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Cannabis au volant : plus de sensibilisation est nécessaire, dit la CAA

Escouade BRAVE.
La CAA souhaite faire davantage de campagnes de sensibilisation pour lutter contre le cannabis au volant. Photo: Radio-Canada / Pascal Robidas
Radio-Canada

Un récent sondage publié, jeudi, par l'Association canadienne des automobilistes (CAA) a révélé que les Canadiens s'inquiétaient à l'approche des fêtes de fin d'année de voir augmenter le nombre de conducteurs sur les routes ayant consommé du cannabis.

Près de trois répondants sur quatre pressentaient qu'il y aurait une recrudescence de personnes conduisant sous l'effet du cannabis pendant la période des Fêtes, a indiqué la CAA.

Toujours selon l'enquête, 66 % des jeunes qui prévoyaient en consommer ont répondu qu'ils ne prendraient pas le volant ensuite – un résultat qui inquiète la CAA qui aurait aimé voir une plus grande proportion de jeunes refuser de conduire.

« Notre sondage indique combien il est nécessaire de poursuivre la sensibilisation », a déclaré le gestionnaire stratégique principal à la CAA, Jeff Walker, par voie de communiqué.

Il faut marteler que la drogue c'est comme l'alcool, il ne faut pas conduire après en avoir pris.

Le gestionnaire stratégique principal à la CAA, Jeff Walker

Pour l'ensemble de la population canadienne, 92 % des répondants ont dit qu'ils rentreraient par d'autres moyens après avoir bu de l'alcool, mais seulement 77 % feraient de même après avoir pris du cannabis.

Des études révélatrices

Les effets du cannabis sur les conducteurs sont assez bien documentés, a mentionné Annie Gauthier, porte-parole de CAA-Québec, en entrevue à l’émission Le 15-18 sur les ondes d’ICI Première.

« Il y a des études qui sont assez révélatrices. Il n’y a pas de doutes selon la science que le cannabis, comme l’alcool, va affecter les facultés cognitives, celles qui sont nécessaires pour une conduite automobile pleine et entière », a-t-elle dit.

Annie Gauthier a cité les résultats d’une étude menée par l’Université McGill en collaboration avec la CAA l’été dernier, qui démontraient que cinq heures après avoir consommé du cannabis, les effets du THC se faisaient encore ressentir chez certaines personnes.

Le cannabis a notamment un impact sur les réflexes, le temps de réaction et la perception des distances des automobilistes.

« Est-ce qu’il faut encore chercher, fouiller, tester? Définitivement. Il faut investir dans la recherche. Il faut investir dans la sensibilisation, aussi. Il faut remettre les choses en perspective. On s’entend que la majorité des gens ont compris que le cannabis était dangereux au volant. Par contre, il y a encore un petit noyau dur qui ne comprend pas et c’est beaucoup plus marqué pour le cannabis que pour l’alcool », a constaté Mme Gauthier.

L'organisme prévoit financer des études sur les effets de la marijuana en conduisant et travailler avec le gouvernement, afin que « les forces de l'ordre disposent des fonds nécessaires pour lutter contre le cannabis au volant ».

Tolérance zéro

Prendre le volant après avoir consommé du cannabis est illégal.

« Au Québec, c’est tolérance zéro. Non seulement vous mettez vous-même et les autres à risque, mais en plus vous allez devoir subir les conséquences pénales et probablement criminelles de votre offense », a déclaré la porte-parole de CAA-Québec.

Annie Gauthier explique que le principe de précaution s’applique au Québec faute d’avoir plus de renseignements pour tracer une limite de consommation acceptable.

« Au moment présent, la tolérance zéro c’est probablement la seule issue, parce qu’on n’a pas suffisamment de données, d’instruments ou de matériel pour faire en sorte de déterminer qu’une personne qui en a consommé tant est intoxiquée. En fait, c’est la majorité qui l’emporte. Il faut protéger les gens, sinon la population va perdre confiance envers le système. Dans ce cas-ci, être en manque d’outils, il faut que la tolérance zéro demeure jusqu’à tant qu’on ait mieux entre les mains », a-t-elle soutenu.

Le sondage de la CAA a été mené en décembre 2018 auprès de 2006 Canadiens. Un échantillon probabiliste de même taille aurait conduit à une marge d'erreur de 2,2 %, 19 fois sur 20.

Avec les informations de La Presse canadienne

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