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L’avez-vous vu? Trop de femelles chez les tortues vertes et une chanson pour New Horizons

Bernard Barbeau

Une banque de lait de centaines d'espèces de mammifères, les conséquences imprévues des changements climatiques sur certaines tortues, un grand mystère géologique nouvellement expliqué, un exosquelette permettant de soulever 90 kg presque sans effort. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer cette semaine.


1. Imminente surreprésentation des femelles chez les tortues vertes

Une tortue verte vue sous l'eau.La tortue verte est déjà une espèce menacée. Photo : iStock

Le réchauffement climatique mettrait en danger l’équilibre des sexes chez certaines tortues marines.

Une récente étude portant sur la population de tortues vertes de Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest, dont les résultats ont été publiés dans le journal Global Change Biology, indique que d’ici 2100, de 73 % à 93 % des nouveau-nés de cette espèce menacée d’extinction pourraient être des femelles, ce qui rendrait fort difficile la fécondation des œufs des générations suivantes.

Comme chez d’autres espèces de reptiles et de poissons, la température d’incubation des œufs de tortues vertes a un effet sur le sexe de l’animal à naître. À moins de 29 °C, elles sont plus susceptibles d’être des mâles. Au-delà de cette température, c’est le contraire. Et au-delà de 33 °C, la très vaste majorité des nouveau-nés seraient des femelles.

Présentement, environ 52 % des nouveaux spécimens sont des femelles, mais la hausse des températures observée depuis quelques années commence à faire son œuvre, selon les auteurs de l'étude.

Qui plus est, l’élévation du niveau de la mer entraîné par les changements climatiques pourrait submerger jusqu’à 43 % des zones de nidification actuelles des tortues vertes.

L’étude a été réalisée par des biologistes de l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni, et du Centre des sciences marines et environnementales du Portugal, qui se sont basés sur les plus récentes prévisions de réchauffement du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).


2. Un avion électrique pourrait bientôt filer à près de 500 km/h

Un petit avion.Cet appareil à zéro émission pourrait bientôt déchirer le ciel à une vitesse de 480 km/h. Photo : Rolls-Royce plc

La société britannique Rolls-Royce plc dirige un groupe qui a entrepris de construire un avion 100 % électrique censé battre des records en atteignant une vitesse de 480 km/h.

Le record actuel, de 338 km/h, a été établi en 2017 par Siemens.

Le speedster électrique à zéro émission de Rolls-Royce est en cours de développement dans le cadre du programme Accelerating the Electrification of Flight (ACCEL), financé en partie par le gouvernement britannique.

Le groupe travaille sur une batterie qui serait la plus puissante jamais installée dans un avion. Lorsqu'il sera opérationnel, le groupe motopropulseur fonctionnera à 750 V et l'avion bénéficiera d'une puissance maximale de 750 kW, de quoi alimenter 250 maisons en énergie.

Rolls-Royce est surtout connue pour sa division produisant des voitures de luxe. Or, celle-ci appartient aujourd’hui au constructeur allemand BMW. Rolls-Royce plc est plutôt un fabricant de moteurs d'avions et de navires, et un concepteur de navires.


3. Traire des gorilles, des ours et des tatous pour étudier leur lait

Une femelle gorille allaite son petit.Il faut beaucoup de patience, de complicité et de cacahuètes pour convaincre une gorille de se laisser traire. Photo : iStock / AMR Image

Les quelque 6500 mammifères de la planète produisent du lait, mais celui-ci demeure une substance rarement étudiée – à moins, bien sûr, qu’il ne vienne de l’humain, de la vache, voire de la chèvre. L’institut Smithsonian et son parc zoologique national, à Washington, comptent bien changer cela, a rapporté le Washington Post.

Le laboratoire de nutrition du zoo renferme un énorme congélateur où sont stockés des échantillons de lait provenant de centaines d’espèces : des hippopotames, des zèbres, des gorilles, des orangs-outans, des marmousets, des ours, des éléphants, des tatous… Des animaux qui ne se laissent pas tous traire facilement.

