•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Former les pilotes du monde entier à partir de Montréal

Erika Laurendeau Walker, instructrice, dans un simulateur de vol de Boeing 737. Photo: Radio-Canada
Jean-Michel Leprince

Leader incontesté des simulateurs de vols, l'entreprise CAE de Montréal est aussi la première école de pilotage du monde. Prévoyant une très forte demande dans les dix prochaines années, elle investit massivement dans les nouvelles technologies pour accélérer la formation des pilotes tout en l'améliorant sur le plan de la sécurité.

La compagnie CAE existe depuis 1947. Elle fabrique des simulateurs de vol pour la plupart des avions des grandes compagnies aériennes. Elle contrôle 70 % du marché mondial.

Il y a de très grandes chances que, peu importe où vous êtes dans le monde, le pilote qui vole votre avion est formé sur un simulateur fabriqué ici, conçu par des ingénieurs à Montréal. C'est un secret bien gardé et on en est très fiers.

Marc Parent, PDG de CAE

CAE est un partenaire de choix en formation des professionnels de l'aviation, des compagnies aériennes, des exploitants d'avions d’affaires et des constructeurs d’aéronefs du monde entier. L’entreprise de 9000 employés vient d’ailleurs d’acquérir tout le programme de formation pour les avions d’affaires de Bombardier.

De plus, CAE est un chef de file mondial dans l’élaboration et la livraison de solutions intégrées d’entraînement destinées aux forces de défense. La plupart des forces militaires combinent l’entraînement en vol et la formation virtuelle basée sur la simulation par ordinateur.

On voit de gros simulateurs blancs, qui ont la forme de coupoles, alignés sur des plates-formes dans une usine de CAE.Assemblage de simulateurs de vol chez CAE, à Montréal. Photo : Radio-Canada

Une réponse « high-tech » à la pénurie de pilotes

Les besoins en pilotes sont estimés à 300 000 pilotes de ligne dans les 20 prochaines années et 50 000 pour les avions d’affaires.

CAE forme des pilotes sur 300 simulateurs dans 70 centres de formation dans le monde.

« Depuis quelques années, on a des écoles de pilotage à travers la planète qui forment de nouveaux étudiants à devenir pilotes de ligne, donc on a vraiment une formation "de cadet à capitaine", une solution complète dont les compagnies aériennes sont très à la recherche justement pour combler cette pénurie de pilotes », explique Marc Parent.

Chaque année, CAE décerne des diplômes à plus d'un millier d'élèves pilotes et forme plus de 220 000 pilotes de ligne, pilotes d'aviation commerciale, techniciens de maintenance et personnel de cabine. En tant que chef de file dans le recrutement de personnel d'aviation, CAE a plus de 1000 pilotes en affectation chaque année.

Le défi est de former des pilotes plus vite et, bien sûr, toujours mieux.

« Nous sommes assis sur une mine d'or ici parce que nos simulations génèrent autant de données qu'on veut. Et grâce à ces données et à l’intelligence artificielle de notre nouveau logiciel, on pourra voir en temps réel toutes les séances de formation de nos simulateurs dans le monde », dit Antoine Dufour, ingénieur chez CAE.

M. Dufour montre à l'aide d'une tablette l'utilisation d'un logiciel. Derrière-lui, on voit un simulateur de CAE.Antoine Dufour, ingénieur chez CAE Photo : Radio-Canada

L'une de ces séances de formation place l'apprenti pilote devant un feu de moteur au décollage de l'aéroport de Kuala Lumpur.

Le programme permet de déceler des failles dans les réactions du pilote que l’instructeur souvent ne verra pas. Un outil qui permettra aux instructeurs d’améliorer les réflexes automatiques des élèves pilotes dans les situations les plus invraisemblables.

L’histoire de CAE

En 1947, Ken Patrick, ancien officier de l’Aviation royale du Canada, fonde CAE (Canadian Aviation Electronics Ltd.) Il voulait « créer quelque chose de canadien et tirer avantage d’une équipe formée à la guerre, extrêmement innovatrice et très axée sur la technologie ».

La vocation actuelle date des années 60 avec un premier contrat militaire du gouvernement canadien portant sur six simulateurs Starfighter F-104. En moins de cinq ans, cinq autres pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avaient acheté 26 appareils additionnels.

Progressivement, CAE élargit ses marchés internationaux au point d’exporter environ 85 % de toute sa production. Dans les années 90, ses percées techniques la portent au premier rang mondial des industriels qui conçoivent et construisent des simulateurs de vol, des dispositifs d’entraînement au vol, des systèmes visuels, des systèmes d’entraînement sur PC et des systèmes de formation assistée par ordinateur pour l’aviation civile.

En 2000, CAE bâtit un vaste réseau au bénéfice de ses clients pour devenir le premier fournisseur mondial de services de formation aéronautique. Plus récemment, CAE s’est lancée dans les simulateurs en matière de santé pour la formation de médecins et d’infirmiers, un secteur qui est vu comme très prometteur.

La clé du succès : l’innovation

La moitié des effectifs du siège social à Montréal, qui est le cerveau de la compagnie, est composée d’ingénieurs.

« Ce qui est ancré dans la culture de CAE, c'est l'innovation, et pour moi, l'innovation c'est l'investissement en recherche et développement. On est sans égal : dans les 10 dernières années, on a investi 1,5 milliard en recherche et développement et on va annoncer cet été un investissement de 1 nouveau milliard axé sur la formation des pilotes », affirme Marc Parent.

De l'aviation à la santé

On voit trois professionnels de la santé debout autour d'un mannequin couché sur une table d'opération. Ils utilisent des lunettes de réalité virtuelle.Un mannequin simulateur et l'utilisation de la réalité virtuelle en santé Photo : CAE

L’innovation a aussi amené CAE à investir dans le secteur de la santé. C’est le même principe. Il s’agit d'utiliser des mannequins, et surtout la réalité virtuelle, pour simuler, par exemple, des accouchements dans des conditions parfois très difficiles.

Ces simulations permettent aux futurs praticiens d’acquérir un maximum de réflexes automatiques dans les situations les plus inattendues pour réduire les risques d’erreurs dans la vraie vie. Le PDG de CAE, Marc Parent, s’attend à ce que les revenus du secteur de la santé dépassent, dans les années à venir, ceux de l’aviation.

Innovation technologique

Société