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Nouvelle conseillère aux affaires francophones en Ontario : sa prédécesseure est sceptique

Un ephotographie officielle de Roxane Villeneuve Robertson.
Roxane Villeneuve Robertson, ancienne conseillère aux Affaires francophones auprès de Patrick Brown. Photo: PC Ontario
Radio-Canada

En Ontario, la nomination de Marilissa Gosselin au poste de conseillère aux affaires francophones continue de faire réagir, bien que la principale intéressée ne se soit toujours pas prononcée. Sa prédécesseure, elle, ne s'est pas gênée pour exprimer ses préoccupations, samedi.

[Mme Gosselin] est francophone originaire de Hearst, puis elle est conservatrice. Ça, ce sont les points positifs, a indiqué l'ancienne conseillère aux affaires francophones du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Roxane Villeneuve Robertson.

Mais Mme Villeneuve craint que la nouvelle venue n'ait pas les coudées franches pour influencer le gouvernement Ford. La façon dont ça marche, si je comprends bien, dans le bureau du chef, c'est que si vous ne faites pas ce qu'il vous demande de faire, vous êtes jetés dehors. Donc, vous vous enlignez avec ce que le bureau de M. Ford demande, a-t-elle jugé, ajoutant qu'il s'agit d'un poste très demandant qui exige d'être souvent à Queen's Park.

Rappelons que le poste de conseiller aux affaires francophones avait été aboli en janvier 2018 par le parti. Le retour du poste avait été annoncé le 23 novembre, en même temps que les concessions du gouvernement Ford dans les services en français.

Mme Villeneuve s'est dite choquée par les décisions du gouvernement Ford par rapport aux services en français. Elle croit que le maintien de son poste aurait permis de les éviter. J’ai fait beaucoup de démarches avec des groupes francophones et on était sur la bonne route. Maintenant, avec les actions du gouvernement Ford, c’est triste de voir les démarches faites avec les 620 000 Franco-Ontariens tomber à l’eau, a déploré l'ancienne candidate pour le Parti progressiste-conservateur.

Une proche du parti

Mme Gosselin est une proche des conservateurs, signale Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. À première vue, il s'agit d'une bonne nouvelle.

C’est une personne qui connaît très bien le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario. Ce n’est pas à négliger. C’est quelqu’un qui est assez près de M. Ford et qui partage les valeurs de M. Ford, a-t-elle dit, ce qui pourrait faciliter le dialogue.

Geneviève Tellier répond aux questions d'une journaliste à l'extérieur en hiver. Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Photo : Radio-Canada

Elle explique que le but du poste qu'occupera Mme Gosselin sera d’avoir un regard franco-ontarien sur les décisions du gouvernement. C’est vraiment une communication dans les deux sens qui va s’établir entre M. Ford et la communauté franco-ontarienne, a soutenu l’analyste.

Tout le monde est impatient de voir ses débuts puis voir comment les dossiers vont être gérés. Ça va être à Mme Gosselin de faire ses preuves, à M. Ford aussi de faire ses preuves.

Geneviève Tellier, professeure à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa

Des Franco-Ontariens heureux, mais toujours combatifs

Par ailleurs, certains Franco-Ontariens de la région d'Embrun se sont montrés favorables à cette embauche.

Vu que [Mme Gosselin] est de la région, elle connaît vraiment les besoins, a affirmé Nicole Bertrand.

Nicole Bertrand répond aux questions d'une journaliste dans la rue.Nicole Bertrand, résidente d'Embrun, dans l'Est ontarien. Photo : Radio-Canada

Guylaine Desforges abonde dans le même sens. Il faut que ce soit quelqu’un de la région. On veut continuer à avoir des services en français, a souligné celle qui est toujours abasourdie par les décisions du gouvernement Ford face aux Franco-Ontariens.

Johanne Cousineau adopte le même esprit combatif. On se bat beaucoup pour garder notre langue. [Les progressistes-conservateurs] ont grandement besoin de reconnaître qu’il y a plusieurs personnes qui sont francophones dans ce coin-ci et que c’est important pour nous.

De son côté, la députée de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard n'a pas voulu commenter le dossier.

Avec les informations de Yasmine Mehdi et Roxane Léouzon

Ottawa-Gatineau

Francophonie