Le lait, c’est le superaliment des animaux, a expliqué Mike Power, le chercheur du Smithsonian qui dirige cette collection. Regorgeant de graisses, d’éléments nutritifs, d’anticorps et d’hormones naturelles, c'est un puissant mélange biochimique qui transforme des nouveau-nés sans défense en adultes autonomes.

Mais le lait contient également des indices sur le passé évolutif des animaux et sur leur vie actuelle. Mieux le comprendre pourrait nous aider à assurer l’avenir de certaines espèces, a estimé M. Power. Armés d’une centrifugeuse, d’un spectromètre de masse et d'autres instruments, les scientifiques du zoo séparent les composants de chaque échantillon de lait.

Lorsque Mike Power a prélevé ses premiers échantillons sur des tatous à neuf bandes, il a été surpris de découvrir que leur lait contenait 11 % de protéines et jusqu'à 3,6 % de minéraux. Ces proportions semblaient étrangement élevées pour un petit insectivore – jusqu'à ce qu'il réalise que les bébés tatous utilisaient probablement ces nutriments pour créer leurs carapaces.

Une grande partie du développement des bébés est influencé par des signaux biochimiques produits dans le lait, a souligné le scientifique. Le suivi de ces signaux pourrait révéler comment le corps des mères répond aux maladies et aux autres besoins de leurs petits.


4. La Grande Discordance peut-être expliquée

Des strates rocheuses bien distinctes.La Grande Discordance, observée sur le bord de la rivière Colorado, dans le Grand Canyon, où du grès de Tapeats datant d'il y a 550 millions repose directement sur du schiste de Vishnu datant d'il y a 1,7 milliard d'années. Photo : iStock / William Dummitt

Des chercheurs pensent avoir trouvé une explication pour la disparition d'importantes strates rocheuses constatée à plusieurs endroits du monde, notamment dans le Grand Canyon. Un phénomène appelé « Grande Discordance » qui intrigue les géologues depuis sa découverte en 1869.

Les strates manquantes sont celles qui dateraient de 250 millions à 1,2 milliard d’années.

On trouve un peu partout une couche minérale datant de la période cambrienne, qui a débuté il y a environ 540 millions d'années et qui a laissé derrière elle des roches sédimentaires remplies de fossiles complexes. Or, en certains endroits, on trouve directement en dessous une couche cristalline exempte de fossiles, qui s'est formée il y a environ 1 milliard d'années. Où sont donc les 500 millions d’années de sédiments accumulés qui devraient se trouver entre les deux?

L’équipe du Pr Brehhin Keller, du Berkeley Geochronology Center, en Californie, montre du doigt l’érosion qu’aurait entraînée l’ère de la « Terre boule de neige ». Il s’agit d’une hypothèse généralement acceptée qui veut que la surface de la Terre ait été presque entièrement couverte de glace il y a autour de 700 millions d’années. Mais il pourrait y avoir eu plus d'un épisode du genre.

D’énormes glaciers se seraient alors déplacés en arrachant plusieurs couches sédimentaires et en les transportant jusque dans les océans. Les sédiments auraient ensuite poursuivi leur chemin jusque dans le manteau terrestre, aspirés par le glissement des plaques tectoniques. Environ le tiers de la croûte terrestre aurait ainsi été « scié », avancent les chercheurs.

Et c’est ainsi qu’aurait été effacé jusqu’au cinquième de l’histoire géologique de la Terre, en certains endroits.

Les travaux du Pr Keller et de son équipe ont été publiés dans les derniers jours dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.

Les auteurs de l’étude ont dit s’attendre à un certain scepticisme chez leurs confrères. « Mais je pense que nous disposons de preuves extraordinaires pour appuyer cette affirmation extraordinaire », a déclaré le Pr Keller au National Geographic.


5. Un exosquelette permettant de soulever 90 kg avec un effort minimal

Un exosquelette, notamment constitué de bras et de jambes robotisés, porté par un homme.Le robot Guardian XO Max est censé multiplier par 20 l'effort physique de son utilisateur. Photo : Sarcos Robotics

Le robot élévateur que conduisait Sigourney Weaver dans le deuxième volet de la série Alien devient réalité.

