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Le rêve américain de deux hockeyeurs québécois passe par la Saskatchewan

Charles Martin et Jakob Breault en entrevue sur la patinoire.

Charles Martin (à gauche) et Jakob Breault sont rapidement devenus amis lorsqu'ils se sont rencontrés au début de la saison.

Photo : Radio-Canada

Charles Lalande

Ayant pour objectif d'intégrer le hockey universitaire américain, deux hockeyeurs québécois ont rejoint le club Junior A des Hounds de Notre Dame, un club de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan dirigé par le Montréalais Philippe Roy.

Charles Martin, un défenseur de 20 ans, et Jakob Breault, un attaquant de 19 ans, ne se connaissaient pas avant de se rencontrer sur le campus des Hounds de Notre Dame, situé à Wilcox, à une quarantaine de minutes de Regina.

Ils sont rapidement devenus amis et apprécient de pouvoir compter l’un sur l’autre.

« C’est plaisant de l’avoir avec moi. Ça nous permet de parler français de temps en temps et de garder notre langue à jour », avoue Charles Martin, qui revendique 24 points en 36 matchs.

Devant leurs coéquipiers, ils s’efforcent de se parler en anglais pour éviter que ceux-ci se sentent exclus de la discussion. C’est la même chose avec leur entraîneur-chef, Philippe Roy. « Les rencontres individuelles se déroulent en français, c’est plus facile de comprendre ses explications et de les appliquer sur la glace après », explique Jakob Breault, auteur de 24 points en 32 joutes.

L’expérience saskatchewanaise

Les recruteurs des universités américaines surveillent davantage les équipes Junior A de l'Ouest canadien que celles du Québec.

Chaque année, à Montréal, Philippe Roy organise d'ailleurs le camp Apex afin d’offrir aux patineurs québécois la chance de se faire valoir devant des recruteurs des universités américaines. Au cours des dernières années, Charles Martin et Jakob Breault y ont participé et c'est là qu'ils sont tombés dans l'œil de Philippe Roy.

Philippe Roy connaissait bien la famille Martin, si bien qu'il avait déjà un oeil sur Charles avant même qu'il ne pose un pied sur la glace.

« J’ai grandi avec son père, Guy, sur la même rue, à Saint-Léonard. Nous avons joué ensemble au hockey dans la rue pratiquement tous les jours », se rappelle l’entraîneur-chef et directeur général des Hounds.

Les aléas de la vie ont fait en sorte que les deux hommes ont perdu contact au fil des années avant de renouer en mai dernier lorsque Charles a participé au camp Apex.

Charles Martin, en entrevue dans le vestiaire des Hounds de Notre Dame.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Charles Martin évolue au poste de défenseur depuis qu'il a gradué dans les rangs Bantam. Avant cela, il était gardien de but.

Photo : Radio-Canada

« J’ai aimé ce que j’ai vu de lui sur la patinoire et je savais qu’il avait été élevé par une bonne famille. Quand j’ai été engagé à Notre Dame [en juin 2018], ma première décision a été de l’amener avec les Hounds. »

Le principal intéressé, qui avait passé la dernière saison avec les Panthères de Saint-Jérôme, dans la Ligue de hockey junior AAA du Québec (LHJAAAQ), affirme qu’il n’a pas été difficile à convaincre : « Je trouvais que c’était une belle expérience pour moi, que j’allais pouvoir apprendre l’anglais dans un environnement où il y a beaucoup plus de visibilité auprès des universités américaines. »

Philippe Roy a dû remettre 5000 $ aux Panthères pour s’approprier les droits du défenseur droitier.

De son côté, l’entraîneur-chef et directeur général des Panthères, Pierre Bergeron, confie qu’il aurait préféré garder Charles Martin dans son équipe.

J’étais très déçu de le laisser aller, mais je voulais lui permettre de vivre cette expérience.

Pierre Bergeron, au sujet de Charles Martin

« Il connaît une très belle saison avec les Hounds. Il me surprend un peu. Je suis très content pour lui », avoue Pierre Bergeron, qui continue de communiquer de temps en temps avec son ancien protégé.

Le hockey dans les veines

Natif d’Acton Vale, en Montérégie, Jakob Breault caresse l’idée de jouer aux États-Unis depuis l’automne 2015, à sa première saison avec les Cantonniers de Magog, dans la Ligue de hockey midget AAA du Québec.

Son père, Francis, a joué 26 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH) entre 1990 et 1993. Avant cela, il avait évolué durant quatre saisons dans le hockey junior québécois. Il a conseillé à son fils de viser le pays de l’Oncle Sam.

Charles Martin et Jakob Breault posent sur la patinoire des Hounds de Notre Dame.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La crédibilité du programme des Hounds de Notre Dame, reconnu à l'échelle nationale, a convaincu Charles Martin et Jakob Breault de déménager en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

Après avoir tenté sa chance, sans succès, à Omaha, aux États-Unis, et à Surrey, en Colombie-Britannique, le centre gaucher s’est laissé convaincre par Philippe Roy de venir en Saskatchewan après une saison avec le Boomerang du Cégep André-Laurendeau.

« C’est une opportunité intéressante. Je suis dans une très belle organisation avec de belles installations. Nous avons un gymnase et une salle de tirs et nous pouvons y aller quand nous le voulons. »

Jakob Breault lors d'une séance d'étirement avec ses coéquipiers des Hounds de Notre Dame.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jakob Breault a été charmé par les installations des Hounds de Notre Dame. Les joueurs ont accès en tout temps au gymnase et à une salle de tirs.

Photo : Radio-Canada

Le numéro 24 des Hounds se plaît dans sa nouvelle vie à 30 heures de ses parents, de ses soeurs et de ses amis. « Le mode de vie dans l’Ouest est complètement différent de celui au Québec, surtout ici à Wilcox, où il n’y a pas beaucoup de population. On passe beaucoup de temps avec les gars de l’équipe, c’est plaisant. »

Selon le recensement canadien de 2016, le village de Wilcox compte 264 habitants.

Jakob Breault est le deuxième meilleur pointeur de son équipe, et ce, même s'il a manqué quelques matchs en début de saison en raison d'une blessure au genou. Lors d'une mise au jeu, un rival lui est tombé sur la jambe, ce qui l'a empêché de jouer pendant quelques semaines. Une « malchance » dont il se serait bien passé, mais tout cela est derrière lui, jure-t-il.

Où joueront-ils l’an prochain?

Jakob Breault : « C’est une bonne question. Peut-être revenir avec les Hounds, peut-être dans la Ligue de hockey junior A de la Colombie-Britannique (BCHL). Je vais trouver une place qui pourrait m’offrir une bonne visibilité pour la NCAA [ligue universitaire américaine]. »

Charles Martin :« L’idéal serait d’aller jouer dans la NCAA en première division, mais je suis ouvert à toutes les opportunités. Ça devrait se décider dans les deux ou trois prochains mois. J’ai parlé à quelques universités, mais il n’y a toujours pas d’offre sur la table. Honnêtement, je suis prêt à jouer n’importe où. »

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