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Présidentielle en RDC : les Congolais de Montréal entre craintes et espoir

Soucieux également d'apaiser les esprits à la veille de la présidentielle, catholiques et protestants ont célébré samedi matin un culte oecuménique pour la paix.

Photo : Reuters / Baz Ratner

Radio-Canada

Alors que les Congolais s'apprêtent à voter dimanche dans un climat délétère, leurs compatriotes établis à des milliers de kilomètres, à Montréal, appellent à la tenue d'un scrutin sans violences.

« J’ai subi de la torture au Congo à chaque fois que j’ai manifesté », confie Diamvu Atakana, un Congolais d'une cinquantaine d'années qui a quitté son pays natal il y a à peine un an pour s’installer au Canada. Il affirme avoir été arrêté plus de sept fois au cours de sa vie pour avoir manifesté contre les multiples annulations d’élections dans son pays.

« Moi et beaucoup de mes amis, nous nous sommes lancés à sensibiliser la population pour respecter la Constitution », ajoute M. Atakana.

Diamvu Atakana, un Congolais installé à Montréal depuis 2017.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Diamvu Atakana, un Congolais installé à Montréal depuis 2017.

Photo : Radio-Canada

Crise politique

En vertu de la Constitution, le président Joseph Kabila aurait dû tirer sa révérence en 2016. Son gouvernement a annulé à trois reprises les élections, s'attirant les critiques de l'opposition qui l'accuse de s'accrocher au pouvoir.

La présidentielle de dimanche doit désigner son successeur à la tête du plus grand pays d'Afrique subsaharienne qui n'a jamais connu de transmission pacifique du pouvoir. Des élections législatives et provinciales sont prévues le même jour.

Et le gouvernement a déjà annoncé le report du scrutin dans trois zones – Beni, Butembo et Yumbi – victimes d'Ebola et de violences, qui comptent 1,3 million d'électeurs.

L'espoir de la diaspora congolaise en vue d’élections libres ne semble toutefois pas fléchir.

« On veut des élections. Il faut qu'il y ait des élections le 30 [décembre] », insiste Mujangi Mbombo, une Montréalaise d’origine congolaise.

Depuis 2016, les manifestations contre le régime Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en 2001, ont fait de nombreux morts et blessés.

Les manifestants dénoncent la corruption, le népotisme et, plus largement, l’incapacité du gouvernement à régler les problèmes criants de pauvreté.

Émongo Lomomba, professeur et écrivain d'origine congolaise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Émongo Lomomba, professeur et écrivain d'origine congolaise.

Photo : Radio-Canada

« Les jeunes et les Congolais en général ont compris que ce qui se passe au Congo est lié à des intérêts occultes économiques et financiers », estime Émongo Lomomba, professeur et écrivain d'origine congolaise.

C'est ça la situation au Congo, c'est le chaos total, c'est l'insécurité. Les gens ne sont plus sûrs de leurs institutions.

Jean-David E'ngazi, président de la communauté congolaise de Montréal.
Jean-David E'ngazi, président de la communauté congolaise de Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-David E'ngazi, président de la communauté congolaise de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Bien qu'ils n'aient pas le droit de vote, des Congolais de Montréal organisent dimanche un débat politique rassemblant des intellectuels et des partisans des trois principaux candidats aux élections.

« Nous avons des parents là-bas, nous avons de la famille là-bas, nous avons des connaissances là-bas. Nous avons le pouvoir d'influence sur la population qui est là-bas », souligne encore M. E'ngazi.

Selon le dernier recensement officiel, il y a plus de 38 300 Congolais au Canada, dont la grande majorité est établie au Québec (52 %).

« On va être ici tous ensemble pour faire cette grande déclaration d'amour à notre pays que nous aimons vraiment, que nous chérissons beaucoup », insiste Mushagalusa Chigoho, propriétaire de la galerie Espace Mushagalusa, où sera organisé le débat.

Samedi soir, les craintes d’une montée des tensions ont été ravivées après l’échec d'une médiation de la dernière chance. Les deux principaux candidats de l'opposition, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, ont définitivement refusé de signer un document rejetant toute violence, parce qu'il n'intégrait pas leurs amendements en faveur de la transparence des opérations de vote et de dépouillement.

De son côté, le président sortant Joseph Kabila s’est montré rassurant à quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, présentant ses vœux pour 2019 aux Congolais.

Joseph Kabila en février 2013Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Joseph Kabila en février 2013

Photo : Reuters / Tiksa Negeri

Je voudrais en outre rassurer notre peuple. Les dispositions ont été prises avec le gouvernement pour sécuriser toutes les parties prenantes, candidats comme électeurs, y compris les observateurs.

Joseph Kabila, président sortant de la RDC

La RDC a refusé toute mission d'observation électorale européenne ou américaine pour les élections les plus importantes de son histoire.

Quelques centaines d'observateurs africains (Union africaine, SADC...) sont annoncés pour les opérations de vote qui concernent désormais moins de 39 millions d'inscrits.

D’après un reportage de Nancy Caouette, à Montréal

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