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Les phoques auront raison des morues d'ici 2050, selon une étude

La pêche à la morue.
Si le niveau de prédation se maintient, la population de morue aura de la difficulté à se rétablir. Photo: iStock
Radio-Canada

La morue pourrait disparaître complètement de certaines régions du golfe du Saint-Laurent d'ici 2050. Déjà affaiblies par la surpêche, les populations peinent à se rétablir à cause de la prolifération d'un de leurs principaux prédateurs : le phoque gris.

Une récente étude révèle une statistique alarmante : le taux de mortalité des morues dépasse 50 % chez les individus âgés de plus de 5 ans.

Une mortalité naturelle aussi élevée n'est pas soutenable, affirme Doug Swain, un scientifique du ministère des Pêches et des Océans qui a cosigné l'étude.

M. Swain indique que la population est particulièrement vulnérable parce qu'elle tend à se regrouper au même endroit chaque année pour la migration, les périodes de frai et l’hivernage.

Des moruesDes pêcheurs disent capturer des morues de petite taille cette année au sud du Labrador. Photo : CBC

Ces rassemblements chroniques attirent les phoques gris, pour qui ces bancs de poissons font office de garde-manger idéal.

Si la tendance se maintient...

Le chercheur Doug Swain a utilisé des modèles pour prédire l'avenir possible de la population de morue si ce niveau de prédation se poursuit.

Dans ces projections, si nous supposons que la mortalité naturelle reste là où elle est maintenant et qu'il n'y a pas eu de pêche, la morue disparaîtra d'ici le milieu du siècle.

Doug Swain, scientifique du ministère des Pêches et des Océans

Si les phoques gris continuent de s'attaquer à la morue comme ils le font maintenant, il est impossible que cette population se rétablisse et elle pourrait tomber à un niveau négligeable, conclut-il.

Le cheptel de phoques gris près de l'île Brion, une réserve écologique au large des îles de la Madeleine. Le cheptel de phoques gris près de l'île Brion, une réserve écologique au large des îles de la Madeleine. Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Les morues proliféraient autrefois dans le golfe du Saint-Laurent. Cependant, la surpêche commerciale à la fin des années 1980 a pratiquement décimé les stocks. Depuis, l’espèce tente de se rétablir.

Baby-boom chez les phoques

Les populations de phoques gris dans le golfe sont en pleine explosion dans les dernières décennies, ce qui n’est pas pour aider la morue.

La population est passée d'environ 8000 phoques en 1960 à plus de 500 000 aujourd’hui.

Si on laisse la nature suivre son cours, elle ne retrouvera pas l'équilibre qu'elle avait il y a 150 ans.

Doug Swain, scientifique du ministère des Pêches et des Océans

Selon le chercheur, la société devra décider si elle doit intervenir. Elle peut tenter de réduire le nombre de phoques, ou accepter que la morue du golfe ne se rétablisse pas.

Un phoque sur une banquise au large des îles de la Madeleine.Un phoque gris sur une banquise au large des Îles-de-la-Madeleine Photo : Gil Thériault

Jeff Hutchings, biologiste à l'Université Dalhousie, affirme que les difficultés de la morue prouvent que la surpêche peut être fatale, même une fois que l’on cesse toute activité commerciale.

Quand nous épuisons les stocks de poissons à des niveaux très bas, ils ne rebondiront et ne se reconstitueront pas toujours, dit-il.

D’ailleurs, selon lui, il n’est pas garanti que la morue va se rétablir, même avec un contrôle des populations de phoques.

La chasse au phoque, la solution?

Afin de venir en aide à la morue, le directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec, Gil Thériault, soutient qu’il faut rendre plus accessible la chasse aux loups marins pour contrôler les populations.

Le phoque ne s’arrêtera pas à la morue, ça va être le hareng, le maquereau. Quand il n’y en aura plus, ils vont manger du homard et du crabe, lance-t-il.

Un chasseur sur la banquise empile des peaux de phoque.La chasse au phoque sur la banquise à Terre-Neuve. Photo : La Presse Canadienne

Il déplore que les pressions internationales pour faire interdire ce type de chasse freinent son développement. Il souhaiterait que le gouvernement puisse lever certaines restrictions concernant cette activité.

Actuellement, il y a beaucoup plus de demande pour le phoque gris qu’il n'y a d’offre. Le marché n’est pas du tout le problème.

Gil Thérault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec

Chaque phoque gris mange d'une tonne et demie à deux tonnes de poisson chaque année, selon Pêches et Océans Canada.

Le grand requin blanc est l'un des rares prédateurs des phoques. Cet été, des chercheurs ont repéré quelques individus dans les eaux de la Nouvelle-Écosse.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Faune marine