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PolySeSouvient presse Québec d'appliquer la loi sur l'enregistrement des armes d'épaule

Un tireur dans un champ de tir.

Un tireur dans un champ de tir.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Alors que le registre québécois des armes à feu est plutôt vide à quelques semaines de la date butoir pour l'enregistrement des fusils de chasse et des carabines, PolySeSouvient veut que le gouvernement de François Legault soit plus convaincant afin qu'il se remplisse.

Dans ce but, le collectif dévoile un sondage indiquant que la majorité des Québécois souhaitent que la loi imposant l'immatriculation de ces armes soit intégralement et immédiatement appliquée, y compris les amendes pour les récalcitrants.

Si Québec indique clairement que les amendes, allant de 500 $ à 5000 $, seront imposées dès le premier jour, PolySeSouvient croit que cela va contrecarrer le mouvement de protestation en cours.

Il est mené par des groupes pro-armes à feu, qui incitent au boycottage du registre, ou à un enregistrement des fusils à la toute dernière minute, histoire de pouvoir démontrer qu'il est inutile tant le nombre d'enregistrements est faible.

Message clair

L'arme d'épaule est utilisée pour la chasse

L'arme d'épaule est utilisée pour la chasse

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le collectif en faveur du contrôle des armes à feu espère ainsi que le gouvernement québécois leur enverra un message clair en leur disant que la Loi sur l'immatriculation des armes à feu sera appliquée à la lettre.

« Car on est pas mal certains que la majorité des participants [au boycottage] n'ont pas l'intention de payer 500 $ par arme non enregistrée, mais comptent sur peut-être la faiblesse ou la peur du gouvernement, et le fait qu'il céderait à la dernière minute pour dire que les amendes ne s'appliqueront pas », a expliqué en entrevue téléphonique Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient.

Les Québécois ont jusqu'au 29 janvier pour enregistrer leurs armes à feu de catégorie « non restreinte ».

On parle ici de façon générale des armes utilisées pour la chasse, comme les fusils ou les carabines. Les autres types d'armes, soit les armes à feu prohibées et à autorisation restreinte, ne sont pas visés par la Loi sur l'immatriculation des armes à feu.

Seulement au Québec

Les armes à feu non restreintes ou armes d'épaule n'ont pas besoin d'être enregistrées ailleurs au Canada, une situation que les groupes québécois anti-registre jugent d'ailleurs discriminatoire. Ils ont d'autres arguments, notamment celui faisant valoir l'échec du défunt registre fédéral qui n'a, selon eux, servi à rien tout en coûtant fort cher.

C'est notamment dans ce contexte de boycottage que PolySeSouvient a commandé ce sondage.

On arrive à un moment critique de la mise en oeuvre de la loi, et on voulait remesurer l'opinion publique pour que le gouvernement sache que ce n'est pas vrai que la majorité du public est contre, mais qu'au contraire, la grande majorité du public est en faveur de l'enregistrement et de l'application de la loi.

Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient

Selon elle, « c'est une chose de dire que les propriétaires d'armes sont contre, et une autre de dire que la population est contre ».

Pour preuve, elle montre les résultats du sondage web qui a été réalisé par la firme Léger, du 21 au 26 décembre 2018, auprès d'un échantillon de 1008 Québécois, âgés de 18 ans ou plus.

Majorité de Québecois en faveur du registre

La firme de sondage rapporte que 78 % des Québécois souhaitent l'application de la loi dès son entrée en vigueur.

De ce total, 62 % sont tout à fait d'accord et 16 % plutôt d'accord avec l'énoncé suivant : « La loi sur l'immatriculation des armes à feu devrait s'appliquer intégralement dès son entrée en vigueur, incluant l'émission d'amendes en cas de non-respect délibéré. »

Par contre, 9 % des répondants étaient tout à fait en désaccord avec l'énoncé, 7 % plutôt en désaccord, et 6 ne savaient pas ou ont refusé de répondre.

Le collectif PolySeSouvient souligne que si le coup de sonde indique que l'appui envers l'application de la loi est le plus important dans la grande région de Montréal (84 %), il est aussi majoritaire dans toutes les régions du Québec, quoique dans une moindre mesure : dans l'Est-du-Québec (78 %), dans le centre (75 %) et dans l'ouest (66 %).

À noter que les experts en recherche et en méthodologie jugent qu'il est impossible d'attribuer une marge d'erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d'échantillonnage est non probabiliste.

Le registre

Des armes d'épaule sont déposées sur du foin.

Deux associations contestaient la création d'un registre québécois des armes d'épaule. La Cour supérieure a confirmé la validité constitutionnelle de celui-ci le 18 octobre 2017.

Photo : iStock

Selon les plus récents chiffres du ministère de la Sécurité publique, datant du 20 décembre, 284 125 armes ont été immatriculées jusqu'à maintenant.

Il s'agirait de moins de 20 % du nombre de fusils de chasse et de carabines se trouvant au Québec.

On ignore exactement combien d'armes d'épaule se trouvent dans la province, a fait savoir le ministère de la Sécurité publique.

On sait toutefois que lorsque le registre fédéral des armes d'épaule a été démantelé en 2012 par les conservateurs de Stephen Harper, 1,6 million de telles armes à feu étaient entre les mains de Québécois.

Au bureau de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, on a répété jeudi des propos qu'elle a tenus en décembre dernier : le gouvernement mise sur la sensibilisation plutôt que sur la répression par amendes pour l'instant, et invite tous les propriétaires à enregistrer leurs armes, a indiqué son directeur des communications Jean-François Del Torchio.

Mais pour Heidi Rathjen, ce n'est pas assez.

Les propriétaires d'armes sont au courant qu'ils doivent les immatriculer, dit-elle. Ce n'est pas par manque d'information qu'ils ne l'ont pas encore fait. C'est parce qu'ils s'y opposent.

PolySeSouvient estime qu'il serait inacceptable pour le gouvernement de reculer et de ne pas imposer les amendes. Car la Loi sur l'immatriculation des armes à feu a été dûment adoptée par l'Assemblée nationale en juin 2016, rappelle-t-elle. Et cela, par une imposante majorité de députés : 99 contre 8.

Sept de ces huit opposants étaient toutefois des députés caquistes à ce moment. Et deux sont maintenant ministres dans le gouvernement de François Legault.

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