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Engouement pour l'alpaga au Québec

L'alpaga est un animal domestique d'Amérique du Sud.

L'alpaga est un animal domestique d'Amérique du Sud. Édouard provient de la ferme Alpagas du Domaine Poissant.

Photo : Marie-Pier Lambert

Fanny Samson

Que ce soit pour sa laine ou pour son joli minois, l'alpaga est de plus en plus prisé au Québec. La popularité des produits dérivés de cet animal exotique est en hausse. L'animal attire en effet de nombreux visiteurs dans les fermes du Québec. Toutefois, l'engouement n'est pas sans conséquence pour les éleveurs québécois.

La copropriétaire d’Alpagas Portneuf, Andrée-Anne Vézina, a acheté une douzaine de bêtes en 2012. Aujourd’hui, son troupeau est composé de 75 alpagas.

« On a beaucoup de demande pour les visites à la ferme en général [...] on va dans les écoles, pour aller présenter l’animal. On a des demandes pour les garderies et les résidences de personnes âgées », énumère-t-elle.

Depuis cette année, j’ai des demandes un peu plus spéciales, comme apporter des alpagas à un mariage ou à une fête.

Andrée-Anne Vézina, copropriétaire d’Alpagas Portneuf

Souvent confondu avec le lama, l'alpaga est pourtant bien différent. D'ailleurs, les troupeaux d'alpagas sont protégés par des lamas, un animal qui a tendance à provoquer, dit-elle, alors que l’alpaga a tendance à fuir lorsqu’il se sent en danger.

Alpagas Portneuf possède un troupeau de 75 alpagas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alpagas Portneuf possède un troupeau de 75 alpagas.

Photo : Alpagas Portneuf

« C’est un animal qui est curieux, que les gens ne sont pas habitués de voir. Il a un long cou. Mais en même temps, il a un air très très sympathique. Alors les gens trouvent ça vraiment adorable », explique Mme Vézina.

L’animal, qu’il soit d’élevage ou domestique, est devenu un symbole que l’on voit même apparaître sur les produits vendus en magasin, constate la copropriétaire.


Une offre qui augmente

Andrée-Anne Vézina, qui vend de nombreux produits faits à partir de laine d’alpaga, croit que le Québec se démarque, avec l’Ontario, dans le développement de l’industrie. Selon elle, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers cette production.

Lynda Guénette, propriétaire de la ferme Lynd’Alpagas située à Québec, a acheté une dizaine d’alpagas à Alpagas Portneuf en mai dernier. « C’est un animal qui gagne en popularité », soulève-t-elle.

Des alpagas dans la ferme Lynd’Alpagas, à QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des alpagas sur la ferme Lynd’Alpagas, à Québec

Photo : ferme Lynd’Alpagas

Même si Lynd’Alpagas n’offre pas encore officiellement de visites, certains visiteurs s’arrêtent pour en apprendre plus sur ce mammifère de la famille des camélidés.

« C’est vraiment un animal qui attire l’attention, qui est différent de ce qu’on a vu au Québec dans les dernières années et au Canada aussi en général », souligne quant à elle Andrée-Anne Vézina.

La laine d’alpaga, une fibre haut de gamme, est un produit de grande qualité, ajoute-t-elle, qui a un pouvoir isolant thermique.

« Le côté luxueux de l’alpaga était mal compris avant. Les gens comprennent plus, parce qu’ils s’intéressent aux produits », explique Mme Vézina.


Une activité familiale

Des enfants visitent Alpagas Portneuf.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des enfants visitent Alpagas Portneuf.

Photo : Alpagas Portneuf

Même s’il s’agit d’une production qui est encore « assez petite », Pascale Marcotte, aussi responsable scientifique à la Chaire de recherche sur l'attractivité et l'innovation en tourisme de l'Université Laval, constate un intérêt grandissant.

« C’est un animal assez exotique qu’on n’a pas encore l’habitude de voir et qui est intéressant à regarder, parce que c’est tout mignon, c’est pelucheux », souligne-t-elle.

C’est également une activité familiale qui permet de voir l’animal dans son milieu de vie et de voir le résultat.

« Ça remplit tous les objectifs de l’agrotourisme. À la fois, on voit des animaux rares, ça permet de découvrir un nouveau mode de vie [...] et ça permet de les voir dans un environnement naturel », affirme M. Marcotte.


Victime de sa popularité

Des troupeaux d’alpaga sont d’ailleurs en vente sur des sites comme Kijiji, ce qui peut nuire aux efforts des éleveurs québécois.

« On se retrouve avec un marché d’un peu n’importe qui avec des alpagas, sans vraiment connaître les soins à apporter, déplore-t-elle. Ça a l’air d’un gros Teddy Bear. Mais on veut que les gens soient conscients qu’il y a des soins à donner, ce n’est pas un toutou. »

Puis si l’alpaga n’est pas certifié, sa génétique n’est pas retraçable. « Ça devient vraiment un problème. »

Si on transforme n’importe quelle laine n’importe comment, les gens vont se dire que finalement, l’alpaga ce n’est pas de la qualité.

Andrée-Anne Vézina, copropriétaire d’Alpagas Portneuf

La copropriétaire vend des alpagas d’élevage, mais aussi des alpagas à ceux qui veulent en faire un animal de compagnie. Ils ne partent jamais seuls. « Ils partent minimum deux ou trois, parce qu’un alpaga tout seul va s'ennuyer et développer des problèmes de santé. »

Québec

Agro-industrie