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  • Cambodge : Pol Pot et les Khmers rouges chassés du pouvoir

    Pol Pot assis accorde une entrevue.
    Le 7 janvier 1979, le régime des Khmers rouges du dictateur Pol Pot tombe sous les coups d'une invasion militaire par le Vietnam. Photo: Radio-Canada

    Le 7 janvier 1979, un des pires cauchemars qu'une société n'ait jamais vécus commence à se terminer au Cambodge. Le dirigeant Pol Pot et sa dictature tombent sous l'assaut d'une invasion militaire lancée par le Vietnam. Nos journalistes nous rappellent cette page dramatique de l'histoire.


    L’enfer renvoyé sous terre

    À la fin de 1978 et au début de 1979, le Vietnam envahit le Cambodge voisin.

    Si l’agression est condamnée par la communauté internationale, elle se révèle être pour les Cambodgiens une bénédiction.

    Les Vietnamiens ouvrent les frontières du Cambodge et autorisent plusieurs équipes de télévision internationales à venir observer ce qui s'y est passé.

    Les journalistes constatent presque immédiatement qu’ils franchissent les portes de l’enfer.

    Le journaliste Gil Courtemanche nous rappelle l’effroyable histoire contemporaine du Cambodge dans un reportage de 25 minutes, que diffuse Le Point le 14 mars 1985.

    Entre avril 1975 et l’invasion vietnamienne de 1978-1979, le Cambodge vit sous la botte d’une dictature d’une cruauté rarement égalée.

    Un gigantesque camp de travail

    Pol Pot, le chef du parti communiste qui a pris le pouvoir en avril 1975, veut transformer le Cambodge en une société totalement nouvelle : la République populaire du Kampuchéa.

    Ce nouveau Cambodge serait purgé de tous ses éléments capitalistes et occidentaux et constituerait une société agraire que ne polluerait aucun privilège. Cette transformation ne se fera pas sans casser beaucoup d'œufs.

    Avec l’aide des soldats de sa guérilla, que le monde connaît bientôt comme les Khmers rouges, Pol Pot transforme son pays en un gigantesque camp de travail.

    La torture, les exécutions sommaires, la famine deviennent le lot quotidien des sept millions de Cambodgiens. Les premières équipes de télévision internationales autorisées à venir au Cambodge depuis presque quatre ans ne peuvent que le confirmer.

    Les Khmers rouges ont perpétré un génocide contre leur peuple.

    On ne dispose pas de statistiques précises. On estime cependant qu'entre un et trois millions de Cambodgiens sont morts aux mains de Pol Pot et de ses sbires.

    Un rare moment de télévision

    C’est du théâtre, ce n’est pas la réalité.

    Heng Samrin, président du Conseil d’État du Cambodge en entrevue avec Gil Courtemanche

    L’équipe de Radio-Canada qui accompagne Gil Courtemanche constate, elle aussi, l’étendue des crimes perpétrés par Pol Pot et les dirigeants khmers rouges.

    Pourtant, ils ont été chassés du pouvoir depuis déjà six ans.

    La partie la plus stupéfiante du reportage de Gil Courtemanche est un des segments d’une interview qu’il effectue avec Heng Samrin. On trouve cet extrait dans la dernière partie du reportage. Heng Samrin est alors président du Conseil d’État du Cambodge.

    Mais au moment où les Khmers rouges s'emparent du pouvoir, Heng Samrin avait des fonctions très différentes.

    Il était un des principaux dirigeants de la guérilla communiste avec Pol Pot. Il a notamment été un des principaux responsables de la prise de Phnom Penh, la capitale du Cambodge.

    Heng Samrin n’aurait pas commis d’actes génocidaires. Il aurait cependant ordonné d’autres violations des droits de la personne durant le règne des Khmers rouges.

    Malgré les questions répétées de Gil Courtemanche, Heng Samrin nie catégoriquement l’ampleur des atrocités commises contre les Cambodgiens par les Khmers rouges.

    Au plus, il évalue même à seulement un millier le nombre d'opposants exécutés pour des raisons politiques par Pol Pot et les Khmers rouges.

    Heng Samrin parle d'une voix toute douce. Gil Couchemanche, pour sa part, est très poli et ne hausse le ton à aucun moment.

    Le ton presque feutré de cette entrevue contraste fortement avec l’horreur du propos. Rarement un journaliste a l’occasion de discuter avec une personne ayant un tel passé.

    C’est une entrevue qui ne fait pas d’étincelles, mais qui est un rare moment de télévision.

    Pol Pot est décédé le 15 avril 1998. Ni les Cambodgiens ni la communauté internationale n’ont pu le punir pour ses crimes.

    Seuls quelques dirigeants khmers rouges ont été condamnés par ce qu’on appelle les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, établies avec l'aide des Nations unies, pour juger les crimes de génocide.

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