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Des politiciens canadiens iront en Chine malgré les tensions et les détentions

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises.
Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises. Photo: La Presse canadienne/Twitter

Alors que 5 des 13 Canadiens arrêtés par les autorités chinoises depuis le 1er décembre, dont Michael Kovrig et Michael Spavor, demeurent détenus, le voyage prévu de plusieurs députés et sénateurs en Chine en début d'année ira de l'avant, affirme un membre de la délégation canadienne.

Les sénateurs Victor Oh et Joseph Day ainsi que les députés Michael Cooper, Geng Tan, Majid Jowhari et Chandra Arya devraient arriver en Chine le 5 janvier.

« S'il y avait un risque, nous n'irions pas », a assuré au réseau CBC Michael Cooper, le seul député conservateur de la délégation.

Le député d’Alberta a affirmé que la décision avait été prise par le ministère des Affaires étrangères, de concert avec les représentants de l’ambassade. « Le message qu'ils ont envoyé était qu'il serait avantageux pour nous d'y aller », a-t-il soutenu, évoquant une conversation entre Joseph Day et le Ministère.

Il est ressorti de cette discussion qu'annuler le voyage à la dernière minute pourrait être perçu par les Chinois comme un geste alimentant les tensions, a-t-il dit.

Un fonctionnaire du bureau de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a cependant déclaré que la décision de poursuivre ou non le voyage était laissée à la discrétion des parlementaires eux-mêmes, et que le ministère ne les avait pas conseillés d'une façon ou d'une autre.

L’itinéraire de la délégation a été établi avant l’arrestation et la détention des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, a précisé M. Cooper.

Le premier, ex-diplomate canadien travaillant aujourd’hui pour l’International Crisis Group (ICG), a été arrêté en décembre par le Bureau de la sécurité de l'État chinois.

Le deuxième, un homme d’affaires, a quant à lui été interpellé par une branche de cette même agence à Dandong, ville riveraine du fleuve Yalu, qui marque la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.

Le mois dernier, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé que les deux hommes étaient soupçonnés « d'activités menaçant la sécurité nationale ».

Michael Cooper a précisé qu'il s'attendait à ce que leur détention soit abordée au cours de conversations avec des responsables chinois, mais que l'objectif principal des réunions était de se concentrer sur les relations bilatérales entre les deux pays.

Le voyage est organisé par l’Association législative Canada-Chine.

Une douzaine de Canadiens arrêtés en un mois

Le ministère canadien des Affaires étrangères a confirmé dans un courriel envoyé à Radio-Canada que 13 Canadiens ont été arrêtés et sont détenus en Chine depuis le 1er décembre, soit depuis l'arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver, à la demande des autorités américaines.

Ce nombre inclut Michael Spavor, Michael Kovrig et l’enseignante albertaine Sarah McIver, accusée par Pékin d’avoir travaillé illégalement dans le pays.

Huit d'entre eux ont été libérés depuis, dont Mme McIver.

Le nombre de Canadiens qui font face à la justice en Chine n'a pas augmenté ou diminué de façon significative cette année, souligne un porte-parole du ministère.

De façon générale, quelque 200 Canadiens ont des démêlés avec la justice chinoise pour des infractions diverses, comparativement à 900 dans des situations similaires aux États-Unis, explique le ministère.

Kovrig et Spavor ont violé la loi, dit le procureur général chinois

« Il n’y a aucun doute que les deux citoyens canadiens ont violé les lois et les règlements de notre pays », a par ailleurs déclaré le procureur général de la Chine, Zhang Jun, lors d’une conférence de presse, jeudi matin.

Il n’a pas précisé à quel moment MM. Kvorig et Spavor pourraient être formellement accusés.

« Nous en sommes au stade de l’enquête, en conformité avec la loi chinoise », a-t-il répondu au journaliste de Reuters qui l’interrogeait.

« Dans la gestion de ce dossier, tous les processus et les procédures respectent la loi. Il n’y a aucune violation de la loi à cet égard », a ajouté M. Zhang.

On ne sait donc toujours pas ce que la Chine leur reproche exactement et le lieu de leur détention n’a pas été publiquement dévoilé. Ottawa a confirmé qu’ils ont pu obtenir une aide consulaire.

La Chine réclame sans relâche la libération de Mme Meng et a menacé le Canada de mesures de rétorsion si cela ne se concrétisait pas.

La justice américaine allègue qu'elle a utilisé une entreprise non officielle, Skycom, pour accéder au marché iranien de 2009 à 2014, en violation de sanctions américaines.

Son avocat dément ces allégations et a promis de les contester si elle est extradée.

Une femme avec le visage éclairé par des lumières de caméra.La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, quitte une cour au centre-ville de Vancouver, entourée d’une équipe de surveillance. Photo : Radio-Canada / Alex Migdal

Mme Meng a depuis été libérée, moyennant une caution de 10 millions de dollars. Elle a remis son passeport et vit actuellement dans une maison qui appartient à son mari, à Vancouver.

Elle doit revenir en cour le 6 février.

Les ministères canadiens et chinois des Affaires étrangères n’ont jamais fait de lien direct entre les arrestations de MM. Kovrig et Spavor et celle de Mme Meng.

Le premier ministre Justin Trudeau l'a toutefois fait en commentant l’arrestation des deux Canadiens lors d'une entrevue accordée à CityNews à la mi-décembre.

« La Chine réagit à l’arrestation d’un de ses citoyens, mais nous sommes absolument déterminés à nous tenir debout pour nos concitoyens détenus, comprendre pourquoi ils le sont et travailler avec la Chine pour démontrer que ce n’est pas acceptable », a-t-il dit.

Plusieurs anciens diplomates canadiens n'hésitent pas non plus à faire le lien entre ces affaires.

Avec des informations de CBC

Avec les informations de CBC, Reuters, et Bloomberg

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