fleuve/ lourd des premières pluies de novembre.

Cela donne un objet hybride, introspectif, qui donne l'impression d'entrer, sur la pointe des pieds, dans les lieux secrets portés par chaque auteure. Cela donne envie, surtout, de partir [avec elles] dans des poèmes neufs.

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