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La Royal Navy en renfort pour stopper les migrants de la Manche

Trois hommes à la dérive dans un canot gonflable sur la Manche.
Ces migrants tentant de traverser la Manche dans un canot gonflable ont été interceptés par une embarcation de l'association française Les Sauveteurs en mer le 4 août 2018, au nord de Calais. Photo: Getty Images / Pigiste
Radio-Canada

Un navire de l'armée britannique a été dépêché dans la Manche pour contrer les tentatives croissantes de traversées de migrants qui veulent atteindre les côtes anglaises depuis le nord de la France à bord d'embarcations de fortune.

Le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a confirmé que le HMS Mersey a quitté le port de Portsmouth jeudi. Ce déploiement fait suite à une demande du ministère britannique de l'Intérieur, qui en assumera le coût.

Selon Londres, 539 personnes se sont lancées dans cette dangereuse traversée en 2018, dont 80 % dans les trois derniers mois. Dans le seul mois de décembre, 239 personnes ont tenté le coup.

Aucun d’entre eux n’a perdu la vie, comme cela a été le cas, au cours des dernières années, pour des milliers de migrants qui ont tenté d’atteindre l’Europe en franchissant la Méditerranée depuis la Turquie ou la Libye.

Le périple n’en est pas moins dangereux pour autant, en raison de la densité du trafic maritime dans la Manche, des forts courants et de l’eau glacée.

Le rôle du navire de patrouille de la Royal Navy consistera à « assister la police aux frontières et les autorités françaises dans leur réponse aux traversées de migrants », a indiqué le ministre Williamson dans un communiqué publié tard jeudi soir.

Trois embarcations des gardes-frontières britanniques sont déjà déployées dans la Manche, et ils seront rejoints par deux autres, déployés jusqu’ici dans la Méditerranée pour y secourir des migrants.

Sajid Javid parle avec un grade-frontière dans la cabine d'un navire de patrouille.Le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid (à gauche) a rencontré des membres de la police frontalière, mercredi, à Douvres. Photo : Getty Images / Gareth Fuller/WPA Pool

Le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid, a indiqué que sa priorité « est de continuer à protéger la frontière britannique et d'empêcher la perte de vies humaines dans la Manche ».

Il s'agit d'une mesure provisoire jusqu'à ce que les deux navires de la police aux frontières que j'ai redéployés de l'étranger rejoignent les eaux britanniques.

Sajid Javid, ministre britannique de l’Intérieur

Dimanche, le Royaume-Uni a convenu avec la France d’un « plan d'action renforcé », prévoyant plus de patrouilles, une lutte accrue contre les trafiquants et des efforts de sensibilisation auprès des migrants.

Mercredi, un Britannique de 24 ans et un Iranien de 33 ans ont été arrêtés à Manchester en lien avec ces traversées. Ils sont suspectés « d’organiser les déplacements illégaux de migrants à travers la Manche ».

Le ministre Javid, qui a qualifié l’arrivée de migrants sur les côtes britanniques d’« incident majeur » en fin de semaine, s’est englué dans une controverse mercredi en remettant en doute leur statut de réfugié.

Ces propos lui ont attiré les critiques d’organisations humanitaires et de l’opposition travailliste, qui a accusé les conservateurs d’entretenir un « environnement hostile » pour les réfugiés et de vouloir faire fi de la Convention de Genève, qui les protège.

Le Royaume-Uni exerce historiquement beaucoup d’attrait pour les réfugiés d’Afrique, du Moyen-Orient ou de l’Asie. Ceux qui tentent d’y entrer clandestinement le font le plus souvent en se cachant dans des véhicules empruntant des traversiers ou le tunnel sous la Manche.

Une dizaine de migrants courent derrière un camion de marchandise. Des migrants courent après un camion de marchandise pour tenter d'en ouvrir la porte arrière, à Ouistreham, en Normandie, le 18 septembre 2018. Leur objectif est de se cacher dans la boîte avant que la camion ne monte sur un traversier se rendant en Angleterre. Photo : Getty Images / CHARLY TRIBALLEAU
Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, et Guardian

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