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Climat : le Parti vert veut éviter « de faire peur »

Plusieurs personnes se tiennent debout au centre-ville de Montréal, certaines brandissant des pancartes ou des drapeaux.

Vers qui le vote écologiste se tournera-t-il le 21 octobre prochain?

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malgré de récents rapports alarmistes et de nombreux désastres climatiques, même chez nous, le Parti vert du Canada peine toujours à « trouver le ton » pour s'adresser à la population. À l'aube d'une campagne électorale au fédéral, le parti veut éviter « de faire peur ».

Pour Daniel Green, chef adjoint du Parti vert du Canada, « le quotient écologique des gens augmente sans cesse », a-t-il dit mercredi en entrevue à Radio-Canada.

Il en prend pour preuve les diverses initiatives de réduction des déchets vues cette année, comme l'abolition ici et là des pailles de plastique.

La mobilisation citoyenne semble également au rendez-vous, observe-t-il. Des milliers de personnes ont marché pour le climat à Montréal et à travers le pays, début novembre, un mois après la sortie d'un autre inquiétant rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Mais comment traduire le tout en votes le 21 octobre prochain?

« C'est très difficile. On a même de la difficulté en tant que parti, pour trouver le ton », a admis M. Green.

Les verts cherchent « à faire l'équilibre entre la gravité de la situation » et « les bonnes nouvelles ». « On a l'intelligence, on a les moyens pour faire en sorte que le changement s'impose », soutient-il.

« La peur est parfois démobilisatrice. Par contre il faut quand même dire les vraies affaires. »

— Une citation de  Daniel Green, chef adjoint du Parti vert du Canada
Elizabeth May et Daniel Green, respectivement chef et chef adjoint du Parti vert du CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Elizabeth May et Daniel Green, respectivement chef et chef adjoint du Parti vert du Canada, après une rencontre avec le maire de l'arrondissement montréalais de Saint-Laurent, Alan DeSousa

Photo : Radio-Canada

Le cas du Pacte

Bien qu'il estime que le changement doit venir d'un « mouvement populaire », le Parti vert ne veut pas pour autant reproduire le modèle du Pacte pour la transition.

Lancé cet automne par le militant Dominic Champagne, il a été appuyé par de nombreuses personnalités publiques.

« Le défi pour nous, c'est de proposer des choses concrètes et de ne pas tomber dans ce qu'on a vu au Québec, le Pacte, où finalement des gens disent que "ce sont les riches et les bien nantis qui nous disent quoi faire". On veut éviter ça. »

— Une citation de  Daniel Green

L'une des mesures pour vérifier la « croissance » des verts au pays passe par la scène provinciale, selon M. Green. Le Parti vert du Québec n'a pas passé le cap des 2 % au scrutin populaire, lors des élections du 1er octobre dernier.

« C'est un résultat qui m'a déplu », a évoqué M. Green. Cela ne signifie pas que l'environnement n'était pas au coeur des priorités des électeurs, nuance-t-il. Le vote est peut-être allé vers Québec solidaire, qui a selon lui présenté une forte plateforme en matière d'environnement.

Si ce n'est pas le cas au Québec, M. Green a rappelé que les verts prennent du galon dans d'autres provinces, comme à l'Île-du-Prince-Édouard.

Année pivot

Pour Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec, l'année 2019 sera assurément une « année pivot » pour la cause climatique. « Pour beaucoup de citoyens et citoyennes, 2018 a été une année d’éveil », analyse-t-il.

Une « tempête parfaite » causée par divers facteurs, dont la vague de chaleur qui a fait plusieurs morts cet été au Québec et la démission du ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

« La mobilisation à laquelle on assiste, ça vient du fait qu’au plan scientifique, on voit qu’on n’a plus de temps. On arrive aux dernières limites. »

— Une citation de  Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec

Mais selon M. Mayrand, un tel contexte ne signifie pas nécessairement une montée du Parti vert au fédéral.

Le « vote écologiste » pourrait plutôt se répartir à travers diverses formations, dont les libéraux, les néo-démocrates ou encore le Bloc québécois au Québec.

M. Mayrand écarte d'emblée les conservateurs, qui incarnent selon lui l'autre bout du spectre.

« On se trouve dans une situation où il y a une possibilité que le vote écologiste se divise dans plusieurs formations politiques et que ça permette au Parti conservateur de faire le plein d'appuis de ceux qui ne se préoccupent pas de la question environnementale. »

L'environnementaliste se réjouit d'avance que l'environnement soit plus que jamais au coeur d'une campagne électorale.

Les premiers échanges de l'année 2019 semblent lui donner raison.

Au premier jour de l'année, le chef conservateur, Andrew Scheer, a annoncé qu'il abolirait la taxe sur le carbone du gouvernement Trudeau s'il était élu le 21 octobre.

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