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Aucune mortalité de baleine noire dans le Saint-Laurent en 2018

Queue d'une baleine sortant de l'eau.

Afin de protéger les baleines noires, le gouvernement fédéral a imposé diverses mesures à l'industrie de la pêche et des croisières

Photo : Center for Coastal Studies/NOAA

Radio-Canada

Les mesures mises en place par Pêches et Océans Canada cette année pour protéger les baleines noires semblent avoir porté leurs fruits. Aucune baleine noire n'a été retrouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent en 2018. L'organisme fédéral en avait comptabilisé 12 en 2017.

En mars dernier, Pêches et Océans Canada a annoncé la fermeture de zones de pêches en raison de la présence de l’espèce menacée de disparition. Des baleines avaient été retrouvées mortes après avoir percuté un bateau et s’être empêtrées dans des cordages de pêches.

Ces mesures ont été jugées excessives par le milieu des pêches. Elles ont forcé la moitié des pêcheurs de homard gaspésiens à écourter leur saison de trois semaines.

À l’époque, la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, s’est notamment opposée à cette décision de Pêches et Océans Canada.

Le fédéral a pris des mesures draconiennes et intransigeantes, on n'a pas écouté les pêcheurs de notre industrie.

Nadia Minassian, préfète, MRC du Rocher-Percé

Malgré tout, Pêches et Océans Canada a gardé le cap et a défendu le fait que ses mesures de protection allaient être efficaces.

Québec est ensuite intervenu. La province s’est engagée à payer une formation pour les travailleurs d'usine et les pêcheurs afin qu'ils puissent bénéficier de l'assurance-emploi.

En juillet, les pêcheurs gaspésiens ont fait leur bilan. Ils ont déploré une baisse des captures de 25 % et ont continué à remettre en question les façons de faire d'Ottawa.

Bateaux de pêche au homard au quai de Grande-Rivière

Bateaux de pêche au homard au quai de Grande-Rivière

Photo : Radio-Canada / William Bastille Denis

Un pêcheur de homard de Percé, Alain Rebaud, indiquait alors que la zone touchée par les mesures de Pêches et Océans Canada était trop grande.

Les quadrilatères étaient trop grands, première des choses, puis ils ont fermé la pêche. La journée qu'ils l'ont fermée, le lendemain il n'y avait plus de baleines noires dans le quadrilatère.

Alain Rebaud, pêcheur de homard de Percé

L'industrie des croisières a aussi fait les frais de la diminution de vitesse imposée par Ottawa dans le golfe du Saint-Laurent.

Neuf escales ont été annulées à Gaspé et l'industrie n'a pas obtenu l'aide financière demandée au provincial et au fédéral.  Malheureusement, notre démarche est demeurée lettre morte , explique Stéphane Ste-Croix, le chef d'Escale Gaspésie.

Une caméra pour repérer les baleines

Pendant ce temps, pêcheurs et croisiéristes fondent beaucoup d'espoir à l'endroit d'une caméra thermique pour repérer les baleines. Cet appareil est actuellement développé par le centre de recherche Merinov.

Pensez à la situation de la baleine noire. Est-ce qu'on pourrait détecter la baleine noire sur les côtes pour essayer d'empêcher les empêtrements? Est-ce qu'on pourrait mettre cette technologie-là sur des bateaux pour éviter des collisions? Moi, je pense que oui, et c'est ça qu'on veut faire, explique Chloé Martineau, chercheuse pour Merinov.

Les pêcheurs estiment que cet appareil pourrait permettre d’atteindre l’équilibre entre la protection de la baleine noire et la préservation de leur gagne-pain. La caméra ne sera toutefois pas disponible à court terme.

D’après les informations de Martin Toulgoat

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Environnement