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La saga Aphria continue : le PDG serait lié à l'entreprise qui a fait l'offre d'achat hostile, selon la firme Hindenburg

Une serre de marijuana médicinale chez Aphria
Une serre de marijuana médicinale chez Aphria Photo: Radio-Canada / Nicolas Pham
Radio-Canada

Le producteur de cannabis à des fins médicales Aphria a récemment été la cible de maintes critiques, après avoir chuté de 30 % en bourse au début du mois de décembre, puis subi un recours collectif quelques semaines après. Elle a été l’objet d’une offre d’achat hostile jeudi qui, selon une firme de vente, aurait été faite par une société proche d'Aphria.

Dans un rapport publié vendredi, Hindenburg Research affirme que le PDG d’Aphria, Vic Neufeld, possède des actifs dans la compagnie américaine Green Growth Brands (GGB), qui a fait l’offre d’achat hostile aux actionnaires de la société ontarienne jeudi.

Le rapport mentionne que le deuxième plus grand investisseur de GGB est un fonds géré par Green Acre Capital, une société où M. Neufeld siège au conseil d'administration.

Hindenburg Research soutient que l’offre d’achat n’est pas hostile, à cause des liens entre le président-directeur général d’Aphria et la compagnie américaine.

Un associé chez Aphria manipule un plant de marijuana médicinaleUn associé chez Aphria manipule un plant de marijuana médicinale Photo : Radio-Canada

Pour l'analyste Khurram Malik de la firme Jacob Capital Management, cette stratégie agressive se fait lorsqu'une compagnie a perdu des forces, ce qui est le cas d'Aphria, ou lorsqu'un conseil d'administration refuse une offre d'achat, comme l'a fait l'entreprise ontarienne.

Il ne faut pas oublier qu'une action d'Aphria valait un peu plus de 16 $ il y a quelques mois, dit-il

Cette stratégie, selon M. Malik, est similaire aux négociations que l'on pourrait faire dans un bazar.

On vise à acheter les actions pour moins cher afin de faire remonter la valeur de la compagnie, explique-t-il.

Selon lui, la stratégie pourrait fonctionner et la valeur d'Aphria remontera peut-être si les allégations qui ont entaché la réputation de l'administration de la compagnie se révèlent fausses.

La valeur boursière de la compagnie ontarienne a notamment chuté après la fermeture de la Bourse de New York et de la Bourse de Toronto vendredi après-midi.

Aphria a investi directement dans le fonds et de ce fait possède déjà une part significative de GGB, mentionne Hindenburg Research.

Selon le rapport, d’autres membres de la direction de la compagnie ontarienne siègent au conseil d’administration de GGB, et vice-versa.

Le PDG de GGB, Peter Horvath, a mentionné jeudi que l’acquisition d’Aphria accroîtrait la valeur des deux compagnies de chaque côté de la frontière.

Notons qu’Hindenburg Research et Quintessential Management sont deux sociétés de vente à découvert qui ont allégué qu’Aphria avait investi des millions de dollars dans des compagnies qui ne valent rien en Jamaïque, en Colombie et en Argentine, ayant fait chuter l’action de la société de production de cannabis de 30 % en une journée au début du mois de décembre 2018.

L’offre d’achat hostile

Après la fermeture de la Bourse jeudi, Ohio Xanthic Biopharma inc., qui possède GGB, a annoncé qu’elle faisait une offre d’achat hostile de la compagnie ontarienne en achetant les actions d’Aphria à 11 $, tandis que la valeur des actions était estimée à 7,57 $ à la fin de la journée, le 27 décembre.

Le comité de direction de la compagnie a refusé toute demande d’entrevue de la part de Radio-Canada.

John Jacobs, un directeur d’usine de Leamington, a cependant affirmé que dans le Sud-Ouest de l’Ontario, les opérations se déroulent comme à l’habitude aujourd’hui.

Selon Aphria inc., la valeur d’achat proposée par GGB est hypothétique et gonflée par rapport à la valeur d’une action de GGB.

Le président du conseil d’administration d’Aphria, Irwin Simon, a répondu dans un communiqué vendredi : l’offre de Green Growth Brands est risquée et dévalue de manière significative la compagnie, qui est l’un des plus gros joueurs dans l’industrie du cannabis au Canada.

Une fleur d'un plant de marijuana médicinale chez AphriaUne fleur d'un plant de marijuana médicinale chez Aphria Photo : Radio-Canada / Nicolas Pham

De plus, le président a soutenu que la proposition de la société américaine ne valorise pas les actionnaires qui prendraient part à une telle transaction.

La proposition de GGB est risquée, parce que le financement boursier offert à nos actionnaires est plus du double de leurs propres actions, dit M. Simon.

Un autre scénario Heinz ?

Un stationnement d'usine avec plusieurs véhicules, des serres sur des centaines de mètres, un sol en gravelLe stationnement de l'usine et des serres d'Aphria à Leamington, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, où environ 250 personnes travaillent. Photo : Radio-Canada / Floriane Bonneville

Pour Dave Kalssen, une influence américaine dans l'administration de la compagnie locale fait figure de mauvais présage. Cela doit rester canadien, dit-il. Mon fils travaille pour cette entreprise.

Todd Dresser quant à lui redoute qu'un scénario comme celui de la fermeture de la compagnie américaine Heinz refasse surface si des investisseurs des États-Unis se glissent dans le comité de direction.

Celui qui a perdu son emploi chez Heinz lorsque l'usine a fermé se souvient de la période difficile qui s'ensuivit pour la communauté.

Toronto

Cannabis