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Disparition d'Edith Blais : Ottawa évoque la possibilité d’un enlèvement

Lucas Tacchetto et Edith Blais voyagent ensemble en Afrique de l'ouest. Leur disparition est traitée comme un cas d'enlèvement pas le gouvernement.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Le gouvernement canadien n'exclut plus la thèse d'un enlèvement pour expliquer la disparition d'Edith Blais, cette Québécoise en voyage en Afrique de l'Ouest et dont on est sans nouvelles depuis trois semaines.

Affaires mondiales Canada précise toutefois ne pas avoir obtenu de confirmation d'un rapt, tout en envisageant ce scénario.

Le bureau de la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, reste très prudent et discret dans ses communications, afin de ne pas nuire aux recherches.

Des agents consulaires canadiens au Burkina Faso sont en contact avec les autorités locales pour recueillir de l’information, et des services consulaires sont fournis aux membres de la famille, indique Affaires mondiales Canada, qui considère ce dossier comme « extrêmement prioritaire ».

Pendant ce temps, la famille de la jeune femme poursuit ses efforts pour tenter de la retrouver. Avec la médiatisation de l’affaire, elle gère maintenant les centaines de messages qui affluent.

« Il y a plusieurs informations qui nous sont données et nous recevons de nombreuses propositions d'aide », a écrit la famille sur la page Facebook créée pour propager l’information.

« Dans cette tristesse, dans cette angoisse, on se sent supportés, comme on n’a jamais pensé qu’on pourrait être supportés, indique Jocelyne Bergeron, la mère d’Edith Blais. C’est incroyable, merci à tous ceux qui s’impliquent ou qui ont des pensées positives pour nous. »

« Sur le site [Internet], on va mettre une affiche pour que les gens qui vivent au Burkina Faso, au Ghana, au Togo, puissent l’imprimer et la mettre un peu partout, explique Mélanie Bergeron Blais, la sœur d’Edith. Ça va être la façon [pour] qu’elle puisse se reconnaître elle-même ou que quelqu’un puisse la reconnaître éventuellement. »

Mme Bergeron Blais indique par ailleurs que des efforts sont faits pour tenter de géolocaliser la tablette d’Edith ainsi que les deux téléphones cellulaires des voyageurs.

En direction du Togo

Une voiture bleue sur le bord de la route dans un lieu désertique.

Partis d'Italie, Lucas Tacchetto et Edith Blais voyageaient à travers l'Afrique de l'Ouest en voiture.

Photo : Facebook

Edith Blais, 34 ans, originaire de Sherbrooke, est partie de Bamako, au Mali, avec son ami italien Luca Tacchetto. Ils se sont rendus à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, dans leur propre voiture, où ils auraient été vus.

Ils devaient aller ensuite dans la capitale Ouagadougou quelques jours, avant de voyager vers le Togo, où il était prévu qu’ils fassent du bénévolat au sein de l’organisme Zion’Gaïa.

Les familles n’ont plus eu de nouvelles depuis qu’Edith a mis des photos sur sa page Facebook et que Luca a parlé à ses parents, le 15 décembre dernier.

Au Québec, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie Nadine Girault a assuré que le gouvernement du Québec est en contact avec le fédéral. « Nos pensées vont aux proches d’Edith Blais et de son compagnon, qui traversent présentement des moments difficiles », a-t-elle indiqué sur Twitter.

« Nous souhaitons qu’ils soient retrouvés sains et saufs », a ajouté Mme Girault.

En Italie, la nouvelle a aussi été médiatisée, mais les autorités restent discrètes quant à leurs démarches.

L’Italie a déjà un cas d’enlèvement en Afrique entre les mains. À la fin de novembre, une jeune Italienne de 23 ans, Silvia Romano, a été kidnappée par un groupe d’hommes armés au Kenya. Elle n’a toujours pas été retrouvée.

Banditisme

La situation sécuritaire au Burkina Faso s’est détériorée au cours des dernières années. Le gouvernement canadien déconseille d’y voyager à cause de la menace terroriste. Les zones frontalières sont particulièrement à risque en raison du banditisme et des enlèvements possibles.

« Le premier risque, ce sont les enlèvements en lien avec la criminalité, a affirmé le professeur de l’Université de Sherbrooke, David Morin, également codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, en entrevue à RDI. C’est ce qu’on appelle les "coupeurs de route" ou les bandits de grand chemin. [Ils] bloquent les routes principales et secondaires et vont vous dépouiller de vos biens. [Ensuite], c’est le risque d’enlèvement en lien avec le terrorisme pour des demandes de rançon. »

En 2016, six Québécois sont morts dans un attentat terroriste, où trois djihadistes avaient attaqué un restaurant de la capitale Ouagadougou.

Avec des informations de Marie-Hélène Rousseau

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