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Wall Street chute à cause d'Apple, dont la valeur a fondu de 75 milliards jeudi

Des consommateurs chinois dans un Apple Store.

Des Chinois font des emplettes dans un Apple Store, à Shenzhen.

Photo : Getty Images / Billy H.C. Kwok

Radio-Canada

Les marchés boursiers américains ont chuté lourdement, jeudi, affaiblis par la pire séance d'Apple depuis six ans sur fond de ralentissement économique en Chine et de statistiques alarmantes sur l'activité manufacturière aux États-Unis.

À la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 2,83 %. Le S&P 500, plus large, a cédé 2,48 % et le NASDAQ, indice phare des valeurs technologiques, 3,04 %.

Le titre d'Apple a perdu 9,96 %, sa pire séance depuis 2013. La chute a fait perdre environ 72 milliards de dollars de capitalisation boursière à l'entreprise. Le titre évolue désormais au plus bas depuis six mois après avoir lâché près de 40 % depuis début octobre.

Après avoir été la première entreprise américaine à avoir franchi la barre des 1000 milliards de dollars en valorisation boursière l'été dernier, Apple a perdu le tiers de sa valeur depuis, dont quelque 75 milliards de dollars jeudi uniquement. Elle vaut désormais moins que Microsoft, Amazon et Alphabet, maison mère de Google.

Apple a reconnu mercredi que son chiffre d'affaires et ses ventes d'iPhone ont été bien plus mauvais que prévu sur les trois derniers mois de 2018. Elle anticipe désormais des revenus de 84 milliards de dollars, contre 89 à 93 milliards dans sa prévision initiale pour la période octobre-décembre.

C'est l'ensemble du secteur de la technologie qui a été fragilisé par cette révision d'Apple. Jeudi, Alphabet a lâché 2,85 %, Amazon, 2,52 % et Facebook, 2,90 %. Les fabricants de composants électroniques comme Qualcomm (- 2,96 %) ou Nvidia (- 6,04 %) ont aussi été touchés, tout comme Boeing (- 3,99 %) et Caterpillar (- 3,85 %), sensibles à la santé de l'économie chinoise.

L'Institute for Supply Management (ISM), l'association américaine des directeurs d'achat, a de son côté fait état d'une nette décélération de la croissance de l'activité manufacturière en décembre, avec un indice à 54,1, au plus bas depuis deux ans.

L'indice ISM manufacturier, même s'il signale toujours une expansion, fait écho aux indices PMI décevants publiés cette semaine en Chine et dans la zone euro.

« On a maintenant suffisamment d'éléments pour penser que l'économie mondiale a connu un brutal ralentissement en fin d'année, dit Peter Tuz, président de Chase Investment Counsel. Les questions commerciales et d'autres dossiers géopolitiques sont les principaux facteurs. »

Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison-Blanche, a tenté sans succès de se montrer rassurant à CNN en indiquant que les entreprises américaines verraient leur activité se redresser une fois qu'un accord commercial aura été conclu avec Pékin.

Un signe de la faiblesse de l'économie chinoise?

L'abaissement de la prévision de chiffre d'affaires d'Apple pourrait constituer le signe d'un ralentissement plus marqué que prévu de l'économie chinoise, susceptible de contraindre de nombreuses entreprises à ajuster leurs anticipations sur ce marché.

Même si nous anticipions des difficultés dans des marchés émergents importants, nous n'avons pas mesuré l'ampleur de la décélération économique, surtout en Grande Chine.

Tim Cook, directeur général d'Apple, dans une lettre adressée aux investisseurs

Apple est dans une situation délicate en Chine, un pays important non seulement pour ses ventes, mais aussi parce qu'il y fabrique l'essentiel de ses produits qui sont ensuite exportés dans le monde entier.

L'arrestation le mois dernier à Vancouver de Meng Wanzhou, la directrice financière de son concurrent chinois Huawei, à la demande des États-Unis, a suscité une forte émotion en Chine.

Avant même cette arrestation, les fabricants chinois gagnaient déjà des parts de marché à Apple en Chine.

« Le problème plus large est le ralentissement de l'économie [chinoise], puis les tensions commerciales qui l'ont exacerbé », a dit Tim Cook.

Certains analystes s'interrogent cependant sur les propres initiatives de la société américaine, notamment son positionnement haut de gamme avec des prix toujours plus élevés.

Avec les informations de Reuters, et Agence France Presse

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