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La Grande-Bretagne en « territoire inconnu » si le vote sur le Brexit est rejeté, clame Theresa May

Theresa May sur un plateau de télévision.

La première ministre britannique Theresa May espère obtenir la confiance de son caucus relativement à son plan de sortie de l'Europe. Elle donnait une entrevue dimanche à la télé de la BBC.

Photo : Reuters / BBC/Jeff Overs

Reuters

La première ministre britannique Theresa May a confirmé dimanche la tenue d'un vote de la Chambre des communes sur l'accord de Brexit « autour du 15 janvier », alors que le Sunday Telegraph écrit qu'elle chercherait à gagner du temps à moins de trois mois de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE), le 29 mars.

Interrogée par la BBC sur la possibilité d'un rejet de l'accord qu'elle a négocié avec l'UE, la dirigeante conservatrice a répondu : « Nous entrerions en territoire inconnu. »

Faute de rallier la majorité, May a dû renoncer in extremis au vote qui était prévu le 11 décembre dernier à la Chambre des communes et s'est engagée à demander « des assurances juridiques et politiques » à l'UE. Elle a survécu le lendemain à un vote de défiance interne, mais 117 des 317 élus conservateurs se sont prononcés contre elle. Les débats sur l'accord de retrait reprendront mercredi.

Son ministre de la Santé, Matthew Hancock, a dit espérer que les députés reviendraient à Westminster dans un autre état d'esprit. « Je pense que si ces personnes sont entrées dans leurs circonscriptions, comme je l'ai fait, et ont discuté avec des gens ordinaires, alors elles ont fait face à ce sentiment écrasant appelant à en sortir », a-t-il dit sur Sky News.

Mais pour Jacob Rees-Mogg, l'un des principaux détracteurs de l'accord au sein du Parti conservateur, croire que les congés de Noël l'ont amené à changer d'avis relève de la « pensée magique ».

Le « filet de sécurité », un « poison », selon certains

À Belfast, le numéro deux du Parti unioniste démocratique (DUP), dont les dix élus assurent la majorité parlementaire de Mme May, a réclamé du gouvernement qu'il obtienne l'abandon du « filet de sécurité » (le « backstop »).

Cette clause de dernier recours doit empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, mais cristallise l'hostilité des plus ardents partisans du Brexit.

« Face au refus de l'UE de bouger, c'est le devoir du gouvernement britannique de rester ferme », a déclaré Nigel Dodds dans un communiqué. « Le "filet de sécurité" demeure le poison qui rend toxique tout vote en faveur de l'accord de retrait. »

Selon le Sunday Telegraph, les collaborateurs de Mme May travailleraient à un amendement assujettissant la ratification de l'accord de sortie de l'UE par les élus des Communes à l'obtention de concessions supplémentaires auprès des Européens.

L'idée serait de proposer aux députés de voter la ratification sous réserve que le gouvernement britannique obtienne par la suite la garantie de Bruxelles que le « filet de sécurité » irlandais serait un mécanisme temporaire.

Pour Nikki da Costa, directrice des affaires parlementaires à Downing Street jusqu'en novembre dernier et citée par le Telegraph, la manœuvre permettrait de montrer à l'Union européenne que Theresa May disposerait d'une majorité à condition que les Européens acceptent de « bouger un petit peu ».

À ce stade, la Commission européenne ne veut pas entendre parler d'un « filet de sécurité » limité dans le temps.

Ce mécanisme ne s'appliquera que si le Royaume-Uni et l'UE, au cours de la période de transition censée s'ouvrir après le divorce, le 29 mars prochain, et courir sur deux à quatre ans, ne parviennent pas à négocier un accord commercial de nature à empêcher le retour d'une frontière à travers l'île d'Irlande.

Lors du sommet européen du 13 décembre, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souligné que le « filet de sécurité » n'était qu'une assurance et que, dans l'éventualité où il devrait entrer en vigueur, l'UE négocierait rapidement avec Londres pour parvenir à un accord commercial large qui le remplacerait.

Sur la BBC, Theresa May a noté qu'il y avait encore du travail à accomplir pour obtenir des assurances européennes sur cette question du « filet de sécurité ». Mais elle a aussi prévenu qu'un rejet de l'accord pourrait au bout du compte empêcher le Brexit.

« Ne laissons pas la quête de la perfection devenir l'ennemi du bien, parce que le danger, c'est véritablement que nous finissions sans Brexit du tout », a-t-elle dit.

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