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Gilets jaunes : la mobilisation faiblit au fil des semaines

Quelques gilets jaunes manifestent à Paris.

Les gilets jaunes étaient beaucoup moins nombreux à Paris pour la 7e fin de semaine de manifestation.

Photo : AFP/Getty Images / SAMEER AL-DOUMY

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les gilets jaunes en colère contre la politique sociale et fiscale d'Emmanuel Macron peinaient à mobiliser samedi pour leur septième week-end de manifestations en France, marqué par quelques incidents avec les policiers.

Le ministère français de l’Intérieur estime le nombre de manifestants à 12 000 dans tout le pays. Quelques dizaines d’arrestations ont été signalées.

Des barricades ont été érigées, il y a eu un peu de grabuge et quelques heurts avec les policiers un peu partout en France, mais les manifestations ont été, somme toute, assez pacifiques.

C’est à Bordeaux que l’affluence a été la plus grande avec 2400 contestataires qui ont manifesté au cri de « Macron démission! ».

Le nombre de manifestants diminue au fil des semaines, selon le gouvernement français :

  • 17 novembre : 282 000
  • 24 novembre : 106 000
  • 1er décembre : 36 000
  • 8 décembre : 31 000
  • 15 décembre : 66 000
  • 22 décembre : 38 600
  • 29 décembre : 12 000

Pour plusieurs membres de ce mouvement populaire, né hors de tout cadre politique ou syndical, cette baisse est due aux fêtes de fin d'année et ils prédisent une reprise très forte en janvier, malgré les concessions du gouvernement.

Le mouvement veut survivre jusqu'en 2019

« On tient le coup même si on nous dit qu'on est de moins en moins nombreux. Là, il y a les fêtes de fin d'année, les vacances. Ça va repartir en janvier », a assuré Murielle, une employée de bureau de 55 ans, de toutes les manifestations depuis le début du mouvement.

À Marseille, environ 1000 gilets jaunes ont défilé dans le calme, alors qu’à Paris, ils ont été entre 800 et 1000 à être repoussés sur les Champs-Élysées alors qu’ils voulaient prendre la rue.

Des manifestants portant des gilets jaunes et des policiers parisiens vus de dos se bousculent dans une rue de Paris.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Policiers et gilets jaunes se sont bousculés samedi à Paris

Photo : Getty Images / Zakaria Abdelkafi

Médias « fake news »

Convaincue elle aussi que le mouvement va continuer en 2019, Priscillia Ludosky, une figure du mouvement qui avait lancé la pétition contre la hausse des prix des carburants, a défilé à Marseille.

« On veut retrouver du pouvoir d'achat et avoir notre mot à dire dans les décisions », a-t-elle déclaré. Estimant que les annonces du gouvernement « ne suffisent pas », elle réclame un « référendum sur la mise en place du référendum d'initiative citoyenne » et « la baisse des taxes sur les produits de première nécessité ».

Mêmes slogans à Paris à proximité des locaux de la chaîne de télévision BFMTV et de France Télévisions : plusieurs centaines de gilets jaunes avaient décidé d'aller protester devant les médias pour dénoncer les « journalistes collabos ».

Aux cris de « BFM fake news! », des manifestants ont envahi la voie de circulation du tramway et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs interpellations, avant que la situation ne revienne rapidement au calme.

« Les annonces de Macron? Une misère. Du pipi de chat. Peut-être que monsieur Macron a du caviar, mais nous on a du pâté de foie », estime Christelle Camus, une secrétaire médicale de 49 ans qui a participé aux sept samedis de mobilisation dans la capitale.

Des personnes portant des gilets de sécurité jaunes manifestent devant des policiers antiémeute.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des «gilets jaunes» ont manifesté pour une septième fin de semaine de suite.

Photo : Getty Images / Zakaria Abdelkafi

Manifestations pour la nouvelle année

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont aussi éclaté à Rouen et à Nantes, où les premiers tirs de grenades lacrymogènes ont fusé dès le départ du cortège. Environ 1000 manifestants étaient recensés par l'AFP dans chacune de ces deux villes.

Le chef de l'État continue de cristalliser les rancœurs des gilets jaunes, dont certains ont tenté jeudi de pénétrer dans le fort de Brégançon, la résidence d'été méditerranéenne des présidents français.

En dehors des grandes villes, les actions s'étiolent : en début d'après-midi, quelques échangeurs étaient de nouveau fermés et les gilets jaunes étaient présents sur différents péages à travers la France pour des opérations péages gratuits.

De nombreux protestataires ont déjà en point de mire la soirée du réveillon. Plusieurs rassemblements sont attendus pour lundi soir notamment sur les Champs-Élysées à Paris.

La mobilisation a porté un coup aux hôteliers français qui ne feront pas le plein pour le Nouvel An, après un Noël mitigé : les touristes étrangers ont été refroidis par les images des manifestations violentes liées aux gilets jaunes.

Depuis le début du mouvement en novembre, 10 personnes ont été tuées en marge des rassemblements et plus de 1500 manifestants ont été blessés, dont une cinquantaine grièvement.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Le Monde

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