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2018 : L'année de la résistance francophone en Ontario

Affiche sur laquelle on peut lire : « 5e génération de résistance  en Ontario».

Allison Daigneault, une habitante de Strathroy, montre sa fierté franco-ontarienne à l'aide d'une affiche apposée sur sa porte d'entrée.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie Allison Daigneault

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La francophonie ontarienne a été mise à mal en 2018. L'arrivée du gouvernement Ford à Queen's Park a été accompagnée de promesses rompues et de compressions budgétaires, ce qui a suscité une levée de boucliers partout dans la province. Retour sur une année difficile à avaler pour les Franco-Ontariens, qui promettent de poursuivre leur mobilisation en 2019.

L’année 2018 avait pourtant bien commencé pour la francophonie ontarienne. Fraîchement élu à la tête du parti progressiste-conservateur, Doug Ford promettait une voix forte pour les francophones lorsqu’il serait élu premier ministre. J’ai reçu un soutien important de la part des francophones, je ne l’oublierai jamais, lançait-il en mars.

Une fois son gouvernement formé, sa ministre responsable des dossiers francophones, Caroline Mulroney, confirmait que la création de l’Université de l’Ontario français irait de l’avant. C’est toujours une priorité pour nous, mais on a besoin de temps, expliquait la ministre dans une entrevue accordée à Radio-Canada le 25 septembre.

Or, en novembre, lors de sa première mise à jour économique, Doug Ford a mis fin au projet de création de l’Université de l’Ontario français, en raison des défis financiers de la province. Du même souffle, il a éliminé le Commissariat aux services en français.

On s’est sentis trahis [...] On avait eu des discussions avec M. Ford pendant la course à la chefferie, on avait poursuivi les discussions pendant la campagne électorale, et puis on avait toujours l’appui de M. Ford dans [le] dossier [de l’Université de l’Ontario français], raconte le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

« Le 15 novembre, lors de la mise à jour économique, on a eu toute une surprise. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario
« Notre langue, nos droits » peut-on lire sur une affiche lors de la manifestationAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La jeunesse franco-ontarienne a répondu à l'appel à la mobilisation le 1er décembre. Les nouvelles générations de francophones ont donné un souffle nouveau au mouvement de résistance, selon le président de l'AFO, Carol Jolin.

Photo : Radio-Canada / MARIE-MICHELLE LAUZON

Selon la politologue à l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier, il n’est pas rare qu’un premier ministre nouvellement en poste mette la hache dans plusieurs projets entrepris par son prédécesseur : La première année d’un mandat, c’est souvent défaire ce que le gouvernement précédent avait fait. Dans ce cas-ci, c’est défaire beaucoup de choses.

Sitôt les compressions annoncées, les Franco-Ontariens ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans la rue.

Le 1er décembre, des manifestations aux quatre coins de la province ont rassemblé des milliers de personnes.

Le mouvement de la résistance est ainsi né. Les gens ont clairement démontré qu’ils étaient fâchés, qu’ils étaient frustrés par les décisions du gouvernement, se rappelle Carol Jolin.

Franco-Ontarians protest cuts to French services by the Ontario government in Ottawa on Saturday, Dec. 1, 2018. THE CANADIAN PRESS/Patrick DoyleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des milliers de gens ont manifesté contre les compressions en Ontario français à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

Bien que l’année 2018 ait été éprouvante pour les francophones en Ontario, Carol Jolin ressent déjà les effets bénéfiques du mouvement de la résistance : Ça a été très très rassembleur pour la communauté.

Le visage de la résistance

L’année 2018 a aussi été marquée par l’ascension d’Amanda Simard. La communauté s’est massée derrière la jeune députée, qui est devenue le porte-étendard du mouvement.

Le 29 novembre, celle qui représentait la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell a quitté les rangs du caucus conservateur pour dénoncer les coupes de Doug Ford en francophonie. Amanda Simard était l’adjointe parlementaire de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Elle siège désormais comme députée indépendante.

Amanda Simard répond aux questions d'une journaliste au milieu d'une foule. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard prenait part au rassemblement de Rockland en début d'après-midi.

Photo : Radio-Canada

« On travaille pour les gens qu’on représente, pas pour les premiers ministres. »

— Une citation de  Amanda Simard en entrevue à l’émission 24/60

Et maintenant?

La mobilisation amorcée cette année se poursuivra-t-elle en 2019? Carol Jolin en est convaincu : Les gens vont continuer à appuyer le mouvement de la résistance pour faire valoir nos droits.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Photo : Radio-Canada

Dans les dernières semaines, le président de l’AFO n'a pas mâché ses mots lorsqu’est venu le temps de critiquer les décisions du gouvernement Ford.

Il ne croit cependant pas que les canaux de communication avec le bureau du premier ministre soient maintenant bouchés : J’ose croire qu’on va pouvoir s’asseoir puis continuer à avoir des discussions, et puis voir à réparer des choses. Il y a des solutions qui sont là.

Même si l’AFO se dit ouverte à la discussion, elle a mandaté deux cabinets d’avocats pour étudier les recours légaux qui s’offrent aux Franco-Ontariens. Aucune procédure officielle n’a cependant été amorcée pour l’instant.

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