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Le Manitoba privatise des emplois dans la construction

Des travailleurs de la construction tiennent des panneaux de signalisation sur un chantier.

L’an dernier, 47 employés travaillaient à l’entretien des routes et le département des opérations spéciales compte plus de 100 employés.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Radio-Canada

Des dizaines d'employés saisonniers d'Infrastructure Manitoba perdront leur emploi à la reprise de la saison de la construction en raison de la privatisation qui touche le secteur.

Le gouvernement provincial est en train de privatiser les travaux d'entretien des routes, peut-on lire dans un avis communiqué au Syndicat des employés généraux le mois dernier.

L’an dernier, 47 employés travaillaient à l’entretien des routes et le département des opérations spéciales compte plus de 100 employés.

Selon des responsables provinciaux, il est encore trop tôt pour dire exactement combien de postes seront touchés étant donné que le budget de cette année n'a pas encore été finalisé.

Un conducteur de camion pour l'entretien des routes, Robert Stirling, est déçu que les rumeurs de la privatisation de son service se concrétisent.

« C’est dommage. Je viens d'acheter une maison et maintenant je dois trouver un autre travail, alors que je pensais être en sécurité avec celui-là », déplore-t-il.

Selon lui, les emplois de son équipe à Winnipeg, et ceux de deux autres équipes, à Dauphin et à Brandon, seront sous-traités. Il estime à 30 employés l'équipe dont il fait partie.

Le gouvernement n'a pas précisé la nature des postes qui seraient éliminés.

« Au cours des dernières années, sous le NPD et notre gouvernement, ce travail a été effectué de plus en plus par des entrepreneurs privés », affirme le ministre de l’Infrastructure du Manitoba, Ron Schuler. « Les entrepreneurs sont prêts à faire le travail, et nous sommes impatients de collaborer avec l'industrie afin de nous assurer que ce travail soit effectué de manière efficace et rentable ».

Un signe de notre temps

La présidente du syndicat des employés gouvernementaux et généraux du Manitoba (MGEU), Michelle Gawronsky, dit que les licenciements pourraient malheureusement être un signe de notre temps.

Le gouvernement progressiste-conservateur a promis de supprimer 1200 emplois de la fonction publique, principalement par attrition c'est à dire par des départs volontaires ou des départs à la retraite non renouvelés. Mais il était impossible au gouvernement de licencier des travailleurs en raison d'une clause de non-licenciement dans la convention collective provinciale avec la fonction publique.

Cette clause de non-licenciement expire cependant le 29 mars, lorsque l'accord du gouvernement avec le secteur public deviendra caduc.

« Il n'y aura plus rien pour arrêter les compressions du premier ministre », regrette Mme Gawronsky.

Selon le syndicat, environ 150 emplois gouvernementaux seront supprimés dans les privatisations, dont 50 dans les services spéciaux et aériens, 30 dans la pépinière provinciale située près de Hadashville, 8 emplois de traducteur et 11 postes aux services immobiliers du gouvernement.

En novembre dernier, Radio-Canada apprenait que le gouvernement du Manitoba allait éliminer 11 postes au Service de traduction de la province. La restructuration prévue concerne six traducteurs-réviseurs et un traducteur ainsi que quatre postes vacants qui seront également éliminés.

Michelle Gawronsky craint que la privatisation ne vienne aggraver la qualité des routes de la province, car les entreprises privées sont motivées par les profits.

Robert Stirling partage cette inquiétude. Selon le travailleur, les entrepreneurs privés auront de la difficulté à réaliser le travail efficacement.

Manitoba

Industrie de la construction