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Trump blâme les démocrates pour la mort d'enfants migrants

M. Trump, sur son fauteuil du bureau ovale, à la Maison-Blanche.

Donald Trump a assuré que les deux petites victimes « étaient très malades avant d'être remises aux garde-frontières ».

Photo : Getty Images / Zach Gibson

Agence France-Presse

En plein bras de fer sur le financement d'un mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique, Donald Trump a imputé samedi aux démocrates la « stricte » responsabilité de la mort d'enfants migrants, après le décès de deux petits Guatémaltèques aux États-Unis.

Toute mort d'enfants ou d'autres à la frontière est strictement de la faute des démocrates et de leur politique migratoire pathétique qui permet aux gens de faire la longue traversée en pensant qu'ils peuvent entrer illégalement dans notre pays. Ils ne peuvent pas. Si nous avions un mur, ils n'essaieraient même pas!

Donald Trump, président des États-Unis, sur Twitter

Des propos aussitôt critiqués sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes dénonçant son manque d'empathie.

« Le président tombe toujours plus bas avec ces tweets ridicules », a assené l'élu démocrate Dwight Evans dans un message publié par son équipe sur Twitter.

« Son gouvernement est la cause de la douleur et de la souffrance à la frontière, a-t-il poursuivi. Rien de ce qu'il dit ne changera la réalité. »

Et pour le journal Washington Post, « M. Trump politise la mort de deux enfants migrants pour marquer des points dans la bataille sur le mur frontalier ».

Tout juste entrés aux États-Unis en provenance du Guatémala, Jakelin Caal, 7 ans, et Felipe Gomez, 8 ans, sont morts à deux semaines d'intervalle en décembre, après leur arrestation par des garde-frontières américains.

Ces décès ont suscité une vague d'émotion et d'indignation, mais aussi des interrogations sur les conditions de détention des immigrés clandestins et notamment des milliers de mineurs qui patientent dans des structures surpeuplées.

Mercredi, les États-Unis ont annoncé qu'ils allaient prendre des « mesures extraordinaires » face au nombre croissant d'enfants pris en charge à la frontière avec le Mexique, notamment des examens sanitaires renforcés.

La secrétaire à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen s'est rendue vendredi à El Paso, au Texas, et était samedi à Yuma, en Arizona, pour envisager d'autres réponses, selon ses services.

Le système est clairement débordé et nous devons travailler ensemble pour répondre à cette crise humanitaire.

Kirstjen Nielsen, secrétaire à la Sécurité intérieure

Concernant les petits Jakelin et Felipe, M. Trump a assuré qu'ils « étaient très malades avant d'être remis aux garde-frontières ».

Il a également soutenu que le père de la fillette « ne lui avait pas donné d'eau depuis des jours », alors que plusieurs médias citant sa famille ont dit le contraire.

« Les garde-frontières ont besoin du mur et tout ça va se terminer. Ils travaillent tellement dur et n'ont que peu de reconnaissance en échange! » a ajouté le président des États-Unis.

Le mur promis par le président américain à la frontière avec le Mexique est au cœur de l'impasse budgétaire qui provoque une paralysie partielle des administrations fédérales depuis huit jours.

Donald Trump exige que la loi de finances prévoie 5 milliards de dollars pour sa construction, ce que les démocrates refusent en proposant plus de 1 milliard pour d'autres mesures de sécurité à la frontière.

Or, le milliardaire républicain a fait de la construction de ce mur l'une de ses priorités; sans les 5 milliards de dollars, il assure qu'il ne signera pas les lois de financement de 25 % des administrations fédérales, bloquées depuis le 22 décembre à minuit.

Donald Trump, président des États-Unis

Plaidoyer pour un accord

Plus tôt samedi, M. Trump avait appelé les démocrates à parvenir à un accord pour mettre fin à cette paralysie.

Je suis dans la Maison-Blanche, j'attends que les démocrates viennent et concluent un accord sur la Sécurité à la Frontière.

Donald Trump, président des États-Unis, sur Twitter

Sa ministre à la Sécurité intérieure a abondé en son sens. « Si le Congrès agissait [...] nous pourrions régler cette crise dès demain, mais au lieu de cela, nous continuons à faire plus avec moins », a dit Kirstjen Nielsen.

Vendredi, M. Trump avait menacé de fermer la frontière si « les démocrates obstructionnistes » persistaient à ne pas vouloir financer la construction du mur.

Les chefs démocrates sont silencieux depuis Noël, lorsqu'ils ont accusé la Maison-Blanche de présenter des demandes fluctuantes rendant impossible toute négociation.

La balle est dans le camp du Sénat, qui reprendra l'examen d'une loi budgétaire le 2 janvier.

Cette paralysie de l'État est la troisième de l'année, après janvier (trois jours) et février (quelques heures). Le précédent, en octobre 2013, avait duré 16 jours. Le record, de 21 jours, remonte à 1995-96.

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