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  • Archives
  • La reconnaissance du congé de maternité au Québec, c’était il y a 40 ans

    Bernard Derome présentant les nouvelles devant une mortaise illustrant une femme avec son bébé dans les bras.

    Bernard Derome fait le point sur le congé de maternité québécois entré en vigueur en janvier 1979.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 1er janvier 1979, une nouvelle politique familiale provinciale entre en vigueur. Les Québécoises salariées peuvent désormais se prévaloir d'un congé de maternité de dix-huit semaines sans risquer de perdre leur emploi. Nos archives témoignent de la situation à l'époque.

    Le Québec, tout comme Terre-Neuve et l'Île-du-Prince-Édouard, ne disposait jusqu’en 1979 d'aucune loi encadrant l'arrêt de travail et l'absence d'une femme enceinte.

    Depuis 1971, le gouvernement fédéral permettait aux travailleuses de recevoir des prestations de l'assurance-chômage durant quinze semaines en guise de congé de maternité.

    Cette mesure présentait toutefois de nombreuses carences que le gouvernement québécois tente de pallier avec une nouvelle loi.

    Télémag, 19 septembre 1978

    Ce reportage à l’émission Télémag du 19 septembre 1978 illustre les difficultés rencontrées par de nombreuses femmes avant l’entrée en vigueur de la politique familiale québécoise.

    L’infirmière Louise Lemieux, par exemple, n’a pas eu droit aux prestations d’assurance-chômage à la naissance de son deuxième enfant. Il ne lui manquait qu’une semaine de travail pour atteindre les exigences du fédéral, mais elle a accouché prématurément.

    Agente de recherche au gouvernement du Québec, Lise Courcelles explique pour sa part la perte de revenus et d’avantages sociaux durant son congé de maternité.

    Avant que la province ne légifère, les Québécoises souffraient d'un délai de carence de deux semaines avec les prestations d’assurance-chômage. Elles percevaient d’autre part une indemnité égale aux deux tiers de leur salaire à concurrence d'un plafond de 160 $ par semaine.

    Pour Lise Courcelles, les prestations correspondent ainsi à 40 % de son salaire.

    L’employeur de Lise d’Amours, soudeuse en électronique, a accueilli chaleureusement l’annonce de sa grossesse. Il l’a invitée verbalement à le tenir au courant du moment de son retour au travail dans l’entreprise. Rien ne l’oblige cependant à lui garder son emploi.

    En 1978, un million de femmes travaillent. Plus de la moitié d'entre elles ne sont pas syndiquées, donc non protégées par une convention collective censée assurer les droits des employés d'une entreprise donnée.

    L'entrée en vigueur du congé maternité au Québec vient remédier à cette situation.

    Non seulement l’ordonnance du gouvernement québécois instaure un congé de maternité de dix-huit semaines, mais elle garantit la protection de l'emploi de la travailleuse durant son absence.

    La loi prévoit aussi qu’une femme enceinte doit être affectée à d’autres tâches si son travail peut nuire à sa santé ou celle de son enfant.

    C’est un grand progrès, bien que de nombreuses lacunes subsistent.

    La présence du père au foyer dans les semaines qui suivent est extrêmement importante.

    Dr Bernard Lambert

    Interrogé par la journaliste Madeleine Rousseau, le chef du département d’obstétrique de l’Hôpital Sainte-Justine souligne la pertinence d’un congé de paternité.

    Le Docteur Bernard Lambert propose déjà un modèle : une semaine de congé avec solde et quatre semaines sans solde afin de permettre au père d’être présent auprès du nouveau-né et de la mère.

    Téléjournal, 13 juin 1979

    Mais encore faut-il que la loi soit appliquée.

    Au Téléjournal du 13 juin 1979, l’animateur Bernard Derome fait le point avec la journaliste Danielle Levasseur.

    Le congé de maternité québécois est entré en vigueur depuis quelques mois maintenant, mais il demeure qu’une femme sur trois ne peut s’en prévaloir.

    Les nombreuses plaintes enregistrées à la Commission du salaire minimum laissent également croire que certains employeurs se montrent réticents à l’application de la loi.

    Le Front commun sur le congé de maternité entend bien faire connaître aux Québécoises leurs droits. D’autres revendications sont aussi formulées par cette coalition : le plein salaire durant le congé de maternité, son accessibilité aux travailleuses à temps partiel et l’allongement de sa durée.

    Leur pression portera ses fruits au fil des années et des bonifications du régime.

    Quarante ans plus tard, la politique familiale québécoise est fréquemment citée en exemple à travers le monde.

    Le régime québécois d’assurance parentale (RQAP) dans la forme qu’on lui connaît, avec un congé de maternité, un congé de paternité et un congé parental ou d’adoption, date de 2006.

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