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L'Institut Desgraff réclame 460 000 $ à un ancien élève

Une personne joue au jeu vidéo « The Messenger »

Une vingtaine de personnes suivent des cours à l'Institut Desgraff chaque année.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Radio-Canada

L'Institut Desgraff, une école privée de Sherbrooke spécialisée dans le domaine des jeux vidéo, poursuit un ancien élève pour une somme de 465 000 $. Le fondateur de l'école, David Deschênes, reproche à Étienne Lessard-Lafond d'avoir tenu sur Internet des propos diffamatoires qui auraient entaché sa réputation et celle de son entreprise.

Dans la poursuite civile déposée au palais de justice de Sherbrooke, on peut lire qu'Étienne Lessard-Lafond a étudié à l'Institut Desgraff en 2015-2016. Au bout de sa formation d'un an, il aurait déclaré qu'il était satisfait de la formation reçue et de l'aide et du support de l'Institut.

Étienne Lessard-Lafond aurait notamment proposé son aide pour améliorer la structure des cours à l'Institut Desgraff. Devant le refus de David Deschênes, l'ancien élève aurait menacé d'écrire contre lui et son école sur Internet.

Ce qu'il aurait finalement fait en publiant sur la page Google de l'entreprise un commentaire très négatif et rédigé de manière à dissuader de futurs étudiants de s'inscrire, peut-on lire dans la poursuite.

La Formation Desgraff n'est pas représentative du milieu, elle traîne de la patte loin derrière et la préparation à l'entrée dans l'industrie est absente, voire inexistante. Lorsqu'on termine les cours, nous sommes lancés dans le néant sans harnais de sécurité (donc sans support de la direction). N'oubliez pas que le cour [sic] coûte 17 000 $ à lui seul et pour beaucoup, 17 000 $ représentent l'investissement d'une vie [...]

Propos qu'aurait tenus Étienne Lessard-Lafond sur Internet

Il aurait aussi allégué sur Google que le point le plus négatif de l'Institut est sa direction. Le directeur est, pour moi, un poids attaché à la cheville de l'école qui l'empêche d'avancer. Sans rentrer dans les détails, plusieurs de ses agissements m'ont confirmé qu'il n'avait pas à coeur la réussite de ses élèves telle qu'il la décrit. Son narcissisme dans ses démarches coupe beaucoup de belles opportunités offertes aux élèves.

Baisse des inscriptions

Dans la poursuite, on soutient qu'à la suite des commentaires de l'ex-étudiant, les inscriptions auraient chuté à l'école. Habituellement, les cohortes compteraient 20 étudiants, alors que celle de 2018-2019 n'en compte que 8, ce qui serait, selon les documents de cour, une première pour l'Institut Desgraff.

La direction de l'Institut Desgraff aurait alors demandé à l'ex-étudiant de retirer son commentaire. Ce dernier aurait dit, selon la poursuite, qu'il serait prêt à le faire si on lui versait un « don ». Si dans un premier temps, le propriétaire avait été tenté de le faire, mais ses partenaires d'affaires l'en ont dissuadé.

Par ailleurs, le propriétaire de l'école soutient avoir vécu du stress et de l'anxiété en raison de cette histoire.

L'Institut Desgraff réclame donc à Étienne Lessard-Lafond 85 000 $ en perte de revenus, 60 000 $ pour le travail supplémentaire occasionné par la situation, 125 000 $ pour atteinte à sa réputation, 55 000 $ en dommages moraux et 50 000 $ à titre de dommages punitifs. À titre personnel, le propriétaire de l'entreprise, David Deschênes, réclame 90 000 $ en préjudice moral.

L'institut Desgraff ne souhaite pas commenter l'affaire publiquement pour l'instant. Effectivement, nous avons décidé d'intenter une poursuite contre un ancien étudiant qui nous demandait de l'argent afin qu'il retire un avis négatif contre notre Institut. Chaque étudiant a le droit à son opinion, mais écrire un avis qui comporte de fausses allégations pour tenter de nous soutirer de l'argent est illégal, a répondu par écrit la direction de l'Institut Desgraff à notre demande d'entrevue.

Quant à Étienne Lessard-Lafond, il aurait aimé raconter sa version des faits, mais comme l'affaire se retrouve devant les tribunaux, il préfère s'abstenir. Son avocate, Annie-Claude Hinse, a toutefois mentionné que, de prime abord, cette poursuite vise à faire taire [son] client.

Estrie

Procès et poursuites