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Une militante malécite lance un cri du coeur pour préserver la langue française

Une photo d'Isabelle Wallace.

Isabelle Wallace a fait une maîtrise en science de la santé.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Une militante autochtone du Nouveau-Brunswick s'inquiète pour l'avenir de la langue française dans la province. Comme le déclin de certaines langues a déjà été observé par le passé, notamment chez son peuple, elle lance un cri du coeur pour que la société tire des leçons de l'histoire autochtone.

Isabelle Wallace est une jeune femme engagée de la Première Nation malécite du Madawaska, au Nouveau-Brunswick.

Elle a lancé un cri du coeur sur les réseaux sociaux cette semaine afin de déplorer le fait qu’avec les années et malgré les efforts, sa langue autochtone soit en déclin. Je ne peux ni lire, ni parler ou comprendre ma langue – le wolastoqiyik (malécite), écrit-elle dans une lettre.

D'ailleurs, il ne reste plus un seul locuteur de wolastoqiyik sur ma réserve.

Isabelle Wallace, militante malécite

Un déclin aussi francophone

Toutefois, ses inquiétudes ne s’arrêtent pas là. Elle fait un parallèle entre les tentatives d'assimilation dont ont été victimes les communautés autochtones et la situation qui se passe avec les francophones au Nouveau-Brunswick.

Je crains qu’un jour, cette assimilation se répète. Je crains qu’un jour, mes petits-enfants anglophones disent qu’une de leurs ancêtres était francophone, affirme-t-elle.

Croyez-moi, je ferai tout en mon possible pour préserver ma langue, mais c’est sûrement ce que mes ancêtres malécites ont dit, eux aussi.

Isabelle Wallace, militante malécite

C’est le parallèle que je vois aussi avec les Autochtones. C’est une bataille que l’on fait aussi chaque jour, ajoute-t-elle. Mon message est que ça pourrait arriver, des communautés francophones qui deviennent anglophones.

Sa lettre écrite sur les réseaux sociaux a semblé trouver écho. Son message a été partagé plus de 300 fois, dont par la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick. Je ne m’attendais pas à avoir autant de réactions! raconte-t-elle.

S’inspirer des leçons de l’histoire autochtone

Isabelle Wallace croit qu’une partie du problème pourrait être réglée en faisant mieux connaître l’histoire des Autochtones. On apprend de l’histoire pour ne pas que les événements se répètent.

On était des milliers, maintenant on est quelques centaines, mentionne-t-elle à propos des Malécites qui parlent encore leur langue.

Toutefois, la jeune femme s’inquiète que cet aspect de l’histoire ne soit pas enseigné dans les écoles. Je n’ai jamais entendu parler de cette histoire-là, et je ne trouve pas ça normal.

L’histoire des peuples micmacs et malécites est presque complètement ignorée.

Isabelle Wallace, militante malécite

Selon elle, une fois qu'on a pris conscience de la gravité de ce qu’elle appelle le « génocide culturel » des Autochtones, il est plus facile d’être sympathique aux revendications des francophones qui cherchent à préserver leur langue.

Affiche avec l'inscription Première Nation malécite du MadawaskaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Première Nation malécite du Madawaska

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau

Même si elle cite l’exemple autochtone pour mettre la population en garde contre les risques de disparition d'une langue, la jeune femme refuse d’être défaitiste à propos de l’avenir de la culture malécite.

On existe encore. On est encore là. Je représente mes ancêtres.

Isabelle Wallace, militante malécite

Elle promet de continuer de se battre bec et ongles pour assurer l’avenir de sa nation.

Par ailleurs, l'UNESCO a décrété que 2019 est l'année des langues autochtones.

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