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La mer numérique, projet rassembleur pour l’Est-du-Québec

Isabelle Cayer, directrice du CDRIN, fait des ajouts à son plan de mer numérique.

Isabelle Cayer, directrice du CDRIN, fait des ajouts à son plan de mer numérique.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Idéalement, 2019 devrait être l'an 1 pour La mer numérique, l'ambitieux projet mené par le Centre de recherche en imagerie numérique (CDRIN) du Cégep de Matane. Le but est de montrer le fleuve Saint-Laurent comme on ne l'a jamais vu, sous toutes ses facettes.

La mer numérique a émergé de la tête de la directrice du CDRIN, Isabelle Cayer. Ça fait 40 ans que je regarde la mer, explique-t-elle. C’est la prof de sciences en moi qui veut le faire, cet outil-là, pour comprendre l’environnement, les phénomènes naturels, tout ce qui est relié au fleuve. On peut expliquer, mais on ne peut jamais vraiment voir.

Avec La mer numérique, on pourra visiter la mer, la vivre, la sentir, s’immerger dedans avec la réalité virtuelle, même interagir avec elle.

Une citation de : Isabelle Cayer, directrice du CDRIN
Bord de mer en Gaspésie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La mer numérique vise à comprendre ce qui se passe dans le fleuve et sur ses berges.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Pour expliquer à quoi pourra ressembler son projet, Isabelle Cayer utilise l’exemple d’un jeu vidéo où se grefferont différents tableaux qu’elle appelle des cubes. Un cube traite d’un sujet. Il serait expliqué avec des bases scientifiques et illustré de la façon la plus réaliste possible.

Son intention est d’aborder les différents enjeux liés au fleuve : la mer qui nourrit, qui divertit, qui transporte et qu’on étudie, mais la mer qui fait peur aussi, avec le réchauffement climatique.

Les esquisses qui guident la planification de La mer numériqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les esquisses qui guident la planification de La mer numérique

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Le virtuel au service du réel

Le CDRIN utilise des équipements technologiques hautement sophistiqués qui lui permettent, entre autres, de construire des environnements de jeux vidéo. Un immense studio pour la capture de mouvements jouxte les bureaux.

La directrice voudrait que tout cet attirail serve à nourrir la connaissance du territoire au bénéfice de tous, scientifiques comme pêcheurs, résidents comme touristes, parents comme enfants.

Le CDRINAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le CDRIN

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Deschenes

La réalité virtuelle, que plusieurs considèrent encore comme intangible, servirait par exemple à expliquer un phénomène bien concret : la diminution des stocks de crevettes. On pourrait faire une chronologie qui partirait d’il y a 50 ans et expliquer pourquoi les crevettes semblent être en train de disparaître de l’estuaire. Comment on en est arrivés là, avec des fonds marins les plus réalistes possible et s’appuyer sur les données de nos scientifiques, explique Mme Cayer.

Réalité virtuelleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Réalité virtuelle

Photo : Radio-Canada / Simon Rail-Laplante

Dans ses esquisses, la directrice a dessiné une coupe entre la pointe des Monts et Matane. Dans mon imaginaire, le fleuve était un abîme sans fin, mentionne-t-elle, une sorte de cuve, mais il n’est vraiment pas profond. Avec nos outils, on pourrait montrer une coupe du fleuve qui nous permettrait de le voir tel qu’il est.

L'estuaire du Saint-Laurent sera montré sous toutes ses facettes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'estuaire du Saint-Laurent sera montré sous toutes ses facettes.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Isabelle Cayer déplore le fait que les recherches se font souvent en vase clos. On a tendance à étudier les choses séparément, estime-t-elle. La mer numérique va traiter autant les données écologiques que biologiques ou autres. On étudiera l’ensemble.

Isabelle Cayer rêve donc du jour où des scientifiques, des plongeurs, des chercheurs en océanographie, orientés vers la recherche fondamentale, vont travailler ensemble.

L’intelligence artificielle : un outil fabuleux

L'intelligence artificielle présente l'avantage de ne pas avoir besoin de l'humain pour fonctionner.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'intelligence artificielle présente l'avantage de ne pas avoir besoin de l'humain pour fonctionner.

Photo : iStock

Et comme le CDRIN surveille attentivement les avancées en intelligence artificielle, Isabelle Cayer espère l’intégrer à son projet pour trouver des liens entre les données et les faire parler davantage.

Ce serait super intéressant de mettre en lien les données sur la crevette, comme l’acidité de l’eau, la température, son cycle de vie, les prédateurs, les proies, expose-t-elle. Est-ce qu’on peut étudier ça tout en même temps aujourd’hui? Non. Demain, peut-être.

Ce serait une façon d’entrer l’intelligence artificielle dans l’Est-du-Québec.

Une citation de : Isabelle Cayer, directrice du CDRIN
Dessin avec des plongeurs, des ouvriers, d'usine, etc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une esquisse exposant divers enjeux liés à la pêche à la crevette

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Isabelle Cayer voulait un projet rassembleur dans tous les sens du terme. Là où il y a le plus de données actuellement dans l’Est-du-Québec, pour pouvoir faire apprendre la machine [rendre concrète la technologie de l’intelligence artificielle], c’est dans le maritime, remarque-t-elle. On a un fantastique réseau de scientifiques. Déjà, les contacts se font avec l’Université du Québec à Rimouski, l’Institut des sciences de la mer à Rimouski, l’Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli, le comité ZIP de l’Estuaire, etc.

Mme Cayer y voit un projet de société, de longue haleine, un outil de concertation régionale. Dans 10 ans, on devrait avoir quelque chose de pas pire, s’amuse-t-elle.

Bord de mer à Matane, près du vieux portAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bord de mer à Matane, près du vieux port

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Mais la technologie reste un moyen et non pas une fin.

La quincaillerie est technologique, mais ce qu’on va mettre dedans, c’est les questions des pêcheurs, des transformateurs dans les usines, de scientifiques en océanographie, de citoyens qui ont peur de perdre du terrain à cause des grandes marées, donne-t-elle en exemple.

Érosion des berges à Grosses-Roches, au Bas-Saint-LaurentAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Érosion des berges à Grosses-Roches, au Bas-Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

La mer numérique pourrait être accessible sous différents supports : projections, immersion en réalité virtuelle, sur le web, etc.

Le jour où La mer numérique sera assez complète, il va y avoir plein de monde qui vont vouloir jouer avec, de différentes façons. Ils vont se parler, ce qui ramène à la concertation dont je rêve.

Une citation de : Isabelle Cayer, directrice du CDRIN

Isabelle Cayer a pu rencontrer la ministre des Sciences et des Sports, Kirsty Duncan, pour lui expliquer son projet. Il lui faut donc trouver des programmes appropriés et trouver des appuis. Les démarches pour la recherche de financement vont bon train, selon elle.

Esquisse du projet entourant la crevetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Esquisse du projet entourant la crevette

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Un premier projet a été déposé pour le Bas-Saint-Laurent, mais ne peut être divulgué pour ne pas nuire au processus.

La mer numérique aura aussi l’avantage de structurer l’offre d’enseignement au Cégep de Matane. L’enseignante Margaret Kraenzel travaille à faire le maillage avec les différents départements. Par exemple, on peut penser que les étudiants en photographie, en multimédia ou en animation 3D seront mis à contribution.

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