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Les exploits d’un malentendant en escalade sur glace

Charles Roberge en équipement d'escalade sur la glace, en bordure des chutes Montmorency et du fleuve, au lever de soleil

Charles Roberge au lever de soleil

Photo : Radio-Canada / Mireille Roberge

Alain Rochefort

Malentendant depuis sa naissance, un jeune homme de Québec collectionne pourtant les exploits en escalade sur glace.

Des épreuves, Charles Roberge a dû en surmonter pour vivre ses passions. Pour gravir des montagnes parmi les plus hautes en Amérique, il a dû notamment développer tout un système de communication lorsqu’il se trouve sur une paroi.

« J’utilise les coups de corde pour communiquer, explique-t-il. Par exemple, un certain nombre de coups signifie que mon ami est arrivé au relais, un autre nombre de coups signifie que je peux venir le rejoindre », a expliqué le jeune homme de 28 ans, jeudi matin, à l’émission matinale Première heure.

C’est un système très simple, très efficace, et même plus sécuritaire.

Charles Roberge
Charles Roberge escalade une parois de glace en bordure de la chute Montmorency

Charles Roberge escalade une parois de glace en bordure de la chute Montmorency

Photo : Radio-Canada / Mireille Roberge

Le mythique mont Dénali

Ce système de communication et ses capacités athlétiques ont permis à Charles Roberge de se surpasser à plus d’une reprise aux quatre coins du continent.

Il a entre autres escaladé avec succès le mythique mont Denali, le plus haut sommet en Amérique du Nord qui culmine à 6 190 mètres d'altitude, au centre de l’inhospitalière Alaska.

Et il ne s’arrêtera pas là.

Charles Roberge souhaite gravir le mont Everest, surnommé « le toit du monde ».

Charles se prépare pour son défi du jour

Charles se prépare pour son défi du jour

Photo : Radio-Canada / Mireille Roberge

Opération du nerf auditif

S’il accomplit ce rêve, ce sera toutefois avec une ouïe considérablement améliorée.

Le grimpeur a subi l’opération du nerf auditif le mois dernier. Une chirurgie qui lui permet de recouvrer une partie de son audition grâce au fait que son nerf auditif sera directement stimulé par des électrodes.

À l’issue d’une longue réadaptation, il devrait entendre à 80 % de l’oreille gauche à compter du mois de mars, alors que son audition avoisinait les 5 % avant l’opération. Il demeurera toutefois sourd à 100 % de l’oreille droite.

Charles Roberge enfile ses crampons d'escalade sur glace

Charles Roberge enfile ses crampons d'escalade sur glace

Photo : Radio-Canada / Mireille Roberge

« Ça faisait une vingtaine d’années qu’on m’en parlait. Mais j’avais besoin de développer une certaine maturité pour finalement réaliser que cette opération pouvait m’ouvrir des opportunités et puis je l’ai fait pour ma petite fille », révèle celui qui est papa depuis 7 mois.

Ça me permet de réentendre, de recommencer à zéro. C’est comme un nouveau-né. On apprend à identifier les sons qu’on entend.

Charles Roberge

Cette opération l’aidera grandement à pratiquer des sports d’équipe, si tel est son souhait.

« J’ai pratiqué des sports d’équipe, mais avec mon handicap, c’était difficile de communiquer avec mes coéquipiers. Mais en escalade, on n’a pas tant besoin de communiquer. Je peux être dans ma bulle et prendre des décisions pour moi. »

Avec les informations de Mireille Roberge

Alpinisme et escalade

Sports