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2018 n'a pas été un long fleuve tranquille pour la francophonie au pays

Rétrospectives 2018
Rétrospectives de l'année 2018 Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

De la Colombie-Britannique au Nouveau-Brunswick, l'actualité de la francophonie canadienne a été agitée en 2018. Tour d'horizon des principales nouvelles ayant marqué l'année.

En Colombie-Britannique, le Conseil scolaire francophone (CSF), la Fédération des parents francophones et des parents co-appelants ont porté devant la Cour suprême du Canada une cause sur leurs droits scolaires.

Les demandeurs s'en prennent au système de financement des écoles francophones de la province. Selon eux, le mode de financement actuel ne permet pas au CSF d'offrir aux élèves francophones un niveau de services équivalent à celui offert aux élèves anglophones.

L'avocat Mark Power en entrevue aux studios de Vancouver, le 26 janvier 2018Mark Power, avocat du CSF et de la FPFCB Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

En juillet, la Cour d'appel de la Colombie-Britannique a statué que les plaignants n'avaient pas démontré qu'ils étaient pénalisés par la province dans le calcul du financement des écoles publiques.

Pour leur avocat, Mark Power, il s'agit avant tout d'une question d'équivalence. « La Cour d'appel de la Colombie-Britannique a conclu que l'équivalence réelle, dont le droit à une éducation de la même qualité, ne s'applique que lorsqu'il y autant d'élèves francophones que d'élèves anglophones », souligne-t-il.

Le dossier de l'éducation en français est important pour la Colombie-Britannique, mais aussi pour tous les francophones au pays.

Mark Power, avocat

Le juriste pense que ce jugement constitue une erreur de droit et souhaite que la Cour suprême intervienne pour la corriger.

En Alberta, l'an 1 de la politique des services en français

Les Albertains ont célébré le premier anniversaire de la politique des services en français adoptée en 2017, qui vise à offrir plus de services gouvernementaux dans la langue de Molière.

Le président de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Marc Arnal, vu de profil droit, en gros planLe président de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Marc Arnal, croit que la politique de services en français propose rien de moins qu'une révolution de la fonction publique de la province. Photo : Radio-Canada / Gaetan Lamarre/Radio-Canada

Autre mesure importante de cette politique, le drapeau franco-albertain figure maintenant sur la liste des emblèmes de la province.

Toutefois, certains intervenants communautaires se plaignent de la lenteur de la mise en oeuvre d'autres mesures comprises dans la politique. Marc Arnal, président de l'Association canadienne-française de l'Alberta, estime qu'il y a quand même eu des réalisations. « Il y a eu la mise en place du comité aviseur. Il y a aussi la commande qui a été faite auprès des différents ministères de développer des plans. Ça avance », estime-t-il.

Une communauté en deuil

En Saskatchewan, la francophonie a été ébranlée par la mort de Carmen Campagne, auteure-compositrice-interprète née à Willow Bunch. La chanteuse pour enfants a succombé le 4 juillet à un cancer, à l'âge de 58 ans.

La chanteuse serre la main au gouverneur général David Johnston.La chanteuse pour enfants Carmen Campagne a été nommée membre de l'Ordre du Canada le 12 septembre 2014 à Ottawa. Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Pendant près de trois décennies, Carmen Campagne a fait chanter et danser des milliers d'enfants d'un océan à l'autre. Ses chansons comme Un bon chocolat chaud, La soupe à mon ami ou encore La moustache à papa sont entrées au panthéon de la musique pour enfants.

Dans un message Twitter, le premier ministre Justin Trudeau a souligné son apport dans l'univers musical canadien et mentionné que Carmen Campagne restera dans les précieux souvenirs d'enfance d'innombrables Canadiens.

Il n'était pas le seul à être touché par ce départ; toutes les communautés francophones du pays ont rendu un vibrant hommage à cette talentueuse artiste.

Le BEF et encore le BEF

Au Manitoba, les changements effectués par le gouvernement Pallister au sein du Bureau de l'éducation française (BEF) ont continué à préoccuper la communauté francophone. En octobre 2017, les employés du BEF ont été informés que l'ancien sous-ministre adjoint francophone était muté à un autre poste et que le BEF relèverait dorénavant d'un sous-ministre adjoint anglophone.

La réaction de la communauté francophone ne s'est pas fait attendre. Des partenaires pour l'éducation en français se sont regroupés pour dénoncer ce changement.

