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Profession : futuriste en chef

Une carte du monde sur laquelle sont tracées des lignes courbes représentant un réseau de connexions.

Internet

Photo : iStock / tonefotografia

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Toutes les fois où je suis retourné chez moi pour Noël, ma mère me demandait : "Qu'est-ce que tu fais comme travail exactement?" »

Peter Padbury est le futuriste en chef d'Horizons de politiques Canada, un groupe de réflexion méconnu de la fonction publique fédérale.

Le principal intéressé explique son travail par un passage du livre L'art de la guerre, de Sun Tzu.

« Dans un chapitre, il conseille aux généraux de gravir la plus haute colline et d'essayer d'avoir la meilleure vue d'ensemble possible, du champ de bataille dans son cas. »

De la même manière, l'équipe de futuristes d'Horizons de politiques Canada essaie jour après jour de déterminer « le relief qui se pointe à l'horizon, quels sont les défis et les opportunités » pour le pays.

Ils se projettent dans l'avenir sur un maximum de 10 à 15 ans.

« Nous ne prédisons jamais le futur. Personne ne peut le prévoir. Nous prenons les indicateurs de changement et les signaux et nous regardons une panoplie de futurs possibles, mais pas un seul. »

— Une citation de  Peter Padbury, futuriste en chef du Canada

Pour y arriver, ils surveillent les facteurs de changement, ce qu'ils appellent les « signaux faibles ». Cela peut se traduire par une innovation technologique ou l'émergence d'un mouvement social.

Une fois qu'une tendance et ses causes sont déterminées dans un domaine précis, comme dans le monde du travail, par exemple, l'équipe pourra élaborer des scénarios futuristes, mais foncièrement réalistes.

Ce nouveau « contexte » ainsi créé, poursuit M. Padbury, servira aux fonctionnaires afin d'établir leurs politiques ou « pour identifier de quelle manière celles en place pourraient être influencées ».

Défis majeurs

« Vérité dans un monde postfactuel », « contamination massive de la nature », « érosion de la culture et de l'histoire », « vivre selon la capacité de peuplement de la planète » ; voilà quelques exemples de sujets traités dans le rapport « sur les enjeux émergents » (Nouvelle fenêtre) publié plus tôt cet automne.

Les changements anticipés sont souvent écrits au présent, « parce que ça devient plus facile pour les gens de les concevoir », affirme Peter Padbury.

Hautes cheminées rouges et blanches crachant de la fumée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le plan fédéral de tarification du carbone vise à faire diminuer les émissions de GES, responsables du réchauffement climatique, dans l'atmosphère.

Photo : Reuters / Peter Andrews

Dans le cas de la pollution ambiante, les futuristes prévoient une hausse de la présence de certains produits chimiques.

« Les brises mélangent les émissions chimiques et les particules atmosphériques, les courants mélangent les effluents ménagers et industriels ainsi que les particules en suspension dans l’eau. Ces cocktails chimiques peuvent créer de nouveaux poisons ambiants très puissants », peut-on lire.

Mais avant d'émettre de telles hypothèses, les futuristes complètent leurs recherches par des entrevues avec divers experts, ou font appel à des collègues futuristes ailleurs dans le monde.

Pour leur plus récent document de 116 pages, des experts de 60 pays ont été consultés et 600 signaux faibles ont été analysés.

Optimisme

Beaucoup d'enjeux traités par l'équipe paraissent catastrophiques.

Comme ces génies de l'informatique prêts à « pirater nos vies » au moyen de nos objets connectés, ou ces systèmes de surveillance « dissimulés ou déguisés en gadgets de tous les jours » pour nous épier.

M. Padbury refuse toutefois de ne voir que le mauvais côté de la médaille.

« Je pense que je suis un optimiste, je vois plusieurs bonnes choses qui se produisent. Derrière chacun de ces problèmes se cache une opportunité. »

— Une citation de  Peter Padbury

Certaines tendances anticipées sont en elles-mêmes positives, notamment en ce qui concerne la modernisation et la mondialisation des soins de santé.

Le chercheur en prospective a vu neiger, lui qui pratique depuis une trentaine d'années, dont neuf à Horizons.

« Plusieurs des choses que nous avions imaginées se produisent », admet-il.

Le cas de l'intelligence artificielle lui vient instinctivement en tête. « Les gens possèdent des assistants comme Google Home ou Alexa à la maison », cite-t-il en exemple.

Mais des choses leur échappent aussi régulièrement.

« Nous n'avions pas anticipé Donald Trump. Nous n'avions pas anticipé la montée des mouvements populistes. Il y a toujours des surprises. »

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