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Présidentielle en RDC : dans l'attente des résultats d'un scrutin parsemé d'incidents

Un homme vide une boîte de scrutin pour compter les votes.

Les votes sont comptés par des agents électoraux au collège Alfajiri à Bukavu en République démocratique du Congo.

Photo : AFP/Getty Images / FREDRIK LERNERYD

Agence France-Presse

La longue attente des résultats a débuté à la fermeture des bureaux de vote dimanche soir en République démocratique du Congo (RDC) où les candidats d'opposition dénoncent des troubles pendant l'élection qui doit désigner le successeur du président Joseph Kabila.

Quatre personnes ont été tuées dans le Sud-Kivu où un agent électoral a voulu bourrer les urnes en faveur du dauphin de M. Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a accusé un proche du candidat de l’opposition Félix Tshisekedi.

Pas n’importe quel proche, mais Vital Kamerhe, ex-président de l’Assemblée nationale, ex-candidat en 2011, et homme fort du Sud-Kivu.

« Le peuple va assumer son choix », a prévenu M. Kamerhe qui deviendrait premier ministre en cas de victoire de Félix Tshisekedi.

La majorité a pour sa part convié la presse dans la soirée pour très probablement divulguer ses premières tendances du scrutin présidentiel.

« J’ai déjà gagné. Je serai élu, c’est moi le président à partir de ce soir », avait affirmé le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, dès le matin en sortant d’un bureau de vote.

Un homme dépose un bulletin de vote dans une urne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Emmanuel Ramazani Shadary dépose son vote dans l’urne du bureau de vote de l’Institut de la Gombe, à Kinshasa, le 30 décembre 2018.

Photo : AFP / Luis Tato

Un sondage donnait cette semaine le dauphin perdant face au candidat d’opposition Martin Fayulu.

Les résultats provisoires ne doivent être connus que samedi prochain, d’après la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Comptage manuel amorcé

Le compte à rebours a commencé avec le comptage manuel des voix de Kinshasa à Goma, et de Lubumbashi à Tshikapa.

À Goma, les agents électoraux suivent scrupuleusement le mode opératoire sous l’œil attentif et fatigué des témoins des candidats.

Les trois parties de chaque bulletin de vote sont détachées pour constituer trois piles, une pour chaque scrutin : présidentiel, législatif, et provincial.

Un groupe d'hommes et de femmes installés à des tables comptent des bulletins de voteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Comptage des bulletins de vote après le vote du 30 décembre 2018 au stade Kalinda de Beni.

Photo : AFP/Getty Images / ALEXIS HUGUET

Quelque 40 millions d’électeurs, dont beaucoup de jeunes, ont été appelés à désigner le successeur du président Joseph Kabila, contraint de ne pas briguer un troisième mandat interdit par la Constitution.

De bon matin, le président Kabila a voté en famille à Kinshasa, suivi de son dauphin.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) estime que « le climat général du déroulement du vote a été relativement calme ».

Les incidents portent sur des « dysfonctionnements de la machine à voter », l’« interdiction d’accès ou expulsion des observateurs des bureaux de vote » ou le même sort réservé aux « témoins » des candidats.

À Kinshasa, des électeurs ont hué le président de la CENI, Corneille Nangaa, venu en personne constater les problèmes au centre de vote Saint-Raphaël à Limete.

Dans ce bastion de l’opposition, les opérations de vote doivent se poursuivre jusqu’à 22  h après de gros retards à l’ouverture en matinée.

Beni martyrisée, Beni exclue, mais Beni surprenante de vitalité  : la cité du Nord-Kivu a organisé un vote symbolique pour protester contre le report des élections présidentielle, législatives et provinciales dans sa région.

Les autorités ont justifié ce report en raison de l’épidémie d’Ebola et des massacres de civils dans la région, ce qui a provoqué la colère des habitants : « La ville de Beni est dans la République démocratique du Congo. On ne peut pas nous priver du droit de vote », a insisté un jeune, Manix.

Objet de toutes les polémiques depuis plus d’un an, la machine à voter a connu de nombreux couacs dimanche.

« Il n’y a pas de machines et les quelques machines qui sont là, elles ont des problèmes, elles ne marchent pas, et nous n’avons pas de matériel électoral », a déclaré Pesible, un électeur à Kinshasa.

Le vote « avec la machine est très compliqué. J’ai appuyé sans trop savoir pour qui. Je n’ai pas vu le numéro ni le visage de mon candidat », regrette Madeleine, une dame d’un âge avancé en sortant de l’isoloir d’un bureau de vote du quartier populaire de Ndjili.

Les électeurs qui ont pu voter ne cachaient pas leur enthousiasme et leur soif d’autres horizons.

« Parce que le Congo [République démocratique du Congo] a trop souffert, nous méritons le changement », résume un électeur à Goma,Patrice Nzanzu, technicien.

Des citoyens, parapluies à la main, remontent leurs robes et pantalons. L'eau a envahit les rues  de Kinshasa. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des pluies torrentielles ont perturbé le premier tour de l'élection présidentielle organisé dimanche en République démocratique du Congo.

Photo : Reuters / Kenny-Katombe Butunka

Le pape François a prié dimanche pour la RDC, appelant tous les acteurs à assurer un déroulement « régulier et pacifique » des élections.

Kinshasa a refusé toute aide logistique des Nations unies, présentes depuis 20 ans au Congo, de même que toute mission d’observation occidentale.

Le pouvoir a annoncé la fermeture de ses frontières terrestres, lacustres et fluviales le jour du vote avec ses neuf voisins, de Brazzaville à l’Angola en passant par le Rwanda.

En revanche, Internet n’était pas coupé, contrairement à ce qui se passe lors des journées de fortes tensions.

La campagne avait été rattrapée par la violence, avec une dizaine de morts, selon une association de défense des droits humains, ce que nie le pouvoir.

De jeunes hommes lèvent les bras en l'air, des soldats les observent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Congolais manifestent en attendant de pouvoir voter, à Kinshasa.

Photo : AFP/Getty Images / LUIS TATO

Samedi soir, les deux candidats de l’opposition ont refusé de signer un document destiné à prévenir les violences postélectorales, en claquant la porte d’une médiation conduite par des observateurs africains.

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