Six femmes sont assises autour d'une table dans un gymnase converti en salle de conférence. Le public a été invité à partager ses préoccupations et ses recommandations pour les Partenaires de l’éducation en français lors de la seconde réunion sur l'avenir du Bureau de l'éducation française. Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Depuis janvier 2018, un comité composé de représentants de la province et des Partenaires pour l'éducation se penche sur les suites à donner à cette annonce. Au printemps, les Partenaires ont organisé un forum sur l'avenir de l'éducation en français, au terme duquel un rapport et des recommandations ont été déposés au gouvernement.

Le 10 octobre, la province a nommé une directrice générale du BEF, Lynette Chartier, qui devient conseillère spéciale du ministre de l'Éducation. Les Partenaires pour l'éducation ont été surpris par cette nouvelle et demandé une rencontre avec le ministre de l'Éducation, Kelvin Goertzen.

Le 11 décembre, une telle rencontre a permis au ministre de clarifier le rôle de Mme Chartier et d'aborder la question des postes vacants au sein du BEF.

La désillusion des Franco-Ontariens

Les Franco-Ontariens ne sont pas prêts d'oublier les mesures prises par leur gouvernement provincial. À la mi-novembre, le premier ministre Doug Ford a mis un frein à la création de l'Université de l'Ontario français et dissous le Commissariat aux services en français.

Franco-Ontarians protest cuts to French services by the Ontario government in Ottawa on Saturday, Dec. 1, 2018. THE CANADIAN PRESS/Patrick DoyleDes milliers de gens ont manifesté contre les compressions en Ontario français à Ottawa. Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

L'annonce a provoqué une onde de choc au sein de la communauté franco-ontarienne et partout au pays. Avocat spécialisé en droits linguistiques, Ronald Caza avait mené avec succès la bataille judiciaire pour sauver l'Hôpital Montfort d'Ottawa.

Il y a des messages qu'un gouvernement n'a pas le droit d'envoyer aux jeunes.

Ronald Caza, avocat
Maître Caza devant une bibliothèque de livres de loi.L'avocat Ronald Caza Photo : Radio-Canada

« Quand tu dis à tous les jeunes des écoles secondaires qui rêvaient d'aller étudier à la seule université francophone : "on a décidé que cette université ne va pas avoir lieu", le message qu'on envoie à chacun de ces jeunes, c'est que ce n'est pas vraiment la peine qu'ils continuent de faire des efforts », dénonce-t-il.

Une campagne électorale sur fond de discours acerbes

Au Nouveau-Brunswick, 2018 n'a pas été un long fleuve tranquille pour les francophones de cette province des Maritimes. Lors des élections provinciales, le chef des progressistes-conservateurs, Blaine Higgs a parlé de l'embauche de personnes unilingues anglaises pour combler des postes bilingues dans la fonction publique ainsi que chez les ambulanciers.

Blaine Higgs donne une conférence de presse devant son autobus de campagneLes ambulances restent au garage en raison du manque d’ambulanciers bilingues, croit Blaine Higgs. Il propose d’embaucher des ambulanciers unilingues anglophones pour qu’ils apprennent le français en deux ans. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Pour sa part, le Parti de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick a préconisé l'abolition du réseau de santé francophone et l'élimination du Commissariat aux langues officielles, s'il accédait au pouvoir. Maintenant au gouvernement, le premier ministre Blaine Higgs réaffirme sa volonté d'embaucher des ambulanciers unilingues.

Pour le juriste spécialisé en droit linguistique Michel Doucet, l'année se termine sur une note d'inquiétude pour la communauté acadienne.

Le juriste spécialisé en droits linguistiques Michel Doucet Le juriste spécialisé en droits linguistiques Michel Doucet Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

« L'élection de trois députés du Parti de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti qui milite activement contre le bilinguisme, devrait être source d'inquiétude d'autant plus qu'il détient actuellement la balance du pouvoir au sein du gouvernement provincial », indique-t-il.

Un découpage qui passe mal

En Nouvelle-Écosse, c'est le redécoupage de la carte électorale qui a suscité l'inquiétude des Acadiens.

Selon la province, ce redécoupage devrait permettre de créer des circonscriptions qui vont mieux représenter les Acadiens. Mais la proposition préoccupe Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.

Marie-Claude Rioux le 27 mars 2018.Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse. Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

« En Nouvelle-Écosse, les régions acadiennes traditionnelles sont majoritaires dans leur territoire, mais assez petites dans l'ensemble. Alors si on conserve leur circonscription, cela permet aux Acadiens d'élire quelqu'un qu'ils jugent être en mesure de les représenter à l'Assemblée législative », note-t-elle.

C'est, rappelle-t-elle, le principe des circonscriptions protégées de Clare, d'Argyle et de Richmond. La Commission de délimitation des circonscriptions électorales a déposé en novembre un rapport provisoire qui recommande le retour aux circonscriptions acadiennes protégées.

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