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Des autopsies pour évaluer les effets de la poudre McIntyre

Les trois personnes assises sur le canapé de leur maison.
Janice Martell, fondatrice du McIntyre Powder Project, entourée de son père Jim et de sa mère Elaine Hobbs. Photo: Radio-Canada / Yvon Thériault
Radio-Canada

Janice Martell, qui mène une croisade pour faire reconnaître la poudre d'aluminium comme étant responsable de maladies industrielles, invite des familles de mineurs exposés à la substance à réclamer des autopsies. Selon elle, les autopsies permettront éventuellement de faire un lien entre les effets néfastes de la poudre et les problèmes de santé éprouvés par des travailleurs.

Lorsqu'il travaillait comme mineur à Elliot Lake, son père Jim Hobbs devait inhaler de la poudre McIntyre avant de descendre sous terre. Cette fine poussière d’aluminium était censée protéger ses poumons de la silicose, une maladie pulmonaire incurable.

Le procédé a été utilisé de 1940 jusqu'à 1979.

Lorsque Jim Hobbs est décédé en 2017, Janice Martell a demandé une autopsie.

Les objets personnels de Jim Hobbs, le père de Janice Martell qui mène le projet McIntyre.Les objets personnels de Jim Hobbs, le père de Janice Martell qui mène le projet McIntyre. Photo : Radio-Canada / Facebook/Janice Martell

Les résultats, dit-elle, révèlent que des problèmes cardio-pulmonaires ont contribué à son décès.

Elle souligne que l’autopsie a aussi soulevé plusieurs autres problèmes de santé qui étaient jusque-là passés inaperçus.

De plus, M. Hobbs était atteint de la maladie de Parkinson, que sa fille attribue aussi à la poudre.

Une boite de poudre d'aluminiumLa poudre d'aluminium devait protéger les mineurs contre la silicose, une maladie pulmonaire courante causée par les poussières de silice retrouvées dans les mines. Photo : Radio-Canada

Toujours pas d'indemnités

En 2015, Janice Martell a lancé le McIntyre Powder Project, un registre pour documenter et suivre les problèmes de santé des mineurs exposés à la poudre d’aluminium.

L’organisme tente d’obtenir des indemnités pour les anciens mineurs et leurs familles.

Toutefois, une enquête de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) de 2016 n’avait pu établir de liens entre les maladies et la poudre d’aluminium.

Un écriteau qui explique aux mineurs comment respirer la poussière d'aluminiumCes écriteaux étaient présents dans un vestiaire destinés aux mineurs en 1979 Photo : Radio-Canada / CBC News

Mme Martell encourage donc les familles d’autres mineurs à suivre son exemple et à demander des autopsies.

« On peut discuter autant qu’on le veut : “La poussière a fait ceci, la poussière n’a pas fait cela!” », affirme-t-elle. « Mais avec des résultats d’autopsie, on a des preuves à l’appui. »

Même si les examens post-mortem sont gratuits en vertu de la section 10 de la Loi sur les coroners, Mme Martell avoue qu’il n’est pas toujours facile de convaincre les familles.

« C’est un sujet difficile à aborder avec des mineurs toujours en vie ou avec leur famille », indique-t-elle.

Elle se souvient d’une conversation qu’elle a eue avec un mineur retraité.

« Il m’a dit : “Donc, on ne le saura pas avant que je meure?” Je lui ai répondu “C’est ça.” »

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