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Accusé de voies de fait sur un sans-abri, un policier affirme avoir été frappé en premier

Gary Basso dans le couloir de la cour provinciale à Halifax le 5 décembre 2018.
Le policier Gary Basso arrive à son procès le 5 décembre à Halifax. Sa présumée victime, Patrice Simard, est en arrière-plan au bout du corridor. Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Un policier d'Halifax, accusé d'avoir cassé le nez d'un sans-abri l'hiver dernier, a présenté sa version des événements durant son procès, vendredi.

L’agent Gary Basso, 38 ans, fait face à une accusation de voies de fait causant des lésions corporelles. Soupçonné d’avoir falsifié des notes, il est de plus accusé de méfait public.

Durant son témoignage vendredi en cour provinciale à Halifax, Gary Basso a admis avoir frappé Patrice Simard, alors âgé de 54 ans. Il affirme cependant que M. Simard l’a frappé en premier. Cela n’était pas clairement visible sur la vidéo de l’incident présentée au procès en décembre.

Vendredi, Gary Basso a raconté avoir répondu dans la soirée du 25 février 2018 à un signalement de personne indésirable devant le refuge pour sans-abris Metro Turning Point.

Patrice Simard était assis à l’extérieur sur une caisse de lait. Les responsables du refuge venaient de lui demander de quitter les lieux, car il était en état d’ébriété.

Le policier Basso a expliqué avoir demandé à M. Simard de partir, ce à quoi M. Simard a répondu qu’il souhaitait être placé en cellule dite « de dégrisement » plutôt que de passer la nuit dehors.

L’agent Basso a expliqué avoir saisi le sac à dos de la présumée victime, avoir essayé de relever l’homme qui était au sol, et a admis l’avoir frappé pour stopper toute menace provenant de M. Simard.

Mais ce serait M. Simard qui aurait frappé le premier, argue le policier. Simard m’a donné un coup de poing à la cuisse droite, a affirmé M. Basso.

Le policier a qualifié de dure frappe le coup qu’il a porté à M. Simard et administré avec la base de la paume de la main.

Photo de Patrice Simard avec un oeil au beurre noire.Une photo de Patrice Simard prise le 5 mars 2018 et présentée au procès du policier Gary Basso. Photo : Radio-Canada / Elizabeth Chiu

M. Basso a dit avoir ensuite informé M. Simard qu’il l’arrêtait pour avoir agressé un agent de police. Il l’a menotté et amené au quartier général de la police à Halifax, où il a été détenu.

La Couronne a abandonné toute accusation contre Patrice Simard en mars dernier. Le mois suivant, des accusations contre le policier Gary Basso ont été déposées par l’Équipe d'intervention en cas d'incident grave de la Nouvelle-Écosse (SiRT), l’agence indépendante qui enquête, comme le requiert la loi provinciale, sur les incidents graves ou de nature délicate mettant en cause la police.

Je n’ai pas eu l’impression que l’enquêteur du SiRT a cru ma version des événements, a déclaré Gary Basso devant la cour, vendredi. Il a qualifié la rencontre avec M. Simard de non-événement.

Une vidéo de l’incident diffusée en cour

Patrice Simard n’avait pu retenir ses larmes le 5 décembre lorsqu’il a dû visionner en cour une vidéo où on le voit être frappé par le policier Gary Basso.

On voit sur la séquence le policier qui fait un mouvement de bras et frappe M. Simard au visage. Ce dernier s’affaisse ensuite lourdement. On aperçoit aussi M. Simard qui étire un bras pendant un bref instant alors qu’il est à genoux.

Lors de son témoignage, fait en français, Patrice Simard a dit qu’il avait étiré le bras pour essayer de saisir son sac à dos, et non pour frapper le policier.

Il a aussi raconté avoir passé quatre jours dans un boisé après avoir été relâché par les policiers. Souffrant de maux de tête persistants, il s’est ensuite rendu à l’hôpital où l’on a constaté qu’il avait le nez cassé.

Gary Basso est depuis mars suspendu de la Police régionale d'Halifax, mais il continue de percevoir un salaire. Plus tôt vendredi, la juge Laurel Halfpenny-MacQuarrie a rejeté une troisième accusation, celle d'abus de confiance, qui avait été déposée contre le policier.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Procès et poursuites