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Un projet pilote de distribution d’opioïdes à Vancouver pour freiner les surdoses mortelles

Des comprimés de Dilaudid
Des comprimés de Dilaudid Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

À compter de mardi, des usagers d'opioïdes du quartier Downtown Eastside de Vancouver vont recevoir des comprimés sur ordonnance qu'ils pourront écraser et s'injecter dans le cadre d'un projet pilote unique au pays.

L’organisme Portland Hotel Society (PHS) va distribuer gratuitement à 50 patients des comprimés d'hydromorphone au centre de prévention de surdoses Molson. L'initiative vise notamment à éviter que les usagers ne consomment de la drogue contaminée par du fentanyl.

Des patients comme Carissa Sutherland souhaitent y prendre part. Selon elle, le projet pilote va aider les consommateurs à obtenir leur drogue de manière plus sécuritaire.

Aujourd’hui âgée de 29 ans, Carissa Sutherland a commencé à consommer il y a 10 ans de la morphine et de l’hydromorphone sous forme de comprimés. Ils sont connus sous le nom commercial de dilaudid au Canada. Revendus dans la rue, ces comprimés sont aussi surnommés dillys.

« Plus ça allait, moins je trouvais des dillys dans la rue. Comme ils étaient plus chers que l’héroïne, je me suis naturellement tournée vers cette drogue », explique-t-elle.

Carissa Sutherland en format portrait. Carissa Sutherland, qui travaille comme paire aidante à l'organisme Portland Hotel Society, consomme des opioïdes depuis 10 ans. Elle espère prendre part au programme de distribution d'opioïdes. Photo : Radio-Canada / Rafferty Baker

Il y a deux ans, elle estime avoir touché le fond quand elle a fait une surdose dans les toilettes d’un restaurant. Elle a pu être sauvée par quelqu’un qui l’a retrouvée à temps.

Aujourd'hui, elle consomme toujours, mais elle fait ses injections au centre de prévention de surdoses Molson, où elle travaille également.

Superviser les injections en fournissant la substance

Les comprimés d'hydromorphone, qui sont fabriqués pour être pris par voie orale, seront écrasés et transformés en drogue injectable, tout comme l'héroïne.

C'est la première fois au Canada que les opioïdes sont prescrits de cette façon, une idée qui est venue directement des utilisateurs.

Coco Culbertson, qui supervise ce projet pilote à la PHS, explique que la posologie sera établie par un médecin et que les participants seront en mesure de recevoir jusqu'à cinq doses par jour. Ils s’injecteront la drogue sous la supervision du personnel et des bénévoles de la PHS.

Coco Culbertson rappelle que les pilules, qui valent environ 36 cents quand elles sont achetées légalement, coûtent entre 20 et 30 $ aux utilisateurs de drogue dans la rue.

Selon Carissa Sutherland, une personne dépendante peut acheter ces drogues jusqu'à quatre à cinq fois par jour, en achetant parfois plusieurs pilules chaque fois.

« Nous voulons offrir le programme à des gens qui ont fait de nombreuses surdoses et qui sont vulnérables aux drogues toxiques dans la rue », explique Coco Culbertson.

Environ 75 personnes sont sur une liste d'attente pour bénéficier du programme.

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