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Toujours la passion d'enseigner, même à 73 ans

Après plus de 50 ans à enseigner, Jacqueline Thérien a toujours le feu sacré.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Tanya Neveu

Plus de 50 ans passés à enseigner aux enfants... C'est le parcours de l'enseignante Jacqueline Thérien du Témiscamingue qui, à l'âge de 73 ans, exerce encore son métier et sa passion.

Cette enseignante de la Commission scolaire du Lac-Témiscamingue fait mentir les statistiques qui affirment que 50 % des enseignants quittent la profession après cinq ans de métier. Elle a même enseigné à plusieurs générations.

La majeure partie de sa carrière, Jacqueline Thérien l'a passée dans une classe de sixième année du primaire.

Il y a tellement de belles choses qu'on peut réaliser avec ces grands-là. Personnellement, je vais dire que c'est une passion. C'est une façon de vivre! Le sourire des enfants, le partage qu'ils nous font de leur quotidien. Quand ils viennent à bout de saisir une explication, leurs yeux brillent. Les enfants sont curieux et s'émerveillent facilement devant les choses qu'on leur explique, dit-elle.

Un record d'ancienneté

Jacqueline Thérien détient le record d'ancienneté à la Commission scolaire du Lac-Témiscamingue. En cinq décennies, elle a vu évoluer le métier à travers ses réformes, ses changements technologiques, mais aussi l'évolution de la société.

On dirait qu'on est tombé un peu dans le "on était très sévère même en tant que parent" puis qu'aujourd'hui, ça a changé. On devra faire le retour du balancier. On est tombé dans l'autre côté, où on ne veut pas brimer l'enfant. Un moment donné, on doit se rappeler que c'est nous l'adulte et c'est nous qui devons l'encadrer puis lui montrer les belles valeurs, soutient-elle.

En 53 ans, près de 1500 élèves se sont retrouvés dans l'une de ses classes.

C'est le cas de Caroline Larabée, qui enseigne, elle aussi, depuis 10 ans.

Une enseignante accorde une entrevue à la caméra dans une salle de classe.

Caroline Larabée a été l'élève de Jacqueline Thérien et est maintenant devenue sa collègue.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Aujourd'hui, elle met en pratique des méthodes d'enseignement qu'utilisait Jacqueline Therien dans les années 90.

Je sépare mes élèves selon s'ils ont réussi ou s'ils ont une erreur de calcul. C'est un petit quelque chose que je suis allée chercher de Jacqueline et que j'ai réinvesti dans ma pratique. C'est ce qui m'a le plus marquée. À l'époque, la façon dont on apprenait, c'était plus traditionnel. Elle avait quand même des méthodes qui étaient peut-être un peu plus innovantes pour l'époque, raconte son ancienne élève.

De père en fille

Tout comme son père, Lindy Goulet a aussi eu Mme Jacqueline comme enseignante, mais aussi comme collègue. Ses enfants, maintenant à l'école primaire, pourraient aussi se retrouver dans sa classe dans quelques années.

Je me souviens aussi qu'elle nous faisait faire des super beaux projets. Je pense que beaucoup de gens qui allaient à l'école à Laverlochère se souviennent du projet de la couveuse. On a fait naître des poussins qui étaient juste à côté de la classe. Je me souviens que j'ai très bien appris avec elle et que j'ai aimé être dans sa classe cette année-là. J'ai eu la chance aussi de la côtoyer comme collègue. C'est agréable de voir qu'elle a encore ce goût-là d'enseigner, confie-t-elle.

Une enseignante accorde une entrevue à la caméra dans une salle de classe.

L'enseignante Lindy Goulet a elle aussi eu Jacqueline Thérien comme enseignante, tout comme son père. Ses enfants, aujourd'hui à l'école primaire, pourraient eux aussi l'avoir comme enseignante.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Depuis février, un groupe de 24 acteurs du milieu de l'éducation tente de trouver des moyens pour valoriser la profession.

Au Québec, mais dans notre région également, on vit une crise au niveau de la pénurie d'enseignants. Ce qu'on croit, c'est que tout le monde ensemble, on va pouvoir passer au travers en valorisant la profession enseignante. Agir sur l'attraction, le recrutement et la rétention des enseignants, affirme Isabelle Bergeron, présidente de la Table des directions du service des ressources humaines de l'Abitibi-Témiscamingue et de la Baie-James (TRRH).

Un sondage dans la population

Ils ont récemment lancé un sondage à travers la population pour établir un portrait de la situation en Abitibi-Témiscamingue. Près de 2000 personnes y ont répondu.

Ce sondage leur permettra de mettre en place un plan d'action au cours des prochaines années. L'initiative est unique à la région.

Lorsqu'on interroge des enseignants sur ce qui les anime et sur ce qu'ils aiment le plus dans leur travail, c'est clair que c'est la relation avec les jeunes. C'est ce qui les amène dans l'enseignement et c'est ce qui les garde dans l'enseignement. [Selon le sondage], 80 % des enseignants n'ont pas accès à un programme d'insertion socioprofessionnelle. Ils sortent de la formation, arrivent dans la commission scolaire, se font offrir un contrat et débutent tout simplement, indique Geneviève Sirois, professeure en administration scolaire à l'UQAT.

Une enseignante est devant sa classe.

Jacqueline Thérien a passé la plus grande partie de sa carrière en 6e année, un degré qu'elle aime particulièrement.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

La santé de Jacqueline Thérien lui permet encore cette année d'enseigner à temps plein.

Elle raconte même que les enfants contribuent grandement à son désir de vouloir poursuivre la profession.

Lorsqu'on lui demande à quand la retraite, elle répond ceci : Euh… je ne ferai pas comme Dominique Michel, c'est ma dernière. J'y vais une année à la fois. Je me considère chanceuse. J'ai une bonne santé. Je vieillis quand même, mais je pense que ça me garde jeune d'être en contact avec les enfants.

Abitibi–Témiscamingue

Éducation