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La déconnexion comme résolution

Le reportage de Marie-Laurence Delainey
Radio-Canada

Cellulaires, tablettes, ordinateurs, montres intelligentes, téléviseurs : la technologie fait plus que jamais partie de nos vies. Des spécialistes invitent les utilisateurs, particulièrement les jeunes, à évaluer leur relation avec les écrans afin d'éviter qu'elle ne devienne problématique.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Chaque jour, Vanessa Duchel passe plusieurs heures devant un écran. Il faut dire que les réseaux sociaux et Internet sont des outils de travail, la jeune femme étant créatrice de contenu. N’empêche, ses habitudes l’ont récemment fait réfléchir.

« Quand je me lève le matin, je prends mon téléphone cellulaire. Première chose que je fais et que j'ai toujours faite depuis des années. Je regarde mes réseaux sociaux, mes emails. Et là, finalement, je tombe toujours sur quelque chose, une photo; ça engage la discussion; finalement, je peux passer deux heures à mon réveil », raconte-t-elle.

Selon une enquête réalisée par un des leaders mondiaux dans les réseaux informatiques et les technologies de l’information, Cisco, près de 90 % des jeunes Canadiens consultent leur téléphone intelligent avant même d'avoir mis un pied hors du lit.

L'organisation qui fait la promotion des saines habitudes de vie, Capsana, a lancé la campagne Pause. L’objectif est de faire réfléchir les personnes, surtout les jeunes, à leur rapport aux écrans. Le site Internet Pausetonécran.com propose entre autres des outils pour profiter d’Internet ou de la télévision sans en subir les désavantages.

La coordonnatrice de la campagne, Carolanne Campeau, précise qu’il y a différents stades de ce qu’elle appelle l’hyperconnectivité. Elle cite en exemple le temps passé devant l’ordinateur ou les fins de semaine passées à regarder des séries sur Netflix. Elle rappelle qu’un jeune Québécois sur cinq utiliserait Internet de manière problématique.

« Avant la cyberdépendance, on a une utilisation qui est des fois excessive, même si ça ne persiste pas, que ce n’est pas récurrent, que ça ne fait pas des conséquences sévères et graves comme la pathologie de la cyberdépendance, ça peut quand même causer des maux de dos, de tête, des problèmes de vision ou de l’insomnie », dit-elle.

De nombreuses études démontrent en outre que l’usage du téléphone intelligent, entre autres, augmenterait les risques d’anxiété, de stress et de dépression.

L’hyperconnectivité chez les adultes

Le phénomène ne touche évidemment pas que les enfants ou les adolescents. L’enquête de Cisco révèle qu'au moins une fois par heure, 66 % des Canadiens jettent un coup d'œil à leur cellulaire. Plus d'une personne sur deux (50 %) utilise son appareil dans la salle de bain.

La psychologue spécialisée en cyberdépendance, Marie-Anne Sergerie, précise que le temps d'utilisation n’est pas le seul indicateur qu’il y a un problème.

« C'est souvent la fonction que va avoir l’utilisation. Comment la personne va se sentir quand elle n'y a pas accès. Ça va avoir un effet sur la famille, sur les relations sociales, le travail, l'école. On va voir un sentiment de détresse chez la personne. Si elle n’a pas accès aux écrans, c'est là qu'on va voir de l'irritabilité, de la tristesse, de la colère », explique-t-elle.

Mme Sergerie recommande aux parents d’établir une structure quant à l’utilisation des appareils de leur enfant. Elle propose des moments où la tablette est interdite et de « s’intéresser à ce que le jeune fait sur Internet ».

Pour ce qui est des adultes, la spécialiste suggère de diminuer le temps passé devant un écran. « Votre réaction pourrait vous indiquer si vous êtes à risque », conclut-elle.

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