•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bangladesh : la première ministre Hasina remporte les législatives, l'opposition proteste

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Sheikh Hasina

La première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina fait le signe de la victoire après avoir voté dimanche à Dhaka.

Photo : The Associated Press / Anupam Nath

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a remporté les législatives de dimanche, selon des résultats donnés à la télévision locale. L'opposition rejette ces résultats en dénonçant des fraudes, sur fond de violences ayant fait 17 morts.

La coalition de Sheikh Hasina a d’ores et déjà obtenu 191 des 300 sièges du Parlement monocaméral – soit nettement plus que les 151 requis pour avoir la majorité absolue –, contre 5 seulement pour le moment à l’opposition, a relaté en fin de soirée la chaîne de télévision Channel 24.

La proclamation officielle des résultats doit intervenir lundi.

« Nous appelons la Commission électorale à immédiatement annuler ces résultats », avait auparavant réagi, sitôt la tendance connue, Kamal Hossain, le « père » de la Constitution bangladaise, qui est à 82 ans l’une des figures de proue de l’opposition.

« Nous exigeons que de nouvelles élections soient organisées dès que possible par un gouvernement neutre », avait-il ajouté, devant la presse.

Sheikh Hasina, âgée de 71 ans et fille de Sheikh Mujibur Rahman, le premier président du Bangladesh, décrocherait ainsi son troisième mandat consécutif de cinq ans depuis 2008, et le quatrième depuis celui de 1996-2001, un record national.

Violences pendant la campagne et le jour du scrutin

À l’instar de la campagne électorale, le scrutin majoritaire uninominal de dimanche, qui s’est achevé à 16 h (heure locale), a été marqué par des affrontements entre partisans de la Ligue Awami, au pouvoir, et du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), la principale formation de l’opposition, dans lesquels 13 personnes ont péri. Quatre autres ont été tuées par balle dans des incidents séparés.

Le gouvernement avait annoncé avoir déployé 600 000 membres des forces de sécurité pour garantir le bon déroulement de ces législatives, les onzièmes depuis l’indépendance du Bangladesh en 1971.

Des membres des forces de l'ordre bangladaises, mitraillettes à la main, gardent les bureaux de vote. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gouvernement a annoncé avoir déployé 600000 membres de la police, de l'armée et d'autres forces de sécurité pour prévenir des violences lors des élections.

Photo : Reuters / Mohammad Ponir Hossain

Une première ministre populaire et contestée

Sheikh Hasina reste très populaire en raison d’une période de forte croissance économique (plus de 6 % en rythme annuel) et pour avoir débarrassé son pays de son image de nation miséreuse et accablée de calamités. Ce pays a également accueilli sur son sol les centaines de milliers de Rohingyas fuyant la Birmanie.

Ses détracteurs la décrivent toutefois comme une autocrate en germe qui a fait emprisonner sa rivale emblématique Khaleda Zia – condamnée à passer 17 ans derrière les barreaux pour corruption – et réprimé la dissidence avec des arrestations en masse de militants de l’opposition, des disparitions forcées et des lois draconiennes qui musellent la presse.

Des organisations internationales de défense des droits de la personne ont déploré samedi, dans un communiqué commun, des mesures répressives qui ont créé un climat de peur pouvant dissuader les sympathisants de l’opposition de se rendre aux urnes, Sheikh Hasina en démentant, quant à elle, l’existence.

L’ONU et les États-Unis se sont aussi interrogés sur la crédibilité du processus électoral.

Le BNP, qui avait boycotté le précédent scrutin en 2014, a de son côté affirmé que des membres de la Ligue Awami avaient agressé ses militants afin de décourager les électeurs. Des responsables de bureaux de vote dans la capitale Dacca ont à cet égard évoqué une faible participation dans la matinée.

Pièce d'identité en main, un homme vérifie l'identité d'un électeur en parcourant une liste électorale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un agent électoral vérifie l'identité d'un électeur dans un bureau de vote de Dacca, la capitale du Bengladesh, le 30 décembre 2018.

Photo : AFP / Indranil Mukherjee

La coalition d’opposition dirigée par le BNP a assuré que des bourrages d’urnes et autres actions frauduleuses avaient été constatés.

Pour le porte-parole de ce parti, Syed Moazzem Hossain Alal, l’attribution de 221 des 300 sièges du Parlement est sujette à caution, des électeurs ayant notamment été empêchés de se rendre dans les isoloirs.

Le porte-parole de la Commission électorale S. M. Asaduzzaman a simplement reconnu auprès de l’AFP que « quelques allégations d’irrégularités », sur lesquelles des enquêtes avaient été ouvertes, avaient été portées à la connaissance de cet organisme, taxé, malgré ses dénégations, de partialité par des dirigeants de l’opposition.

Une femme dépose son bulletin dans une urneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme dépose son bulletin dans une urne à l'occasion des élections au Bangladesh, le 30 décembre 2018.

Photo : AFP / Indranil Mukherjee

Candidats et opposants arrêtés

Le parti de Khaleda Zia, l’ennemi juré de Mme Hasina, a en outre fait état de 15 000 militants emprisonnés depuis le 8 novembre.

D’après l’opposition, 17 candidats ont été arrêtés sur des accusations montées de toutes pièces et 17 autres opposants empêchés de participer aux législatives par des tribunaux.

« Ce ne sont pas des élections libres et équitables. C’est plutôt une sélection contrôlée », a commenté un diplomate occidental sous couvert d’anonymat.

Le régulateur des télécoms a ordonné aux opérateurs mobiles bangladais de couper la 3G et la 4G jusqu’à dimanche minuit, afin d’« éviter que des rumeurs ne se répandent », au moment où des responsables d’une des principales chaînes de télévision privées, Jamuna TV, ont annoncé qu’elle avait été retirée samedi soir, sans « aucune explication », des bouquets des grands opérateurs du câble.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !