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Plus de la moitié des sketches écrits pour le Bye bye sont éliminés

Les comédiens, chics et souriants, posent pour la photo.
Les comédiens du Bye bye 2018 : Véronique Claveau, Pierre Brassard, Anne Dorval, Patrice L'Écuyer et Claude Legault Photo: Radio-Canada
Cecile Gladel

La préparation d'un Bye bye demande beaucoup de travail d'écriture, de tournage, de montage. En fait, presque la moitié des sketches écrits ne seront jamais tournés. La sélection se fait au fil de la production.

Le producteur du Bye bye 2018 Guillaume Lespérance estime que de 60 à 70 sketches sont écrits, mais bien moins sont tournés. « On en a tourné entre 34 et 37, puis on va en garder l’équivalent de 30 à 31. »

Outre les coupures faites par l’équipe avant les tournages, un visionnement avec un groupe de discussion permet de continuer l’écumage.

« On teste plusieurs sketches, mais à ce stade-là, il y en a déjà qui sont éliminés. Ce sont des versions plus longues que ce qui est présenté en ondes le 31 décembre, ce qui nous permet de tester les réactions. Ensuite, on fait aussi un petit sondage pour savoir quels sketches ont été les plus et les moins appréciés. Ça nous permet ensuite de savoir ceux qu’on garde ou pas. »

Le réalisateur et le producteur sont en entrevue, assis près d'une fenêtre.Simon-Olivier Fecteau et Guillaume Lespérance Photo : Radio-Canada

Les 200 personnes qui participent au groupe de discussion ne savent pas qu’elles viennent voir une première version du Bye bye. « On veut vraiment du public général. Les équipes, les comédiens ne sont pas invités. Ce ne sont pas nos familles et nos amis. Ce sont des gens qui n’ont rien à voir avec nous qui vont nous donner l’heure juste sur le Bye bye. Ça permet de tester nos idées », explique Guillaume Lespérance.

Un travail jusqu’à la dernière minute

Puisque le Bye bye est l’émission la plus populaire de l’année, le but de l’équipe est de faire l'unanimité ou presque et de présenter la meilleure revue de l’année possible qui va plaire au public, d'autant plus cette année, puisque le Bye bye a 50 ans.

Le producteur a visionné ce qui est considéré comme la version définitive le 27 décembre au soir. « On a éliminé tout ce qu’on devait éliminer. Ensuite, il s’agit de jouer dans l’ordre des sketches, faire les derniers ajustements, mais on est vraiment en train de finir le son et l’image. »

Si l’équipe ne peut plus rien tourner à quelques jours de la diffusion de l’émission, Guillaume Lespérance explique qu’on peut toujours couper ou allonger des sketches au montage. « Toutefois, différents départements ont besoin de l’émission pour effectuer leur travail. »

Une année facile ou difficile?

Certaines controverses ont retenti cette année, dont celles de SLAV et de Kanata. Est-ce que cela rend le travail des concepteurs du Bye bye plus difficile? « La journée où notre équipe va commencer à se censurer ou à ne pas faire certains sketches parce qu'elle a peur, il faut arrêter. Le Bye bye se doit d’être quand même grinçant, mordant. Il faut toujours oser et trouver un angle comique. Il y a toujours moyen de rire de ce que la société vit en ce moment », explique le producteur.

Toutefois, il avoue que l’an dernier a été une année plus compliquée à parodier avec le mouvement #MoiAussi et les nombreuses dénonciations de personnalités publiques. « C’est encore plus difficile quand on parle d’agressions à caractère sexuel. On a quand même trouvé le moyen de le faire. C’est toujours une question d’angle. »

Le défi d'atteindre un large public

Faire un Bye bye qui joint tout le monde est de plus en plus difficile, puisque les plus jeunes sont branchés sur YouTube, les moins jeunes restent fidèles à la télévision traditionnelle et de nombreuses personnes s’informent grâce aux réseaux sociaux ou à d'autres sites web.

« C’est le principal problème de faire un Bye bye dans ces années-ci. Avant, il y avait des éléments fédérateurs dans la société, des événements culturels, politiques. Tout le monde avait les mêmes références. Maintenant, il y a des gens qui n’écoutent que CNN, des gens qui n’ont jamais écouté CNN de leur vie, qui écoutent des séries sur Netflix, d’autres qui les écoutent à la télé conventionnelle, des gens qui n’ont même pas de télé et qui ne sont que sur le web. Donc, on doit trouver une manière de ratisser très large pour pouvoir parler à tous ces gens-là. L’objectif est que, si la personne n’a pas la référence – disons qu’elle n’a pas suivi House of Cards –, il faut que le sketch soit quand même drôle. Si tu as la référence, c’est la cerise sur le sundae », précise-t-il.

Les membres de l'équipe doivent donc faire des choix qui rassemblent tout le monde sans se baser sur leur propre expérience. « Ce n’est jamais à propos de nos goûts et de nos désirs. L’idée est de faire une revue de fin d’année la plus large possible. Cela dit, parfois, on omet ou on passe notre tour sur certains sujets, car on n’a pas trouvé l’angle approprié. Ou on a écrit le sketch, mais on ne l’a pas tourné, car ça ne fonctionnait pas. Ou on l’a tourné, mais ça n’ira pas en ondes, car ce n’était pas drôle », explique Guillaume Lespérance.

Est-ce que certains sketches tournés pourraient se retrouver dans une version plus longue sur le web? « Non. Il y a une raison pour laquelle on les a coupés. A-t-on pris la bonne décision? On ne le saura jamais, car on ne les présente pas, mais il faut assumer nos décisions. Quand on élimine des sketches, on arrête de travailler dessus, donc ils sont en version incomplète. Ça ne serait pas à la hauteur des standards qu’on se fixe comme production », observe le producteur du Bye bye.

C’est le troisième Bye bye de Guillaume Lespérance. Sera-t-il plus zen? « La première fois, c’était horriblement stressant. La deuxième année aussi. Maintenant, on sait qu’on est capable de réaliser l’émission et le 50e anniversaire nous ouvre des portes. Ça nous a permis d’avoir des invités spéciaux. C’est une version contemporaine, on ne revisite pas les anciens sketches, mais on est plus en paix avec le processus. »

Le 31 décembre à 23 h, Guillaume Lespérance sera devant sa télévision, mais surtout sur les réseaux sociaux pour savoir comment les gens reçoivent cette revue de l’année. « Malheureusement, je suis incapable de ne pas regarder à la seconde près ce qui se dit, en bien ou en mal, sur l’émission. On veut vraiment que les gens soient contents, que ça marche. On voit rapidement la tendance. L’an dernier, on a rapidement vu que l’émission était appréciée. »


Véronique Claveau, Anne Dorval, Pierre Brassard, Patrice L'Écuyer et Claude Legault seront épaulés par des invités spéciaux, dont Dominique Michel, pour le 50e du Bye bye.

La revue de fin d'année, réalisée par Simon-Olivier Fecteau, sera diffusée le 31 décembre à 23 h sur les ondes d'ICI Radio-Canada Télé et sur le web. L'émission sera diffusée en rappel le mardi 1er janvier à 21 h.

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