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Le critique musical Claude Gingras est décédé

Le critique et auteur Claude Gingras

Le critique et auteur Claude Gingras

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Radio-Canada

Le journaliste et critique musical Claude Gingras, qui a écrit pendant plus de 60 ans dans La Presse, est mort dimanche matin des suites d'un cancer à l'âge de 87 ans.

Entré à La Presse en 1953, Claude Gingras est devenu au fil des ans une référence en musique classique. Il a signé sa dernière chronique musicale le 28 décembre 2015, il y a presque trois ans, jour pour jour.

Dans le milieu, il était considéré comme un critique sévère à l’ironie mordante, mais aussi comme un professionnel à la grande rigueur et à la sensibilité exacerbée.

« J'ai toujours aimé la musique et j'ai toujours aimé écrire. Je suis venu à la critique peut-être pour que les deux se rejoignent. Je ne sais pas vraiment comment c'est venu. Mais j'ai aimé ça », décrivait-il dans un documentaire qui lui est consacré, diffusé sur ICI Radio-Canada Télé en 2017.

Au cours de sa carrière, Claude Gingras aura côtoyé les plus grands de l’art lyrique, comme Luciano Pavarotti, Placindo Domingo et Maria Callas. Mais il a également couvert d'autres domaines artistiques et culturels tels que le théâtre, la musique populaire et les variétés.

La musique, c’est un monde où je me retrouve. C’est le seul monde que je considère comme réel. Si [vous] saviez à quel point la musique est extraordinaire...

Feu Claude Gingras

Ce mélomane était aussi un collectionneur invétéré puisqu'il avait en sa possession plus de 150 000 disques vinyles et CD dans son appartement.

« Le monde des arts est en deuil », a écrit sur Twitter l'ancienne ministre de la Culture du Québec Christine St-Pierre, tout en offrant ses condoléances à sa famille.

Dans une entrevue sur les ondes d'ICI RDI, l'auteur et chroniqueur spécialisé en musique classique Georges Nicholson est revenu sur la personnalité et la carrière de Claude Gingras, son ami « depuis presque 40 ans ».

C’était l’être le plus imprévisible, le plus généreux et le plus abominable qui ait jamais existé.

Georges Nicholson, auteur et chroniqueur

Pour l’ancien animateur d’ICI Musique, M. Gingras pouvait à la fois « blesser à mort » et faire preuve de « la plus grande tendresse ».

« Quand il s’occupait de vous, vous aviez l’impression d’être vraiment la personne la plus importante au monde, s'est rappelé M. Nicholson. Il avait à la fois ce côté avec un cœur en or et cette langue de vipère, cette écriture qui était vraiment assassine. »

Évoquant l’apport de Claude Gingras au monde de la musique, M. Nicholson a souligné les efforts du critique qui a propulsé la musique classique à la une de La Presse à plusieurs occasions. « La musique était traitée comme le hockey et comme la politique, c’était un élément important grâce à sa personnalité », a-t-il dit.

Sa plume « assassine » aurait-elle découragé des artistes à poursuivre leur carrière ? « Oui, a reconnu Georges Nicholson. Mais ce n’était pas que méchanceté. Il y avait son amour profond de musique, sa curiosité insatiable. Oui, il y a eu des carrières mises en déroute à cause de ses papiers, mais il y a aussi celles qu’il a appuyées. »

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