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3e lien : les camionneurs ne veulent pas d’un tunnel

Un poids lourd circule sur l'autoroute 20, à Lévis.

L'Association du camionnage du Québec demande au gouvernement Legault de rejeter l'option du tunnel pour relier Québec et Lévis.

Photo : Radio-Canada

Marc-Antoine Lavoie

S'il va de soi que les camionneurs qui parcourent la région de Québec rêvent d'un troisième lien entre les deux rives du fleuve Saint-Laurent, leur association souhaite que le gouvernement Legault rejette l'option du tunnel.

« On serait plus en faveur d’un pont, commente le chauffeur Francis Fournier. Aussitôt que tu as une matière dangereuse, tu ne peux pas emprunter les tunnels. »

M. Fournier travaille chez Transports Gilmyr, à Montmagny. En route pour une livraison à la baie de Beauport, à Québec, il ne pourra éviter la congestion du matin. Le client attend sa marchandise pour 8 h.

Francis Fournier au volant de son poids lourd.

Francis Fournier est camionneur chez Transport Gilmyr.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les premières lueurs du jour apparaissent sur l’autoroute 20 lorsque le fardier arrive à la hauteur de la pointe de l’île d’Orléans, le couloir retenu par la Coalition avenir Québec pour la construction du nouveau lien.

« Le troisième lien, ça adonnerait juste bien », projette M. Fournier.

« Notre industrie se doit d’être consultée »

Pour l’Association du camionnage du Québec, il est clair que le troisième lien doit être un pont. Un tunnel serait inutile pour les nombreux poids lourds qui transportent des matières dangereuses.

« Des matières dangereuses, ça ne veut pas seulement dire du pétrole ou des explosifs. Ça peut aussi être de la boisson de la SAQ, du lave-vitre ou de la peinture », illustre le président-directeur général de l’association, Marc Cadieux.

Pour maximiser l’utilisation de l’infrastructure, c’est certain que chez nous, c’est le pont.

Marc Cadieux, pdg, Association du camionnage du Québec

Alors que le tunnel est l’option privilégiée par plusieurs élus locaux, les camionneurs souhaitent faire partie des discussions.

« En tant que payeur de taxes assez important pour les infrastructures routières, notre industrie se doit d’être consultée. Si le gouvernement a un projet de cette ampleur, il se doit de réunir tous les usagers », insiste M. Cadieux.

Vue du pont Pierre-Laporte et du pont de Québec sur fond de coucher  de soleil

Le pont Pierre-Laporte et le pont de Québec

Photo : iStock

« 2 h 30 dans le trafic »

De retour dans la congestion. Le routier Francis Fournier est maintenant ralenti à la hauteur de l’avenue Taniata.

« Sur 8 heures d'horaire à Québec, on peut être un bon 2 h 30 juste dans le trafic. Si tu calcules le fuel et le temps, on n’est pas productif », souligne-t-il.

Du haut de la cabine de son camion, M. Fournier remarque que la plupart des automobilistes sont seuls dans leur véhicule. Le covoiturage serait une solution à court terme pour améliorer la fluidité de la circulation, pense-t-il.

« On est dépendant de l'auto. Avec un passager, tu n'as pas la même liberté », se désole-t-il.

« On est rendu là »

Sur le pont Pierre-Laporte, le camionneur peut maintenant reprendre de la vitesse. Il a finalement traversé « l’entonnoir » de la tête des ponts.

La circulation sur le pont Pierre-Laporte.

Sur le pont Pierre-Laporte, le camionneur Francis Founier peut reprendre de la vitesse.

Photo : Radio-Canada

Est-ce qu’en améliorant les accès aux ponts, le troisième lien serait toujours nécessaire? « Absolument ! On est rendu là, répond-il sans hésiter. Ça va toujours aller en augmentant, toujours plus d’automobilistes et de camions. »

Le poids lourd arrive finalement à destination, avec quelques minutes de retard. De la baie de Beauport, Francis Fournier se permet de rêver en regardant le fleuve Saint-Laurent.

« On serait juste à côté du troisième lien. As-tu vu tout le chemin qu'on a fait? »

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