•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Paralysie de l'État : Trump évoque l'état d'urgence pour construire le mur

Aux côtés de leaders républicains de la Chambre des représentants et du vice-président Mike Pence, Donald Trump a de nouveau plaidé en faveur de la construction du mur.

Photo : Associated Press / Jacquelyn Martin

Radio-Canada

À l'issue d'une rencontre infructueuse avec les leaders du Congrès tenue vendredi à la Maison-Blanche, le président Trump a affirmé vendredi qu'il avait les pouvoirs pour faire construire le mur à la frontière avec le Mexique sans l'approbation des deux Chambres.

La réunion, à laquelle participaient des leaders démocrates et républicains, n'a pas permis de trouver une solution qui permettrait de remettre sur les rails l'administration fédérale américaine, partiellement paralysée depuis deux semaines.

Répondant longuement aux questions des médias à l'issue de la rencontre, Donald Trump a indiqué qu'il avait envisagé d'utiliser des pouvoirs d'urgence pour construire un mur frontalier rapidement, niant qu'il s'agissait d'une menace à l'endroit de démocrates.

« Je n'ai jamais menacé personne, mais j'ai le droit de le faire », a-t-il dit aux journalistes, ajoutant qu'il préférait pour l'instant laisser une chance aux négociations.

Une fois de plus, il a opposé une fin de non-recevoir à la réouverture des services de l'État fédéral, réclamée par les démocrates, si son exigence d'impartir une enveloppe budgétaire de 5,6 milliards de dollars américains à la construction du mur à la frontière sud n'était pas respectée. Cette demande, que rejettent les démocrates, est à l'origine de la situation actuelle.

Comme il l'avait fait à la fin de décembre, il a fait l'apologie d'une barrière ou d'un mur en acier, « plus solide » et « plus beau » selon lui qu'un mur de béton, l'option qu'il privilégiait pourtant depuis le début.

« Nous avons eu une rencontre très, très productive et [...] nous avons fait beaucoup de chemin », a-t-il pourtant soutenu, sans toutefois préciser quelles avancées auraient été faites.

La Maison-Blanche a par ailleurs annoncé la tenue d'une rencontre sur l'impasse budgétaire, qui réunira le vice-président Mike Pence, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, le gendre et conseiller de M. Trump, Jared Kushner, ainsi qu'une délégation du Congrès, samedi, à partir de 11 h HNE.

Une paralysie partielle du gouvernement pendant des années?

Nancy Pelosi s'adresse aux journalistes, aux côtés de Chuck Schumer, Steny Hoyer et Dick Durbin.

À la sortie de leur rencontre avec le président, la haute hiérarchie démocrate, dont Chuck Schumer (à gauche) et Nancy Pelosi, a affirmé qu'il était resté sourd à leur appel de rouvrir les services de l'État fédéral.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Avant le président, la haute hiérarchie démocrate a donné aux journalistes une tout autre version de la rencontre.

La nouvelle présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, ont tous deux affirmé en début d'après-midi que les discussions avec le président avaient parfois été « conflictuelles ».

M. Trump a d'ailleurs menacé de laisser la situation perdurer pendant « un très long moment, pendant des mois, sinon des années », a affirmé M. Schumer.

Le président a d'ailleurs confirmé qu'il se préparait à cette éventualité, tout en disant qu'il croyait que la situation pourrait se régler d'ici quelques jours.

Mme Pelosi et M. Schumer disent avoir plaidé, en vain, qu'aucun progrès ne pourra être enregistré au sujet de la sécurité à la frontière mexicano-américaine tant et aussi longtemps que l'administration fédérale restera en partie paralysée.

Ils ont tout de même assuré qu'ils entendent poursuivre les discussions avec le président.

Les républicains du Sénat continuent de se ranger derrière Trump

Les événements de la matinée laissaient déjà présager que les Américains devraient se préparer à ce que le blocage partiel de l’administration fédérale se poursuive.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a confirmé qu’il ne soumettra pas aux voix les propositions de loi budgétaire adoptées jeudi à la Chambre des représentants, puisqu’elle n’a tout compte fait aucune chance d’être signée par le président.

Fait à noter, M. McConnell reste à l'écart dans ce dossier. Il n'a même pas participé au point de presse du président, même si les leaders républicains de la Chambre, eux, y étaient.

La formule présentée hier par les nouveaux leaders démocrates de la Chambre n’est qu’une perte de temps. C'est une posture politique. Cela n’a pas l’appui du président. En fait, l’administration a explicitement indiqué que le président y opposerait son veto.

Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat

Les travaux du Sénat ont par ailleurs été ajournés jusqu’à mardi prochain, ce qui confirme qu’aucun déblocage n’apparaît imminent à l’heure actuelle.

La Chambre proposait en somme de financer tous les départements touchés par l’actuelle paralysie de l'État jusqu’à la fin de l’année financière, soit jusqu’en septembre prochain, exception faite du département de la Sécurité intérieure.

Ce département aurait pour sa part été financé uniquement jusqu’au 8 février, afin que puissent se poursuivre des négociations sur la sécurité à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Les démocrates, qui contrôlent la Chambre, ne veulent rien savoir du mur.

Nous ne ferons pas de mur. Cela n’a rien à voir avec la politique; un mur entre deux pays est immoral. Il s’agit d’une vieille façon de penser.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants

En entrevue à MSNBC vendredi, Mme Pelosi a d’ailleurs tenté de séparer les deux questions. « Le mur et la fermeture de l’administration n’ont véritablement rien à voir l’un avec l’autre », a-t-elle fait valoir.

Le président a pour sa part lié les deux, disant aux journalistes qu'il n'était pas question de régler ce dossier « à la pièce ».

La Maison-Blanche a par ailleurs rendu publique vendredi une lettre que le président a envoyée à tous les élus du Congrès pour présenter ses demandes, et plus particulièrement celle visant à financer le mur qu’il souhaite construire.

S’appuyant sur des chiffres fournis par la secrétaire à la Sécurité intérieure, Donald Trump y plaide que le niveau de son département est « totalement inadéquat » pour répondre à la situation de crise qui existe selon lui à la frontière.

Nous ne sommes plus dans une situation de statu quo à la frontière sud, mais dans une situation de crise. Un financement pour le statu quo n’est pas suffisant.

Donald Trump, président des États-Unis, dans une lettre envoyée aux élus du Congrès

La paralysie de l’administration touche quelque 800 000 employés fédéraux; 380 000 d’entre eux sont présentement en congé forcé sans solde, et 420 000 autres continuent leur travail sans être payés.

Le président a affirmé, sans fournir de preuves, que la majorité des employés soutenaient son approche au nom de la sécurité des frontières.

Avec les informations de Reuters, et CNN

International