L’entreprise américaine Sarcos entend commercialiser prochainement le robot Guardian XO Max, un exosquelette industriel qui augmente la force physique de celui qui le porte, lui permettant de soulever « facilement, confortablement et de manière sécuritaire » jusqu’à 90 kilos (200 livres).

« Né du besoin de travailler plus efficacement tout en évitant les blessures, le robot Guardian XO représente la synergie parfaite entre l'homme et la machine et va révolutionner la façon dont le travail s’accomplit », affirme Sarcos sur son site web.

L'un des principaux défis qu’a dû relever la compagnie pour développer un modèle efficace était de le rendre capable de fonctionner avec une pile suffisamment petite. Pour que l’exosquelette soit pratique et commercialement viable, il devait pouvoir fonctionner pendant une période de temps substantielle sans câble d’alimentation.

« Nos innovations en matière d'optimisation de l'utilisation de l'énergie nous ont permis de réaliser ce qu'aucune autre entreprise de robotique au monde n'avait été capable de faire : alimenter un robot humanoïde pendant huit heures avec une seule charge », a expliqué Ben Wolff, PDG de Sarcos.

Reste à savoir combien coûtera un tel engin. Sarcos compte le proposer d'abord à la location, et ce, à partir de la fin de 2019.


6. Une espèce de grenouille nouvellement identifiée

La grenouille sur un fond blanc.La peau de la grenouille nouvellement découverte est brune et ponctuée de taches orange. Photo : Université pontificale catholique d'Équateur

La cordillère du Condor, dans les Andes équatoriennes, a été le théâtre d’une grande découverte effectuée par une petite équipe de l’Université pontificale catholique de l'Équateur : une grenouille arboricole jamais vue auparavant.

Cet amphibien, une rainette, a la peau brun foncé parsemée de petites taches orange. Il a pour particularité une excroissance inhabituelle en forme de griffe à la base du pouce, appelée « prépollex ». Il semble s’agir en fait d’un doigt non développé et son utilité demeure un mystère.

Le biologiste Santiago R. Ron, qui dirigeait l’expédition, avance cependant une hypothèse : la grenouille pourrait s’en servir pour se battre, que ce soit avec des prédateurs ou des rivaux de la même espèce.

L’équipe a examiné six spécimens, soit une femelle adulte, trois mâles adultes et deux femelles juvéniles. Elle a procédé à des tests d’ADN pour les comparer à des espèces similaires.

Elle a conclu, dans le journal ZooKeys, que la grenouille représentait une nouvelle espèce du genre Hyloscirtus, qui en comptait déjà 37, et lui a donné le nom de « Hyloscirtus hillisi » en l'honneur de David Hillis, biologiste américain spécialiste des amphibiens et des reptiles des Andes, qui a découvert trois autres espèces du même genre.

H. hillisi risque déjà l'extinction, son habitat naturel étant menacé par les activités d'une mine voisine.


7. Un membre de Queen lance une chanson pour la sonde New Horizons

Brian May sur scène avec sa guitare.Brian May lors d'un spectacle de Queen + Adam Lambert, à Las Vegas, en septembre dernier. Photo : Getty Images / Ethan Miller

Guitariste du mythique groupe britannique Queen, mais aussi astrophysicien, Brian May a lancé cette semaine une nouvelle chanson pour souligner le passage de la sonde New Horizons de la NASA à proximité de l'objet céleste Ultima Thulé, situé à quelque 6,4 milliards de kilomètres de la Terre.

« Ce projet a fait de la musique dans ma tête », a déclaré Brian May. « La musique d’un objet filant dans l’espace plus vite que quoi que ce soit auparavant. »

« La curiosité de l’humanité et son besoin d’explorer sont au coeur de cette mission », a-t-il estimé.

Le musicien a intitulé « New Horizons » la chanson qu’il a écrite en collaboration avec le parolier Don Black, qui incorpore des citations du défunt physicien et cosmologiste Stephen Hawking.

Brian May a obtenu son doctorat en astrophysique de l’Imperial College, à Londres, en 2007.

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